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Une œuvre de Rémy Rasse Editions Transboréal

Andes

Visions d’un peintre itinérant
9782913955097
Prix 32,00 € Disponible EAN : 9782913955097
ISBN : 2-913955-09-6
ISSN : 1631-9486

Depuis son premier voyage en 1989, Rémy Rasse exerce ses talents d’artiste sur les sentiers de la cordillère des Andes. Parti à la rencontre de la culture amérindienne, ce peintre itinérant a choisi tantôt le cheval, l’âne, le train ou la marche pour visiter les pays de l’Équateur au Chili. De ce vaste atelier à ciel ouvert, Rémy Rasse a rapporté une œuvre inspirée qui contribue à faire connaître la culture andine et témoigne des liens qu’il a su nouer avec les populations – Quechuas, Mapuches, Collas – dont il a partagé la vie quotidienne et les rites immémoriaux.
Cette découverte de l’Altiplano conjugue une approche photographique et une recherche picturale à l’aquarelle, à l’huile, à la gouache ou au pastel. Qu’il s’agisse des rives du lac Titicaca ou des terrasses du Machu Picchu, de la pampa argentine ou du littoral du Pacifique, les points de vue se répondent pour offrir une vision intimiste des réalités andines. Plusieurs autres aspects sont en outre évoqués : marchés, ferias, carnavals et processions. Dans les paysages et les coutumes qu’il aborde, Rémy Rasse exprime la sensibilité des Amérindiens à la nature et sa propre perception des éléments.

1. De l’Équateur au Machu Picchu
L’agriculture andine
Le Machu Picchu
Les Incas

2. Le lac Titicaca et les marchés boliviens
Le lac Titicaca
Les mirages de la Conquête

3. À travers l’Altiplano, carnaval d’Oruro et ferias argentines
Le carnaval andin
Troc et ferias
Rituels et résistance identitaire
Lama et alpaga, vigogne et guanaco

4. Le rituel de la Pachamama et l’Araucanie chilienne
Pachamama : un syncrétisme
La cordillère des Andes
La puna
Désert d’Atacama et océan Pacifique

Le rituel de la Pachamama et l’Araucanie chilienne//Je marche depuis plusieurs heures sur les galets mouvants du río Nazareno. Tout autour, le paysage présente le relief étrange des mouvements tectoniques : pyramides d’argile pourpre, gradins de sable bleu, murailles de basaltes cendrés, éboulis de pierres roses. J’avance entre deux allées de colonnades. Les galets prisonniers des grès se dressent vers les nuées. La rage des éclairs, les pluies diluviennes et la morsure du froid s’acharnent ici depuis des millions d’années. Souterraines ou aériennes, les mains des dieux ont pétri la matière pour édifier un temple minéral. Pourtant il manque un élément à cet espace, peut-être même la clef de voûte. Rien ne semble pouvoir résister aux rayons lumineux, trop intenses, trop brûlants. Je suis écrasé par la chaleur implacable. Il me faut accepter qu’une chose indicible me dépasse. J’aurais tant voulu m’envoler à travers les colonnades, quitter l’ardeur insupportable du soleil qui me retient dans le monde réel. La marche forcée a commencé à Iruja, hameau perdu dans les derniers contreforts andins, avant la forêt tropicale du parc national du Baritú. Un vieux camion chargé d’animaux m’a entraîné dans ces méandres de la Cordillère et j’ai décidé de rester là pour remonter à pied le canyon de Nazareno. Je profite de ces longues journées d’été pour engranger sur mes toiles des études inspirées par ce paysage aux formes géométriques. Entre deux peintures, j’erre dans le village à la recherche d’ânes pour m’aider à longer le canyon.//p. 102-103

De l’Équateur au Machu Picchu//Le paysage équatorien change du versant ouest, proche du Pacifique, au versant est qui plonge dans l’Amazonie. En quelques kilomètres, les terres arides d’argile rouge et de roches jaunes font place à la toison verte de la forêt. Cette nature puissante faite de lumière et d’ombre est à l’origine des croyances précolombiennes : le lac saumâtre des dieux engloutis de Cuicocha, le volcan vivant de Guagua Pichincha, la forêt de songes de Napo… Bien avant les Incas, les Tolitas fondaient l’or pour façonner des parures, des masques chamaniques et des objets rituels. Leurs artisans décelaient dans la nature des figures symboliques. Mon travail de paysagiste et mon carnet de voyage s’inspirent à leur tour de ses formes. J’étudie la structure des feuilles, la silhouette des arbres, l’harmonie de la forêt ; la montagne, l’herbe, les fleurs, les fougères, les mousses et les lichens offrent tous une matière différente que la lumière dessine et dévoile à celui qui les regarde. Il faut alors déchiffrer et simplifier l’âme de ces éléments, pénétrer jusqu’à l’essence de ces microcosmes. Courbes, arabesques : j’utilise les formes végétales comme point de départ de mes tableaux ou comme éléments décoratifs pour mes masques. Quant au règne animal, je cherche à l’exprimer par un langage plus intuitif que réaliste, qui privilégie le symbole. Un troupeau de lamas devient une danse élégante, les chèvres l’équilibre d’une silhouette cornue et le condor une spirale suspendue dans le ciel.//p. 12-13

Le lac Titicaca et les marchés boliviens//Peu à peu, la rue m’entraîne dans l’ivresse de son grouillement humain, où tous les petits commerces se mêlent à la magie populaire et aux croyances ancestrales. On peut se laisser emporter, et confier sa vie aux devins qui lisent le destin dans les précipitations de plomb en fusion durci par l’eau froide, ou avoir la chance de rencontrer une sorcière Callahuaya qui trouvera des étoiles dans les entrailles d’un cochon d’Inde ou sur une pluie de feuilles de coca jetées sur un vieil aguallo. Après cette lecture à livre ouvert, on peut aller acheter sur les étals de la rue Linares des amulettes : des fœtus de lama pour la fertilité du foyer, l’equeco – personnage chargé de nourriture et d’argent qui attire la fortune –, le mono en pierre – singe de la joie –, le couple munay pour que les célibataires trouvent l’amour, l’incienso – laine de couleur lacée dans les objets de vos désirs, le tout mêlé à la coca et à l’encens pour être offerts à la bouche béante de la Pachamama et attirer les bons esprits. Toutes ces superstitions font partie de la vie quotidienne du Bolivien, qui fait cohabiter les croyances polythéistes et leurs divinités tutélaires avec la religion catholique. Ce mysticisme s’est adapté à la modernisation de la société bolivienne. À une centaine de kilomètres de La Paz, sur la place du village de Copacabana, face au grand sanctuaire, un curé en soutane baptise des voitures, des camions et des autobus venus des quatre coins du pays, souhaitant une longue vie aux véhicules et à leurs propriétaires !
Plusieurs fois dans l’année, les commerçants procèdent à un acte rituel sur le maigre espace de leur stand. Le vendeur de cigarettes à l’unité, dont tout le magasin pourrait entrer dans une cagette, le croque-mort envahissant la rue avec son lugubre cortège de cercueils pour enfant, la marchande de tapis qui s’applique à décorer chaque matin les façades de la rue Linares avec de véritables œuvres d’art faites de tissus anciens, fajas, ceintures d’apparat et ponchos de cacique ; tous tracent sur le sol les limites de leur modeste territoire : caisses de bières, sacs de feuilles de coca, serpentins, confettis, farine et encens, leurs offrandes s’étalent sur le bitume. Les membres de la famille défilent alors chacun à son tour sur ce lieu sacré improvisé. Ils ferment les yeux, récitent une prière, lancent la coca, aspergent le sol de mousse de bière et terminent le cérémonial par le crépitement d’une couronne de pétards. Il s’agit de concentrer toutes les énergies positives sur quelques mètres carrés, afin d’attirer les clients. À cette occasion, les rues de La Paz se transforment en parcours initiatique. Elles sont encombrées d’oratoires d’où s’échappe la fumée des encensoirs. La ferveur se tourne vers le ciel, le suppliant d’apporter un peu de prospérité à une précaire économie de survie. Mais les cieux font la sourde oreille, ou bien plutôt le gouvernement, qui laisse la misère gagner les hauteurs de la ville, tandis que les quartiers riches de la capitale vivent dans un luxe outrancier.//p. 48-51

À travers l’Altiplano, carnaval d’Oruro et ferias argentines//Cap sur l’Argentine à travers l’Altiplano, par Uyuni et Tupiza, dans le train “Wara Wara”. En Bolivie, ce moyen de transport reste le plus économique. Des familles entières voyagent, enfants, cholitas, hommes, vieillards avec des fardeaux de provisions et des animaux ; bruyant serpent lumineux, le train sillonne l’immensité désertique des hauts plateaux andins. Chaque départ est le début d’une aventure. Le mal de puna, dû à l’hypoxie, rend le parcours interminable. La vieille locomotive s’essouffle pour atteindre 40 kilomètres/heure sur une voie ferrée mal entretenue, et il lui faut plus de vingt-quatre heures pour acheminer une dizaine de wagons sur 800 kilomètres, d’Oruro à Villazón. L’étranger arrive pâle, courbatu, baignant dans les odeurs fortes de la coca, de l’asado de mouton et de l’humita, maïs broyé avec du saindoux et du fromage de chèvre. Après le passage obligé de la frontière Villazón-La Quiaca, je retrouve les paysages familiers du nord de l’Argentine, les hauts plateaux de steppe desséchée ciselés par les lambeaux neigeux des cimes volcaniques. Il y a une dizaine d’années, une étoile m’avait guidé dans ce coin désolé des Andes. Depuis, je l’arpente chaque année avec mon atelier ambulant porté par un âne ou un cheval de bât. J’aime errer dans la solitude de ces espaces de liberté et de silence et découvrir, après une marche interminable, une goutte de vie perdue dans le désert, un village en fête, frêle présence humaine qui soudainement égaie la monotonie de la puna.//p. 70-71

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