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Une œuvre de Émeric Fisset Editions Transboréal

Dans les pas de l’Ours

Une traversée solitaire de l’Alaska sauvage
9782913955950
Prix 20,90 € Disponible EAN : 9782913955950
ISBN : 978-2-913955-95-0
ISSN : 1633-9916

Lorsqu’il quitte Barrow, point le plus septentrional des États-Unis, Émeric Fisset n’a qu’une idée en tête : traverser l’Alaska du nord au sud. Hors de toute piste humaine, il s’apprête à franchir 3 500 kilomètres de marécages, de forêts et de montagnes, à pied, à la rame et à skis. Chargé par un ours, encerclé par des loups, menacé par l’embâcle, il affronte la rude nature boréale et parvient à Cold Bay, sur l’océan Pacifique, après dix mois d’efforts marqués par la faim, le froid et la solitude. Les villages isolés, aux prises avec la nuit hivernale ou animés par le renouveau estival, lui révèlent une population mêlée d’Inuit, d’Indiens, d’Aléoutes et de Blancs, qui s’adonne à la chasse et à la pêche et perpétue l’esprit alaskan. Une aventure engagée au cœur de la « Dernière Frontière » américaine.

Prologue

Ire partie – L’ÉTÉ ARCTIQUE
À pied de Barrow à Allakaket (24 juillet – 23 septembre 1990)
1. Des Eskimos par 71° 17’
2. Toundra maritime
3. Derniers visages, dernière cabane
4. Sans trace humaine
5. Un lac providentiel
6. De caribou en orignal
7. Dans la splendeur de la chaîne de Brooks
8. La pourvoirie du lac Iniakuk
9. Un Zodiac sur l’Alatna

IIe partie – L’AUTOMNE INDIEN
À la rame d’Allakaket à Kaltag (23 septembre – 24 octobre 1990)
10. Allakaket
11. Au fil de la Koyukuk
12. Potlatch à Huslia
13. Devancer l’embâcle
14. L’avant-poste de Nulato
15. Dans les glaces du Yukon
16. Le père Bill
17. Des loups sur Steamboat Slough

IIIe partie – UN HIVER À GRAYLING
Chez les Indiens athapascans (24 octobre 1990 – 25 février 1991)
18. Pénombre
19. L’Indienne aux yeux pers
20. Pour quelques anguilles de plus
21. Cabin fever
22. Nouvel an morose
23. Vingt-neuf ans par – 50 °C
24. L’attente du jour

IVe partie – LA FIN DE L’HIVER
À skis de Grayling à Naknek (25 février – 16 avril 1991)
25. Mammouth et musaraigne
26. Vers le Kuskokwim
27. Blizzard sur Aniak
28. De l’eau sur la rivière
29. Une veste avec faux col
30. Le parc Wood-Tikchik
31. Ivre de neige
32. Dégel et gadoue

Ve partie – LE PRINTEMPS PÉNINSULAIRE
À pied de Naknek à Cold Bay (16 avril – 9 juin 1991)
33. Baie Bristol
34. Nostalgique Pilot Point
35. L’Aniakchak
36. La main de Dieu
37. Les Chignik du paradis
38. D’anses russes en cargos nippons
39. Sacré mufle
40. Une barge pour Nelson Lagoon
41. Weathered Inn, Cold Bay

Épilogue

Remarques sur la transcription des toponymes

Sans trace humaine//Là est ce qui me séduit dans l’abord en solitaire de régions et de pays différents. Je ne marche pas devant quelqu’un, auquel cas je me sentirais pressé ; ni derrière, auquel cas je me sentirais confiné. À mon rythme, je fraie ma voie. En réalité, je marche au-devant. Au-devant de nouvelles émotions, de nouvelles rencontres. Par ma seule volonté, je renouvelle à chaque instant la découverte et son plaisir. Mon apprentissage est autodidacte, le succès et l’échec ne reposent que sur moi. Dans ma tente ce soir, je sais combien le succès ou l’échec sont – plus que jamais auparavant – de mon seul ressort, que le vent qui tombe n’est pas décisif, que la distance et les embûches ne sont pas décisives, que la faim elle-même n’est pas décisive. Tout est en moi, et devant moi sur cette ligne que je trace depuis Barrow ; personne d’autre ne détient la clé de ma réussite.//p. 66

Dans la splendeur de la chaîne de Brooks//Incomparable splendeur de la haute vallée de cet Alatna qui, via la Koyukuk, grossira les eaux du fleuve Yukon ! Les versants brun et rouge, d’abord austères et étroits, font peu à peu place à la forêt, saisissante symphonie d’aiguilles, de feuilles et de lichens : or, verts, marron, orangés, mais aussi pourpres et blancs. Aux hautes pentes dénudées, aux arêtes brunes, aux pics enneigés répondent les couverts opaques. Ils alternent avec des escarpements et des lacs, des replis marécageux et des eaux vives. La carte signale aussi des sources chaudes et des glaciers.
Je me trouve au début de la taïga, à mi-pente de la rive gauche de l’Alatna. Devant moi, rougeoyants, les aulnes croissent en langues boisées et m’arrivent aux épaules. Derrière eux, brillant de toutes leurs feuilles jaunissantes, les bouleaux. Ils occupent le bas de la vallée et, sur ce versant exposé au sud, viennent piqueter d’or la forêt d’épicéas. Sur l’autre versant, ces derniers ourlent de vert le cours d’eau, avant que les mottes fuchsia de la toundra alpine ne les remplacent dès que le terrain s’élève. Là où la terre est moins ravinée pointe l’épinette noire. Sur le versant plus encombré où je me tiens, l’épicéa s’étage jusqu’à la ligne des premières collines. En montagne chez nous, c’est à l’ombre que croissent les forêts de conifères les plus denses ; ici, c’est le contraire. L’Alatna, dont je domine le lit changeant, sinue en épousant le talweg. Avec ses berges frangées de saules buissonnants, le torrent brille de tous les galets blancs sur ses lits de hautes eaux, et des reflets argentés de ses bras ruisselant de part et d’autre d’îlots. Entre la toundra maritime et l’oppressante forêt boréale aperçue à Fairbanks, je goûte la sérénité de ce décor sur lequel seuls quelques névés et nuages jettent un soupçon d’effroi. C’est le court été indien…
Luttant contre la pente et la forêt, je mets une journée à couvrir 12 kilomètres. J’avance lentement, le regard fixé au sol sur les souches et les troncs qui semblent entraver exprès ma marche, quand un hurlement me fait tourner brusquement la tête. Au-dessus de moi, à 20 mètres, un loup ! Gris-blanc, pelé, babines retroussées et mouillées : je le prends d’abord pour un chien errant. Il gronde, l’échine terriblement hérissée. Je projette du gaz de la bombe que je porte en permanence au côté. Le nuage orange d’extraits de Capsicum paraît inefficace, sauf à mon endroit… Je dévale la pente, les yeux rivés sur la bête campée sur ses pattes antérieures, toujours menaçante. L’agressivité du loup envers l’homme est un mythe, sauf lors des hivers de famine (ou dans les films). Alors, est-ce une mère protégeant ses petits, un sujet blessé ou malade, voire enragé ?
Deux cents mètres plus loin, je me remets de ces émotions. Le cri d’alerte d’un écureuil, régulier et strident, anime les abords du torrent, tandis qu’un lièvre bondit. Des aigles et un faucon pèlerin m’invitent à marquer une pause pour observer leur vol altier. C’est l’occasion de me débarrasser de toutes les aiguilles qui me grattent le cou et le bas du dos. Assis, je grignote des biscuits. Une femelle caribou et son petit paissent parmi les mousses de la piste et abordent avec confiance mon promontoire. Ailleurs, posté dans les bosquets du torrent, je laisse la dernière harde de caribous entrevue guéer le cours d’eau : les trente bêtes s’ébrouent dans une gerbe de gouttelettes étincelantes puis se bousculent pour gravir la berge. Rassurées, elles franchissent alors en ordre dispersé la pente rocailleuse : simples lignes de dos et de ramures oscillant dans le rougeoiement des arbustes. Je m’étonne de l’aptitude de l’orignal à traverser les fourrés denses. Malgré son air toujours perplexe et sa haute parure de tête – jusqu’à 40 kilos chez les vieux mâles –, il semble se jouer des taillis mieux que le randonneur. Je souris à la naïveté de la gelinotte qui se croit cachée derrière des ramilles. J’observe les oies et les canards migrants. Sur une mare moins enchâssée par les résineux que d’autres, je surprends même des cygnes trompette. Blancs mais au plumage sali, le long bec noir jusqu’à l’œil, ils ne soulignent pas leur envol de la sonnerie de buccin qui leur vaut la désignation de Cygnus buccinator. Ils m’ont toutefois donné l’impression d’être plus grands que des cygnes de toundra – ou C. columbianus –, moins rares à cette latitude. Je manque les mouflons de Dall, pourtant estimés à trente mille dans la chaîne de Brooks, mais en découvre un trophée qui s’efface sur la berge du torrent. Les cornes annelées et puissantes s’enroulent sur le sol pour pointer encore vers les cimes que l’animal a hantées, avant de succomber aux loups de la vallée.
Les grizzlis, au sujet desquels on m’a tant mis en garde, deviennent une présence certes occasionnelle, mais toujours attendue. Semblable au pied nu d’un humain, la trace des pattes postérieures de l’ours marque toutes les berges de l’Alatna, particulièrement au débouché du torrent issu de l’Arrigetch. Ce terme évoque en eskimo les doigts tendus d’une main, à l’image de ces cinq pics de quelque 2 000 mètres d’altitude, comprenant le troisième sommet de l’ouest des Brooks. Face à Arrigetch Creek donc, je surprends un baribal – Ursus americanus – qui s’ébroue après sa traversée du torrent à la nage. De son pas lent et chaloupé, il s’approche, indifférent à toute présence, avant de s’étonner de la mienne, un peu tremblante derrière des branches sur le lit de hautes eaux. L’animal me contourne pour disparaître dans le sous-bois qui lui est familier.
Pendant dix jours, je marche sur les traces des animaux, rencontrant les mêmes obstacles qu’eux : chablis ou escarpement, et connaissant peut-être les mêmes craintes. Féerie animale, profusion végétale exténuante. Nature intacte, rendue plus humaine par mes chants et célébrée par les poèmes que j’y déclame. Accroché à un branchage du lit de Pegeeluk Creek, j’ai découvert un bout de doublure blanche, mais la proche empreinte de pas – probablement d’un ourson – n’a rien à voir avec elle. Si je n’avais pas rencontré les chasseurs en amont, qu’aurais-je pu lui associer ? Et n’aurais-je pas été tenté de voir dans cette empreinte celle d’un pied humain ? Cet indice de présence m’a rassuré au sein de la forêt plus dense et encombrée.
Qu’elle est donc épaisse, cette forêt ! Je rate au soir les vestiges de la cahute indiquée par Jeff. Au confluent du torrent Unakserak et de l’Alatna, j’en cherche désespérément une autre le lendemain. Outre le souci du gibier, toute cabane de trappe requiert une protection contre les vents dominants, dans le sous-bois puisque les questions de luminosité ne s’y posent guère l’hiver. Je parcours la rive en tout sens : rien. Une seule certitude : l’après-midi avance. Je vais être contraint de planter ma tente à quelques centaines de mètres de l’abri ! J’enrage mais, ayant progressé depuis le matin sur cette idée, je suis bien incapable de poursuivre mon chemin. Finalement, au-dessus d’un bras sec à cette saison, j’aperçois quatre troncs qui paraissent étayer encore la berge. L’abri laisse pointer sa couverture d’herbes folles. Porte arrachée, toit crevé : l’intérieur de la cabane est rongé par les intempéries et envahi de lambeaux d’écorce, de feuilles et d’écales de noix laissées par les écureuils. Sous un marteau, je déchiffre un bout de papier parcheminé :
“Mars 1984, Unakserak. Cette cabane est utilisée chaque hiver selon les termes d’un permis délivré par le Service des parcs nationaux. Les pièges m’appartiennent et ne sont pas abandonnés. Jim Schwarber, Kutuk, via Bettles. 27 juillet 1990. Passage du ranger Stockhouse.”
Avec des brindilles, je balaie le sol de ses résidus organiques. Au-dessus du châlit dont je secoue les planches, certaines lattes du toit sont à remettre en place. Je rassemble les débris de la porte. Au dos d’un battant, une inscription du Service des parcs nationaux m’apprend qu’une autorisation est nécessaire pour utiliser l’abri. Et à retirer à Fairbanks, s’il vous plaît ! Je m’installe sans hésiter dans cette cahute, mon premier refuge depuis celui de James Kignak Sr au sud d’Atqasuk. J’ai déniché des bottes en toile de canevas blanc ; je les enfile, revêts ma fourrure polaire et attends la nuit en lisant The Alaska Almanac, mon seul livre. L’air frais et humide tombe sur le bois qu’un pic épeiche cesse de marteler. Demain, si je cavale tout le jour, j’aurai une vraie cabane, celle de Bernd, le pilote de l’hydravion…//p. 83-87

L’Indienne aux yeux pers//Lundi 5 novembre. Malgré une douleur persistante au genou droit, je gagne la poste : c’est une nouvelle déconvenue au sujet de mon mandat. Tandis qu’à 16 heures le soir tombe sur Grayling, je bavarde dans la grand-rue avec un villageois. Une passante parvient à notre hauteur. De taille moyenne, elle est vêtue d’une salopette tachée de cambouis. Un bandeau de laine couvre ses oreilles et dissimule en partie ses cheveux de jais, qui encadrent un doux visage. Mon interlocuteur la hèle :
“Debbie, c’est Émeric, le Français qui traverse l’Alaska !
— Hé ! Debbie ! Vous êtes de la famille Deacon ?”
Les yeux noisette de Debbie Deacon brillent de curiosité : ils paraissent refléter les vives couleurs de son chandail.
“Comment le savez-vous ?
— On m’a parlé de vous en amont !
— Et à moi de vous, mais ici !” réplique Debbie, qui paraît aimer les énigmes.
D’emblée, je suis fasciné par ce visage, où tout sourire est empreint d’amertume, par ce regard tellement différent et proche à la fois dans la vivacité de son éclat. La bise est telle sur la rue centrale que Debbie m’invite à la suivre. En claudiquant, je l’accompagne donc jusqu’au magasin qu’elle s’apprête à rouvrir. Accoudée sur son genou, un pied sur le tabouret du comptoir, Debbie m’observe. Elle m’a offert une de ces boîtes de boisson gazéifiée qui colorent les étagères derrière moi. D’une tasse qui paraît être un élément du comptoir, elle avale un café corsé, et fume. Son naturel et sa féminité me ravissent. Surpris toutefois par sa tenue de travail, je lance un : “Pourquoi diable êtes-vous ainsi fagotée ?” Celle qui me rappelle l’héroïne de Flashdance – l’un de mes films préférés – n’est pas soudeuse mais bâtisseuse. Parcourant du regard le local encombré de cartons juste livrés, de vêtements d’occasion et de marchandises en vrac sur les rayons, je demande :
“Est-ce votre magasin ?
— Non, Ten Little Indians appartient à mes parents qui habitent en face.
— Pourquoi ce nom ?
— Nous sommes dix enfants : j’ai sept sœurs et deux frères. Mais je gère le magasin familial depuis mon retour au village.”
Long silence, où je note le nez fin, légèrement busqué, et les pommettes saillantes de Debbie. Sur son front, une mèche blanche rehausse délicieusement sa chevelure bouclée, brune en fait et moutonnant jusque sur l’encolure !
“Mais qui donc vous a parlé de moi ?
— Quelqu’un en amont. À vous de deviner qui ! est la réponse que j’esquisse pour prolonger notre entretien.
— À Kaltag ?”
Je hoche négativement la tête tandis qu’une adolescente aux joues rosies entre, enrobée d’air glacial. La chaudière se remet aussitôt en marche, assourdissant les présentations. De nouveau seul avec Debbie, je livre le nom de Steven Conatser en omettant de dire qu’il a vanté sa beauté mais souligné son caractère farouche :
“C’est à Kaltag qu’on m’a parlé des talents artisanaux de votre sœur Shirley, et de vous à Eagle Island.
— C’est donc ce blanc-bec de Steven !”
La belle Indienne cultiverait-elle des préjugés à l’égard des Blancs ? Ou de certains seulement… puisqu’elle se propose de réparer mon zoom photographique.
Je retrouve Debbie le lendemain soir, peu avant la fermeture de son magasin. Auprès de Ted et de Phyllis qui ont la gentillesse de m’héberger, j’ai glané d’autres informations à son sujet. Seule, elle a bâti une étonnante maison à l’écart, près de Grayling Creek. Je demande à la visiter. Sous les denses flocons de neige, nous traversons le village à bord de la vieille Chevrolet Blazer qui sert à transborder des marchandises. Il est temps de parquer ce véhicule pour l’hiver, tant la neige le fait peiner. À l’ombrage des bouleaux, les phares dévoilent une maison de bois, dont je mesure peu à peu l’importance. Avec son toit à deux inclinaisons et deux courts pans latéraux, l’édifice dépasse 6 mètres de haut. Un échafaudage borde son côté gauche, contre lequel nous nous garons. Sitôt que nous longeons le perron de bois, une lumière s’allume automatiquement. Je remarque l’étrange forme de la fenêtre, au-dessus de la saillie vitrée du rez-de-chaussée. On dirait une goutte ! Alors que Debbie affiche la combinaison du cadenas de la porte, je demande à quoi correspond cette forme. “Ce n’est pas une goutte d’eau, mais une larme !” Je n’insiste pas.
La lumière révèle un intérieur encombré. La surface de plus de 50 mètres carrés, sur 5 mètres de hauteur, est une pièce organisée en autant d’espaces : entrée, salon, étage, cuisine/salle à manger, atelier/coin de toilette. Sur la réserve à bois intérieure, nous prélevons des bûches pour relancer le feu du poêle. Il peut avaler les deux tiers d’un stère. À droite de la porte, un canapé délimite le salon qui comprend en outre la banquette que constitue la saillie de la baie vitrée, une étagère de livres sur le pourtour, un coin téléviseur-magnétoscope et un coffre. “Désolée, ce n’est pas bien rangé, mais les travaux sont en cours !” Une volée de marches permet en effet d’accéder à la mezzanine, où des planches mal ajustées recouvrent la partie atelier et la cuisine. Dans cette dernière, un vieux réchaud à bois, un four à micro-ondes, des jerrycans d’eau et un vaisselier, enfin une longue table encombrée de livres et de papiers. Une porte donne sur l’arrière de la maison et la rivière. Un poêle d’appoint, Toyostove au fioul, borde l’atelier-établi-penderie, où un miroir et des cuvettes servent à la toilette parmi des outils et des clous. Les commodités sont à l’extérieur, au bout de la piste qui borde la niche d’un des chiens. Deux autres, caniche et chiot, traînent sous l’espace encombré de matériaux entre le sol gelé et le plancher de la maison. Les murs sont de troncs d’un seul tenant, épais de 20 centimètres et équarris. Ils sont bien ajustés, quoique de la laine de verre soit glissée sur toute leur longueur pour éviter que l’air ne filtre. De tôle brune au-dehors, le toit est de frisette au-dedans : 40 centimètres de fibre isolante séparent ces deux matériaux. Le tuyau du poêle de fonte suit la pente abrupte du toit, pour sortir à hauteur du faîte, plus plan. La décoration des murs de bois teint est simple : ici quelques assiettes, là un lé de tissu madras, ailleurs des pots à épices. Le jour issu de la mansarde en forme de larme peut être occulté par une ombrelle, qu’on abaisse ou relève à l’aide d’une ficelle. Je m’extasie de tout :
“Vous avez construit cela seule ?
— Les troncs ont été apportés du fleuve par mes frères, qui les avaient sciés et remorqués depuis l’amont ; tout le reste est selon mon idée et à la force de mes bras !”
Debbie confirme ainsi ce que la rumeur m’a appris.
Qu’a-t-elle voulu prouver, la femme indienne aux yeux pers ? Savourant un thé à l’hibiscus, nous conversons :
“Debbie, quand êtes-vous rentrée au village ?
— Il y a juste trois ans !”
Elle en a 34 maintenant.
“Et où habitiez-vous à votre retour ?
— Chez mes parents. C’est pour m’extraire du cocon familial que j’ai bâti cette maison.
— Pourquoi ne pas avoir sollicité d’aide ?
— Quand j’ai commencé le gros œuvre, tous les hommes s’employaient à draguer le fleuve pour retrouver les cadavres de deux des nôtres, morts noyés. À la fin des recherches trois semaines plus tard, le village était abattu, et j’avais pris goût au travail solitaire. L’aide à une femme célibataire risquait d’être intéressée : ceci devait rester mon seul fief.”
Debbie a mis un an à construire ce havre, que ses parents n’ont même pas visité. Par son labeur solitaire, elle a infligé un camouflet à tous les hommes de Grayling. Ce toit de 6 mètres de hauteur dans les bois est un affront aux basses maisons des villageois. Debbie est douée, ambitieuse et secrète. Intelligente et curieuse de tout aussi. Des périodiques scientifiques, tels Archeology, la revue ethnologique du Smithsonian ou Omni (le Science & Vie américain), des magazines de bricolage et le World Press Review, revue de la presse mondiale, sont étalés sur la table basse du séjour. Sur celle de la cuisine, les livres de mathématiques avoisinent des ouvrages de poésie. J’admire cette curiosité et cette ouverture au monde du fin fond de la taïga.
Debbie s’affaire à démonter mon objectif photographique. Elle comprend vite la cause de la panne : “Une couronne de rotation est cassée en trois morceaux : il n’y a qu’à recoller, en espérant que ça tienne !” Avec de la superglu, nous tentons une réparation. De nombreux essais restent vains. Ce travail commun m’incite toutefois à voler un baiser à mon hôtesse, scellant sur ses lèvres un imprévisible et total abandon. La chaste, la farouche, la rebelle se livre à moi, étranger, nomade, et Blanc de surcroît. Depuis le suicide de son ami Sean à Fairbanks – ce qui a motivé son retour au village et explique la forme des lucarnes –, Debbie est restée en marge de la compagnie des siens et des hommes. Elle se réveille à l’amour. Pour moi, blessé au genou, traqué par la saison, Debbie devient abri, recours, oubli. Nos enlacements exorcisent-ils la crainte et la mainmise de l’hiver ? Debbie m’ouvre-t-elle sa porte et ses bras par pitié, au vu de ma solitude et de mon handicap ? Est-ce l’originalité de mon périple qui la séduit, comme je suis séduit par sa personnalité ? Dans les jours qui suivent, nous ne nous quittons guère. Je la retrouve chez elle au matin, au magasin le soir, et je rentre dans la nuit chez Ted et Phyllis. Les chiens n’aboient plus à mon départ, quand Debbie, enveloppée d’une couverture, me presse une dernière fois contre son corps dont l’épaisseur de mes vêtements dérobe la brûlante sensation. Le sous-bois devient complice de mes retours tardifs. Les flocons de neige effacent ma trace jusqu’à la maison voisine, celle de Lilian, où je rejoins la piste damée.//p. 181-186

L’Aniakchak//Sans montre ni réveil, mais soucieux d’un tôt lever, je dors d’un sommeil morcelé de veilles. Vient le moment où, par le carreau que bouche mal un carton, l’aube s’insinue. La flamme des bougies vacille dans les courants d’air entre la fenêtre, le tuyau du poêle éteint et la porte qu’enfonce chaque rafale. Je me félicite d’avoir déjà préparé mes affaires pour les boucler dans cette relative obscurité.
Longer d’abord la rive gauche de Barabara Creek qui s’encombre d’aulnes où déjà le vent siffle. Gravir les versants de ce vallon pour atteindre le bout de la toundra détrempée. Quelques franges de roches noirâtres surgissent par endroits. Sous mes rangers, les poussières de tuf se volatilisent dans l’air vif. Bientôt des plissures, bordées de mottes. Du givre, voire de la neige humide, s’immisce lentement entre elles. Jusque-là, tout paraît simple tant la pente monte avec douceur vers ces courbes de niveau rapprochées sur ma carte qui définissent le bord du cratère. Le vent et la bruine me fouettent le visage, coupés sur ma poitrine par la combinaison déjà testée à la lagune Hook : elle a du moins ce mérite, à défaut d’être étanche. Avec un seul sous-vêtement sous cette épaisseur de caoutchouc, je transpire déjà. Ce sentiment d’inconfort augmente peu à peu comme le vent et la neige sur mon parcours ascendant. Mes mitaines ne protègent plus guère la main qui s’agrippe au métal du piolet. Le givre raidit le bonnet que d’un geste machinal je replace sur mes oreilles. Continuer plein est – c’est-à-dire face au vent : la tourmente va cesser !
La bruine. Puis la grêle. Enfin, les flocons qui entament leur ballet fou. Ils s’accrochent à mes sourcils et parfois fondent sur mes yeux mi-clos. Ils glissent entre le bandeau de mon cou et ma chemise, s’accumulent sur la sacoche photo qu’il n’est plus question d’utiliser. Mon pied cherche à se poser entre les rares buissons bas et les roches que la neige recouvre toujours plus, jusqu’à ma cheville maintenant. Toi, l’Aniakchak, au moins, tu te mérites. Mais je t’aurai ! J’en ai vu d’autres, tu sais !
Au moment où je lâche bruyamment ces mots, je prends conscience que je n’y vois quasiment plus. À quelle vitesse souffle-t-il, ce vent auquel je tiens tête ? Voilà quatre jours qu’il souffle, il devrait s’arrêter ! “Du calme, vieux, c’est relâche aujourd’hui : c’est quand même pas le solstice d’hiver à Shemya !” Au sujet de cette île, j’avais lu que le 21 décembre 1959, le vent se maintint à plus de 222 km/h : record d’Alaska – et de l’hémisphère Nord ?
Au moins, plus besoin de sortir la boussole, il suffit de prendre le vent debout ! Dans une tempête de neige, c’est un avantage, en matière d’orientation seulement : le premier réflexe d’un homme dans la tourmente est de lui tourner le dos, au risque de perdre le cap en quelques minutes. Et jusqu’au plus évident, comme celui qui consiste à rejoindre un refuge depuis ses feuillées… Ma boussole devenue inutile, je dois maintenant ployer l’échine tant le vent s’acharne contre moi. Tête baissée, doigts cramponnés au piolet, je m’arc-boute de plus en plus. C’est alors que je vois ma combinaison s’ouvrir à hauteur des cuisses : les coutures à chaud du plastique se décollent sous l’effet du frottement. Pas question de me changer : je ne pourrais sortir un vêtement du sac sans qu’il m’échappe.
Depuis combien d’heures ma lutte dure-t-elle ? La tempête s’est lentement révélée dans toute sa terrifiante ampleur. L’aurais-je deviné, que jamais je n’aurais tenté l’affrontement. Le volcan m’a attiré dans son piège, ce dernier va-t-il se refermer dans le cratère où je devrais enfin parvenir ? Les pentes, quoique à peine discernables, se font plus raides. Je cherche les lignes de crête de leurs plissures où la neige est moins profonde. Mais de l’une à l’autre, je sombre jusqu’au genou, parfois entre des rocs. Une bourrasque me contraint à l’attente pour me relever. Je comprends soudain que ce sera pire à l’intérieur du cratère dont la dépression de 30 kilomètres de circonférence est bien trop vaste pour y espérer la moindre accalmie. Les masses d’air du golfe d’Alaska s’engouffrent sans nul doute dans les gorges du torrent Aniakchak, issu du lac Surprise. Cet accélérateur doit rendre la caldeira aussi folle que ses versants d’accès. Et pour me blottir contre un rocher, encore faudrait-il pouvoir le dénicher, la neige étant vraisemblablement plus profonde à l’intérieur, et plus aveuglante encore. La situation empire à chaque pas. Une main emmitouflée sur le piolet, l’autre protégeant mes parties qu’un vêtement en lambeaux a l’idée saugrenue d’exposer, je lutte, plié contre les éléments. Comédie ou tragédie, c’est en tout cas la fin d’un acte. Si je te vainquais, que verrais-je de ta sauvage beauté, ô Aniakchak ? Que goûterais-je derrière l’écran opaque tendu sur tes splendeurs ? En Grèce, l’Olympe lui-même s’était refusé de façon moins altière à ma visite hivernale.
Deux fois le vent m’a bousculé, renversé, poussé en contrebas. Aux gifles que j’encaisse depuis des heures succèdent les coups. Je le sens, je le sais : le bord du cratère est là, le terrain va s’abaisser… “Oui, tu vas t’abaisser !” Un hurlement, plus long, répond à mes injonctions. La bourrasque me retourne, m’emporte, me jette à terre et me roule sur 20 mètres. Lorsque, naufragé d’un océan de neige, je relève la tête, c’est dans sa direction que je ramasse mon corps : j’abandonne. Gare à ne pas être emporté par l’élan que le vent imprime à mon dos. Retenir le pied dans les rochers invisibles. Traverser des torrents imprévus et grossis par les intempéries. Forcer le fouillis des aulnes que j’atteins enfin. Prendre conscience que je me suis déporté trop au nord. Patauger dans les marécages dont mes yeux écarquillés cherchent les contours. Et, à la nuit, marcher des heures vers les lumières de l’aéroport qui n’en finissent pas de reculer. Se prendre les pieds dans les arbustes et les herbes de la toundra, chuter dans ses trous. Visage contre terre, je recouvre mes esprits. Il faut à tout prix rouvrir les yeux, ne pas s’endormir, se relever et, titubant d’épuisement, continuer. C’est ma troisième déroute en Alaska – et la plus terrible…
Vigile et vigie, j’atteins les premières habitations par-delà la dernière rivière. Surtout ne pas réveiller les chiens de garde. J’aborde la piste et retrouve le carrefour de la maison de John et Annie. Mais je m’égare jusqu’à une autre, en construction sur la toundra. Incroyable : j’ai raté les vives lumières de la première que j’ai dû longer sur ma droite. Je coupe vers elles. La maison est endormie. La porte du vestibule du sauna est ouverte, mais pas celle du vestiaire encore chauffé. Je sors le matelas-mousse et me déshabille à grand-peine. Il n’est pas un endroit de mon corps qui ne soit douloureux : les yeux rougis, les joues pelant sous l’effet du gel, le cou affligé d’un terrible torticolis, l’extrémité des doigts hypersensibilisée, les muscles des cuisses tétanisés, les pieds enflés – et une fatigue incommensurable. Il est 3 heures du matin, j’ai marché et lutté vingt heures : je ne parviens pourtant pas à m’endormir. Mon corps n’est qu’une plainte, celle du mauvais temps, du blizzard et de l’ouragan sur la Péninsule. Malin clin d’œil d’un volcan impitoyable. Cratère clos de l’Aniakchak. Revanche de la Terre primordiale.//p. 352-355

Pierre Gemme, auteur, le 6 décembre 2016 :
« Je viens de finir Dans les pas de l’Ours. Sans doute le meilleur livre que j’aie lu sur les pays du Grand Nord. Une écriture rare, pleine de poésie, des passages touchants comme cet hivernage à Grayling, mais non dépourvus d’une analyse réaliste, et mille détails que j’ignorais sur les différentes espèces de saumons, la faune, la flore. Et même du suspens, avec cette présence animale toujours proche, à gérer entre rivalité et cohabitation. Un grand livre. »

Tanneguy Gaullier, écrivain-voyageur, le 12 octobre 2015 :
« Bien que tous les apprentis randonneurs au long cours se posent la question du “comment faire”, il est rare qu’un aventurier partage ses connaissances. Heureusement, Émeric Fisset a compris que préciser quel matériel il utilise, comment il traverse les fleuves, les marécages, les montagnes, les étendues sauvages de neige et de glace n’est pas une façon de souligner ses compétences mais une prise en compte de cette soif de comprendre qui anime tout lecteur de récit d’aventure. Ainsi, lire Dans les pas de l’Ours, c’est traverser l’Alaska sauvage avec un homme capable de parcourir 3 500 kilomètres à pied ou à la rame, en portant 40 kilos de matériel sur le dos, et d’écrire une narration si détaillée qu’elle donne parfois l’impression de regarder un documentaire. Très renseigné sur les régions qu’il traverse, l’auteur nous fait découvrir ces espaces glacés peu connus. Son art consommé de la rencontre familiarise le lecteur avec les habitants de ces contrées et leur vie quotidienne par -20 ou -50 °C, comme au cours des quatre mois que l’aventurier passa dans le village isolé de Grayling. Le goût de ce voyageur pour la poésie – le récit est en effet sobrement constellé de poèmes ; Rimbaud et Valéry étant les astres principaux – est comme l’illustration de cette quête spirituelle qui conduit l’auteur à décortiquer ce qui constitue les motivations, les conditions psychologiques et les fruits des marches au long cours, pour enfin révéler : “Un jour peut-être, mon goût du voyage assouvi, je reviendrai à l’idée du périple intérieur qui fascinait mon adolescence. Moins spatial, mon yoga deviendra immobile.”
Au-delà de l’exploit sportif que représente la traversée d’un immense pays à pied, Émeric Fisset sait que le plus difficile n’est pas de marcher mais “de conserver suffisamment d’énergie pour écouter, questionner, écrire et photographier…” C’est pourquoi
Dans les pas de l’Ours va plus loin que le récit d’aventure habituel puisqu’il nous fait pénétrer, grâce à une parfaite connaissance des animaux et une qualité de cœur qui reconnaît une valeur à la vie des plantes, dans l’âme de la nature. Parfois, ce randonneur de l’extrême se fait naturaliste poète. On s’imagine alors être en présence d’un Henry David Thoreau sportif ou d’un François d’Assise de l’aventure… Grâce à la passion qui anime l’explorateur, et à la précision de ses explications, le lecteur se prend à rêver qu’en faisant les mêmes gestes, en suivant le même itinéraire, en utilisant les mêmes techniques, il arriverait lui aussi à aller au bout de lui-même et à réaliser cette performance aussi physique que spirituelle. Et presque religieuse, car l’écrivain avoue, qu’à chaque voyage, il doit se convaincre “qu’à différer un engagement, familial ou social, j’arriverai à la transmutation ontologique à laquelle j’aspire : mourir à moi-même pour accéder à la compréhension, la compassion, l’empathie universelle.”
Et puis, qui sait comment il réagirait s’il était attaqué par un ours ? Son Magnum à la main, Émeric Fisset l’explique car il a face à lui un Teddy Bear d’une stature de 3 mètres de haut et d’un poids de 400 kilos. Pourtant, l’ancien militaire se répète calmement que “la station debout est une posture d’observation, la charge est d’intimidation, même jusqu’à 5 mètres. L’attaque, troisième phase de la rencontre, est rare : neuf dixièmes des ours y renoncent, sauf si leur adversaire s’enfuit.” Après que l’ours a finalement renoncé à se confronter à cet homme armé tirant en l’air, l’explorateur aux nerfs d’acier avoue : “Le calme revient dans le silence des collines, pas encore dans mes veines.”
Pour les amoureux d’aventure qui douteraient encore que ce récit d’expédition leur apportera la clé des espaces sauvages, cette phrase de l’auteur confirme ce que savent les connaisseurs des expériences limites, c’est-à-dire que le mental est plus important que le physique : “Voilà où réside l’erreur de la plupart des amateurs d’aventure pédestre : le succès n’est pas dû à la qualité des chaussures et à la préparation physique. Il dépend de l’idée, de sa germination et de sa force…” La force de l’idée ! En paraphrasant la célèbre phrase de Suarès dans
Le Voyage du Condottiere : “Tant vaut l’homme, tant vaut l’objet”, nous pourrions écrire, en pensant à Dans les pas de l’Ours, que “Tant vaut le titre, tant vaut l’homme” car, en suivant Émeric Fisset, nous sommes entraînés par une puissante énergie comparable à celle d’un ours cheminant avec vigueur et confiance au-devant de nouvelles sensations, de nouvelles rencontres, de nouveaux exploits. »

Jean-Philippe Grillet, Terre sauvage n° 310, novembre 2014 :
« Ce livre n’est pas un récit de voyage, une histoire des peuples rencontrés, une réflexion sur leurs langues et leurs mœurs, une description de la faune et de la flore, une évocation d’autres voyages : c’est tout cela à la fois ! Et une référence constante à la poésie, une écriture magnifique de sensibilité, de précision, d’intelligence. Quand il s’engage à traverser l’Alaska, à pied, du nord au sud, Émeric Fisset veut “découvrir”. “Voir, photographier. Écouter, enregistrer. Converser et rendre compte.” Il raconte la beauté de la nature et des gens, l’ampleur de son engagement et des risques encourus. Avec une élégance qui donne à son regard une acuité bouleversante. »

Christian Dufay, lecteur, le 6 décembre 2012 :
« Je tenais à vous dire mon admiration après la lecture du récit que vous m’avez conseillé à mon dernier passage à Paris : ce que j’avais entrevu dans L’Ivresse de la marche s’est confirmé à la lecture de Dans les pas de l’Ours, qui me replongeait dans les livres d’aventure lus à l’adolescence…
Admiration devant le courage physique et mental, admiration devant la réflexion et la mise en perspective culturelle, ainsi que la curiosité toujours présente. On ne peut également que saluer le style et l’écriture ! »


Vincentg, www.amazon.fr, le 21 février 2012 :
« Dans ce premier volet des aventures alaskanes d’Émeric Fisset, nous traversons cet État à pied, en bateau, à ski depuis la bourgade de Barrow au nord jusqu’à Cold Bay. Bien écrit, ce récit de voyage nous permet de nous évader avec l’auteur à travers les vastes et difficiles étendues de l’Alaska, au sein d’une nature encore vierge et sauvage. Malgré les difficultés d’une nature qui se mérite, l’auteur progresse et fait de chaque observation, de chaque rencontre, une révélation. À lire absolument par les amoureux d’étendues sauvages et de rencontres avec les populations locales. Un fantastique moment d’évasion ! »

François-Xavier Allonneau, Connaissance de la chasse n° 429, janvier 2012 :
« Il est des aventuriers discrets. Des coureurs du Grand Nord sans sponsor, ni attachée de presse, vierges de tout logo et slogan. Authentiques et sincères aventuriers qui concilient engagement physique, humain et environnemental. Émeric Fisset est de ceux-là. Il commence le vagabondage à 17 ans, devient para, verse dans l’humanitaire, et depuis marche au fil du globe. Il relate ici sa traversée de la Grande Terre, l’Alaska, 3 500 km à pied, à ski et en bateau pneumatique. Une année aux côtés des ours et des loups, de quelques chasseurs et trappeurs, et autres fantômes de la ruée vers l’or. Un très beau livre de nature et plus encore, d’un certain humanisme. »

Frank Bruno, www.boutdevie.org/blog-frank-bruno, le 12 février 2010 :
« Je me force à fermer de nouveau les yeux mais je crois que mon temps de sommeil est déjà fini, je pense au pays Kalaallit Nunaat où j’ai rencontré Apoutiaq ; elle avait vu un homme blessé qui avançait, des perles bleues étaient figées sur son visage, elle le nommait Nanuquilanga (l’ours blessé avance)… À côté de moi, le livre Dans les pas de l’Ours. Je ne sais plus combien de fois je l’ai lu, mais chaque fois je suis transporté, envoûté, lui le solitaire de l’Alaska qui fait rêver l’Ursus corsicus monopedus ! À chaque fois, j’y découvre la faune et la flore athapascanes, chaque fois j’entends les chants des prières qu’il fredonne pour se rassurer, je ressens les larmes qui coulent de tant de beauté mêlé à la souffrance, je hume la fragrance de la taïga… »

Wakinyan.over-blog.com, le 19 juillet 2008 :
« L’écriture d’Émeric Fisset est fine, remplie de détails et riche en vocabulaire. On suit avec désir son périple, on observe quand il contemple la nature sauvage, on partage ses repas en compagnie des autochtones, on tremble pour sa vie dans l’ascension de l’Aniakchak. On apprend que l’on pouvait devenir millionnaire en pêchant le hareng, que le pygargue glatit et que l’alcool est un fléau pour les populations originelles. Il s’agit sans aucun doute d’un voyage au long cours pour le lecteur qui se prend à rêver d’évasion et se dire que cela est encore possible…
Le livre jouit d’une reliure couleur avec Émeric Fisset faisant face à l’immensité sauvage avec pour seul guide une boussole. Cet homme a déjà plusieurs expéditions à son actif, toujours en solitaire. Dans cette démarche de la marche sans assistance médicale, il va à la rencontre des peuples oubliés du Grand Nord. Entre 1994 et 1995, il traversera en kayak puis en traîneau le Nord-Ouest américain. Ce périple est à découvrir dans un récit intitulé
Sous l’aile du Grand Corbeau. Le livre d’aujourd’hui, Dans les pas de l’Ours, est illustré de photos et de dessins noirs et blancs. Il demeure facile à lire et pourra s’emmener pour les longues sessions de pêche. »

Hélène Dumur, helene.dumur.free.fr, décembre 1999 :
« “Une traversée solitaire de l’Alaska sauvage” : Émeric Fisset est parti de Barrow, au nord de l’Alaska, pour rejoindre Cold Bay, au sud (ce qui est encore très au nord de la Terre), à pied ! Un pays immense à traverser, sans routes, sans habitants (ou si peu), avec un climat hostile, et une faune qui peut l’être aussi. On respire dans ce récit le grand air glacial de cette “last frontier” ! Mais pas seulement. L’auteur, curieux à la fois des paysages qu’il traverse et de l’histoire de cette terre, apprend beaucoup de chose sur le peuplement, les ethnies, et l’évolution de l’Alaska au lecteur qui peut ainsi satisfaire toute curiosité. De très belles photos illustrent ce périple, pour un ouvrage de qualité, dans la grande tradition de son éditeur, qui ravira tous ceux qui s’intéressent à ce lointain état des États-Unis, mais aussi les autres. »

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