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Une œuvre de Sébastien Jallade Editions Transboréal

Espíritu Pampa

Sur les chemins des Andes
9782361570187
Prix 20,90 € Disponible EAN : 9782361570187
ISBN : 978-2-36157-018-7
ISSN : 1633-9916

Depuis 2006, Sébastien Jallade s’interroge sans relâche sur le rapport à la mémoire, à l’identité, aux croyances qui ont façonné le Nouveau Monde. Pendant quatre années de marche dans la cordillère des Andes, de l’Équateur à la Bolivie, il a recueilli la voix des paysans, des mineurs et des artisans, rencontré des victimes du conflit armé avec le Sentier lumineux, filmé les fondateurs d’une radio communautaire dans la vallée de l’Urubamba, étudié l’usage contemporain des chemins préhispaniques. Plongé dans une grève paysanne ou perdu dans les montagnes du Pérou, il a songé à renoncer… Autant de rencontres et de lieux où les croyances se mêlent, où les époques se croisent ou s’ignorent, autant de territoires qui esquissent une réalité originale des Andes, celle de régions écartelées par la géographie et l’histoire. Se dessine au fil des pages un regard sans concession sur nos illusions d’exotisme.

Prologue

1. San Pedro de Pari

2. La plaza de armas

3. Pachachaca, « le pont sur le monde »

4. La cité perdue

5. Les marchés aux illusions

6. Le malecón

7. Radio Quillabamba

Épilogue


Glossaire :
• Notions
• Toponymes

Bibliographie commentée

La plaza de armas//Cajabamba, Huamachuco, Sihuas, Conchucos, Huanta, il faut arpenter les villes coloniales méconnues situées le long du Qhapaq 

San Pedro de Pari//L’église semble abandonnée. Dans la pénombre, elle respire la confusion des époques. Des bancs épars gisent sur le sol humide au milieu de relents d’herbe mouillée et de pisse froide. Les murs en adobe sont badigeonnés de fresques coloniales décrépies. Chaque personnage paraît habité d’une harmonie excessive – la perfection des corps, la bonté des visages et la douceur des traits évoquent un monde qui n’est pas d’ici. Elles ne respectent pas la rudesse de ces montagnes austères. Le silence résigné des paysans ne s’y dessine aucunement. Partout, des motifs floraux, des colonnes torsadées en trompe l’œil, des crucifix drapés de toges blanches s’enchevêtrent au pied d’un retable sculpté d’anges coiffés de perruques. Le halo de ma lampe s’attarde longuement sur leurs visages : ils possèdent de petites taches de rousseur, les bouches arrondies semblent irrémédiablement les figer dans une moue de surprise, ou bien de timidité, les joues rougies par la coquetterie.
Je ne pensais pas que ce voyage me mènerait si loin. Voilà le legs d’artistes andins anonymes sommés de copier les dogmes lointains des conquistadors et des missionnaires. Nul doute qu’il a fallu des trésors d’imagination pour apprivoiser autant d’excentricité : apprendre à tracer les contours d’arbres merveilleux venus d’Europe, les flèches orgueilleuses des cathédrales suspendues à un océan de plaines cultivées, des légumes inconnus, des vêtements saugrenus – probablement un tantinet ridicules –, des paysages forcément inventés ou exagérés de paradis perdus ou d’animaux mythologiques.
Je gravis les quelques marches cachées derrière le retable. L’envers de l’œuvre d’art prend l’allure d’un échafaudage brinquebalant et fragile. Les trépieds sont mal ajustés, les poutres rongées par la pourriture. Pas un corps d’apôtre qui ne soit terni par la couleur du bois humide. On croirait un décor de théâtre.
Mais à San Pedro de Pari, impossible de monter au sommet, le retable est trop fragile. Je traverse la chapelle en quelques enjambées pour grimper le minuscule escalier en bois qui mène à l’orgue. J’aboutis sous la charpente du toit de tôle, à contempler avec fascination ce qui reste de l’église isolée sur un lac perché si loin de tout.
Je repense à tous ces lieux que le réseau des anciens chemins préhispaniques relie invariablement, autant de preuves, de rendez-vous impérieux : les monastères d’Ocopa, la recoleta d’Arequipa, les églises franciscaines de Cusco ou de Cajamarca. À Huaro, au sud de Cusco, l’église du village est couverte de scènes retentissantes de démons et de peintures moralisatrices. L’enfer s’étale sur une façade de la nef. La bouche du Léviathan dévore les condamnés. Pourtant la perspective est mal maîtrisée, les personnages sont imparfaits. Ils donnent aux fresques une poésie touchante.
Il faut avoir marché sur les anciens chemins incas pour prendre conscience de cela. Chacune de ces églises résonne d’une étrange confusion des imaginaires. Elles n’existent que par la seule volonté des hommes d’échanger, de dominer et d’arpenter le Qhapaq 

La cité perdue//Deux heures de marche, encore. Du pont de Colpa, une brève ascension permet de sortir du défilé. J’atteins une pampa rugueuse et austère de quelques kilomètres de large, perchée à 3 600 mètres d’altitude : de la puna, des pâturages parcourus par des chevaux, des estancias égrenant la litanie fragile de la vie rurale. “L’endroit idéal pour y établir une hétérotopie”, me dis-je. Le plateau dévoile un paysage enclavé où les Espagnols n’avaient pu rester, contraints par le climat de fonder la ville coloniale à plusieurs jours de route. Pourtant le Qhapaq 

Radio Quillabamba//Les Andes s’achèvent dans les méandres de l’Urubamba, rongées, avilies. Tout a une fin, même les voyages les moins dociles. La Cordillère disparaît là où les voix de la radio deviennent moins perceptibles, moins assurées – elles semblent trembler comme si désormais leurs certitudes devaient s’envoler, remplacées par d’autres, de nouvelles idées, des ambitions différentes. Du monde, j’ai parfois le sentiment que nous serons toujours condamnés à recevoir les mêmes échos : il y a ces lieux par lesquels nous ne faisons que passer, mais qui nous retiennent toujours un peu ; puis les territoires qui nous intriguent, parce que nous allons y aller bientôt, que notre sécurité l’impose – ou à tout le moins la curiosité minimale que la planète exige de nous. Restent enfin ces paysages à part, ceux qui résistent à nos imaginations débridées parce qu’ils nous sont fermés, parce qu’ils sont au carrefour de tout ce pour quoi nous sommes ici. Dans la voix de Yima, la journaliste de la radio, le spectre de la violence surgit une dernière fois : “Département d’Ayacucho : l’armée péruvienne et les forces spéciales de la police lancent une attaque contre une base de télécommunication du Sentier lumineux. Trois cents guérilleros s’échappent dans la jungle.” Sur la carte, les distances paraissent infimes, mais les Andes posent encore aux hommes qui les habitent des défis plus grands que leur volonté. Dans la vallée au confluent des ríos Ene et Apurimac – “la rivière qui parle” en quechua –, les paysans ont colonisé les terres de la communauté indigène des Matsiguengas : la coca a remplacé la forêt primaire et les guérilleros se sont reconvertis en trafiquants de drogue. Le premier cours d’eau, je ne le croiserai sans doute jamais. Le second, je l’ai franchi à deux reprises. À quelques dizaines de kilomètres à peine, par 13° 09’ 49,15’’ de latitude sud et 72° 32’ 45,54’’ de longitude ouest, 3 millions de personnes s’acharnent chaque saison à comprendre le Pérou au travers de son mirage inca et de sa plus célèbre icône, le Machu Picchu. Vers l’est, quelques cols suffisent pour échouer dans une autre impasse : l’Amazonie, le ventre de l’Amérique.
Dans les collines du haut Timpía, il est dit que de mystérieux hommes vivent, qu’ils n’ont pas vu l’homme blanc depuis le conflit du caoutchouc au début du siècle dernier. Notre époque, qui aime tant baptiser ce qui lui échappe, les a surnommés ainsi : “nos frères natifs en isolement volontaire”. Me voilà rassuré. Le vent des années balaie si vite les maigres souvenirs que nous accumulons que je redoute toujours de voir mon histoire se transformer en un débris incohérent, caduc, avant même d’avoir pris part au festin de la jeunesse. Ici, rien n’a changé. Je ne peux m’empêcher de ressentir un frémissement : encore des dizaines de nœuds de voies possibles, de façons de vivre originales qui m’interpellent sur des chemins différents, comme autant d’énigmes nouvelles que nous souhaiterions résoudre. Nous les notons quelque part, effrayés à l’idée de rater ce qui pourrait être la réponse à des questions que nous n’osons pas encore formuler. La seule croyance peut-être que nous partageons tous relève d’un engagement méthodique, quasi sacerdotal, à parapher les paysages de fragments inutiles qui nous encombreront jusqu’à l’épuisement. Tant de mots et de volonté pour si peu – c’est déjà beaucoup – que l’on voudrait traduire en une simple phrase, un désir vital et puéril d’expliquer ce qui nous anime, le grand départ qui ne dirait que l’essentiel : “De mon voyage, je voudrais pouvoir ne rien te dire d’autre que ce que je pourrais entendre, te donner des nouvelles que tu ne liras jamais là-bas parce qu’elles ne touchent personne hormis ceux qui vivent ici. Ainsi du moins le croyons-nous.”//p. 225-227

Marco Jaunes, lecteur, le 31 août 2012 :
« Cela fait longtemps que je rêve des Andes et je viens de lire votre livre (Espíritu Pampa). Je veux enfin quitter ma routine et prendre le sac et traverser les Andes dans le même esprit que vous. Encore bravo. »

Emanuel B., lecteur, le 24 août 2012 :
« Je viens de lire votre livre, et je tiens à vous féliciter. En particulier, je le trouve très bien écrit et contenant des formules très jolies, à la limite de la poésie en prose. Surtout, et plus égoïstement, ce livre me permet de mieux comprendre le sens de votre démarche de marcheur sur les chemins des Andes. Tout le livre est teinté de désillusion, de mélancolie et de nostalgie formulées de façon très jolie, très poétique. Il me semble par ailleurs très psychanalytique dans sa démarche, et il est très proche, dans la forme narrative, du livre que j’aimerais écrire un jour. Je trouve que la partie entre les photos et la fin (p. 218-231) est tout simplement superbe. Le livre finit en beauté avec ses plus belles pages.
En ce qui concerne le livre lui-même, c’est un très bel objet, avec des cartes indispensables et une section iconographique très réussie. Elle est vraiment au service du récit. Le glossaire était lui aussi indispensable et, avec la bibliographie commentée, il complète magnifiquement l’œuvre.
Vraiment, bravo, pour ce travail extrêmement abouti. »


Myriam Salomon Ponzo, lectrice, le 27 juillet 2012 :
« Un regard dénué d’illusions sur ces merveilleux pays où les Occidentaux n’ont de cesse d’aller photographier les clichés d’une vie paysanne qui se meurt derrière des ponchos aux couleurs gaies. Un antagonisme saisissant. Un livre vraiment à lire où Sébastien Jallade laisse libre cours à ses pensées. L’auteur est un voyageur à l’esprit libre et j’ai trouvé en lui quelques réponses aux questions que je me posais sur mes propres marches. Mes yeux étaient mi-clos, ils sont maintenant bien ouverts. Je le remercie donc personnellement pour cela. »

Alexis Loireau, Carnets d’aventures n° 28, juin-août 2012 :
« C’est l’histoire d’un aventurier original qui part pendant quatre ans parcourir à pied les anciens chemins incas sans rechercher de cité perdue au fond d’une forêt ni quoi que ce soit de spectaculaire, d’exotique ou de mystérieux. Sébastien Jallade va à contre-courant des touristes et des explorateurs plus classiques. Il ne parcourt pas le Qhapaq 

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