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Une œuvre de Olivier Lemire Editions Transboréal

Esprit du chemin (L’)

Voyage aux sources du Bonheur
9782361570163
Prix 20,90 € Disponible EAN : 9782361570163
ISBN : 978-2-36157-016-3

Désireux de changer radicalement le cours de sa vie de cadre pressé et de retrouver la nature, Olivier Lemire a marché durant deux mois du nord au sud de la France pour atteindre le Bonheur, une rivière qui prend sa source au pied du mont Aigoual et alimente le Tarn. Parti de Plaisir en banlieue parisienne, il a relié bourgades et hameaux aux noms évocateurs, symboles des sentiments, des préoccupations et des grandes étapes de la vie : Le Corps, L’Espoir, La Conscience, L’Inquiétude, La Foy, La Sagesse, L’Amitié, en passant par La Beauté ou encore Le Paradis. Autant de lieux-dits bien réels dont il a rencontré les habitants, les interrogeant sur leur vision de l’existence et sur ce qui les rend heureux. Autant de portraits qui ponctuent, au fil de cet itinéraire métaphorique à travers une campagne vue d’un œil neuf et sans cesse à redécouvrir, le voyage d’un homme qui marche en quête du sens de la vie et apporte, par son cheminement, des éléments de réponse aux grandes questions existentielles.

Prologue – Passage à l’acte

1. Parti de Plaisir
2. La Vie de Thérèse
3. Le Corps de Joséphine
4. Le Malaise de Maggy
5. L’inconnu de la Foi
6. L’Espoir de Muriel et Stéphane
7. Le Rêve de Renée
8. La Santé de Marie-Madeleine
9. La Sagesse de Roselyne
10. Un détour par le Bout du monde
11. Le Paradis de Jean
12. L’Amitié de Mathieu
13. Le souffle de l’Esprit
14. Le Malheur d’Hervé
15. Maintenant, Maryline
16. La Souffrance de Martine
17. L’Inquiétude d’Edith
18. Les fantômes de la Jouissance
19. La Beauté de Romuald et Julie
20. Le silence de la Conscience

Épilogue – Le murmure du Bonheur

Passage à l’acte//Marcher vers le Bonheur n’a rien d’anodin. Chemin de l’Inca, tour du mont Blanc, pèlerinage de Saint-Jacques-de-Compostelle : les images de peuples éloignés, de neiges éternelles et de bâtons de pèlerin défilent dans l’esprit du voyageur en partance. Mais le Bonheur ! Tant de mots ont été écrits à son sujet ! Et cette rivière semble si petite pour un mot si lourd de sens ! Il y avait sur mon chemin des étapes dont la toponymie ne pouvait laisser indifférent quiconque entend le mot “bonheur”. J’avais déjà éprouvé un puissant vertige au cours de mes précédents voyages, en arrivant épuisé dans des lieux-dits dont le nom prenait soudain un sens encore plus fort, écrit sur un panneau plus ou moins jauni par le temps. Arriver à la Mort après 450 kilomètres parcourus depuis la Vie, constater avec dépit le vol du panneau signalant le hameau de l’Amour après vingt jours de marche sous la pluie et la neige depuis la rivière franco-belge la Haine, ou tomber nez à nez avec le Désespoir un matin grisâtre quelque part dans la Vienne, sont autant de moments qui se gravent pour toujours dans la mémoire. Je partais donc animé d’une grande excitation, curieux de la confrontation avec la destination finale, et encore épargné par le doute.//p. 17

Le Corps de Marguerite//“Bonsoir, auriez-vous une chambre pour la nuit ?”
À cette question pourtant toute simple, l’hôtelier ne répond généralement pas. Son front se plisse, ses sourcils s’incurvent, son regard plonge dans un registre fatigué où chaque rature désigne une annulation notée avec aigreur par le réceptionniste. Un doute plane à cet instant, et cette incertitude se fait angoisse pour le marcheur épuisé par ses 30 kilomètres quotidiens. On a beau se présenter seul avec pour unique compagnon un sac à dos, il faut se résoudre à répondre à la demande de l’hôtelier : “C’est pour combien de personnes ?”
Ce que le réceptionniste désire entendre en posant cette question inutile, c’est la solitude de son client, dont la réponse prend alors les couleurs d’un aveu : “C’est pour moi tout seul.”
Et ce “tout” vient souligner avec cruauté le “seul” qui le suit. Il fait de ces deux mots un couple ambigu, et transforme la liberté du marcheur en infirmité sociale.
Le visage du maître des lieux se détend enfin, jusqu’à un vague étirement des commissures des lèvres vers le haut, qui fait office de sourire. La situation qui paraissait inextricable s’éclaircit soudain, et le tenancier se lance dans l’énumération de toutes sortes de chambres, avec ou sans douche, avec toilettes sur le palier ou dans les murs, sur cour ou sur rue, au premier ou au deuxième étage, avec ou sans télévision. Et plus la liste s’allonge, plus on a envie d’embrasser le réceptionniste de tous ces lits qu’il propose, même si une paillasse eût également fait l’affaire. On lui est reconnaissant aussi de ne pas avoir coulé son établissement dans le moule d’un hôtel de chaîne, même si aucune d’entre elles n’aurait vraisemblablement voulu de son bâtiment hors normes, si éloigné des flux de circulation contemporains.
La pièce qui, il y a quelques secondes encore, était l’objet de tous les désirs, prend subitement la forme d’un trousseau posé sur le comptoir : une grosse clé pour la chambre et une petite pour la porte d’entrée de l’hôtel, fermée à partir de 22 heures, et une grosse boule en feutre ou en bois pour rappeler à l’ordre le client distrait susceptible de partir au matin avec les clés. Le trousseau posé sur le comptoir annonce irrémédiablement ces mots de la bouche du réceptionniste, prononcés comme un encouragement à peine dissimulé à passer au lendemain : “Et à quelle heure prendrez-vous le petit-déjeuner ?”
Ce “Et” qui introduit la phrase exprime malhonnêtement la suite d’un échange à peine amorcé. Puisqu’il est écrit en grosses lettres noires derrière le comptoir que le petit-déjeuner n’est servi qu’à partir de 8 heures, on s’entend répondre sans parvenir à s’en vouloir d’une réplique si hypocrite : “Huit heures, ce n’est pas trop tôt au moins ?”
À ce petit jeu tout le monde est gagnant. Le client conciliant, qui feint d’ignorer qu’entre l’heure donnée par sa montre qui marque 20 heures 10 et celle qu’il faudra attendre pour se voir servir un café au réveil, il reste douze heures qu’une promenade by night à Saint-Hilaire-du-Harcouët ne saurait remplir, même en faisant usage du passe de la porte d’entrée de l’hôtel après 22 heures. Et l’hôtelier, empêtré dans la gestion de son petit personnel, si difficile à trouver à la campagne, à qui cette échéance paraît déjà bien proche.
La soirée peut alors débuter, vaguement éclairée par un dîner servi trop vite dans la véranda en aluminium du restaurant (hors-d’œuvre variés ou charcuterie, brochette de poulet ou cabillaud sauce blanche, mousse au chocolat ou glace deux boules vanille, café, chocolat, fraise ou citron, troisième boule en supplément), au milieu de travailleurs de la route en tête-à-tête avec un téléphone portable à la sonnerie désespérément muette, mais muni de touches grâce auxquelles une épouse pourra lire bientôt, installée devant la télévision : “Je rentre demain soir à Rouen. Embrasse les enfants.”
Vient ensuite le moment de l’ascension vers la chambre par un escalier aux marches en dalles blanches émaillées d’éclats de céramique gris et noirs, du tâtonnement dans l’obscurité à la recherche du bouton d’éclairage du couloir, jusqu’à la porte en contreplaqué de la chambre qui, on le sait au premier regard, n’arrêtera guère au matin les bruits de ceux qui n’attendront pas l’échéance fatidique du petit-déjeuner.
Ce dont le réceptionniste n’avait pas parlé, en revanche, c’est de la laideur de ladite chambre, et cette laideur-là est bien présente à tous les étages. L’odeur complexe de renfermé et de propre vient aux narines à peine la clé enfoncée dans la serrure, qui semble bien grande pour le passe-partout en métal blanc. La porte s’ouvre vers l’intérieur de la chambre avec en son centre le lit double, meuble dont la tâche consiste à garantir le repos du client, objectif plausible vu l’horaire toujours aussi peu avancé (il est en général 21 heures 20 sans la promenade au bourg, ou 21 heures 40 dans le cas contraire, l’usage de la petite clé de la porte d’entrée de l’hôtel étant finalement inutile). Commence alors l’examen minutieux du lieu, et l’inventaire de tout ce qu’on retrouve d’un hôtel à un autre : le lit au matelas trop mou ; le couvre-lit matelassé ; le traversin autour duquel on a tiré le drap de dessous ; la télévision face au lit ; les consignes de sécurité au dos de la porte ; la couverture supplémentaire dans l’armoire en formica ; les murs tapissés de tissu à grosses côtes gris, bleu pétrole ou marron ; l’éclairage criard d’une lampe fluorescente ou insuffisant d’une lampe de chevet branlante ; le gel douche dans les minuscules pochettes fabriquées en banlieue parisienne ; la pomme de douche cassée enfin, qui oblige à tenir le pommeau dans une première main et à ouvrir le gel avec une deuxième, la troisième, chargée de laver le corps avec le parcimonieux liquide, manquant à l’exercice.//p. 48-51

Le Rêve de Renée//Cette histoire, Renée ne l’avait jamais racontée, parce que personne n’était encore passé au Rêve à seule fin de voir à quoi l’endroit ressemblait. Occupée à gérer les stocks derrière l’écran de son ordinateur, elle mit autant de temps à en lever les yeux qu’elle en avait eu besoin pour réagir à la phrase de l’homme rencontré sur l’aire d’autoroute. Mais à me voir attendre patiemment qu’elle en eût terminé avec les chiffres, elle comprit que la visite d’un marcheur solitaire avait un sens qu’il lui appartenait de décrypter. Et ce moment ne se représenterait pas de sitôt. Elle abandonna donc l’aridité des chiffres et courut chercher une petite plaque en tôle qu’elle conservait précieusement. Puis elle apparut au haut de l’escalier de l’entrepôt, arborant fièrement l’objet qui la fit passer instantanément du statut de gestionnaire à celui de poétesse : “Le Rêve”, elle le tenait solidement en main, consciente de la rareté de la chose, qui, à force d’être dérobée, avait fini par être remplacée une dernière fois afin d’être conservée en lieu sûr. Le jour était venu de montrer ce patrimoine au visiteur qui avait traversé la moitié de la France à pied pour venir voir ce Rêve unique en France.
Renée me confia un moment la plaque écrite en lettres noires sur fond blanc. Je retrouvai le poteau orphelin d’où elle avait été si souvent décrochée et entrepris de la remettre à sa place. Mais à quelques pas du panneau, un talus envahi de pâquerettes et orienté au sud invitait au repos. J’y installai la plaque de métal avec précaution, tel un bijou dans son écrin, m’allongeai à ses côtés et entrepris de m’abandonner à une douce torpeur.
J’entrai alors dans un songe à demi éveillé, où le chant des oiseaux, l’odeur de l’herbe coupée et le bruit des poids lourds passant sur la route départementale voisine se mêlaient aux traînées des phares sur les autoroutes plongées dans le noir, au souvenir de Renée sortant de sa voiture et aux regards suspicieux des passagers de la nuit. Le vin y coulait à flots, aussi, et le souvenir de l’ombre des arbres croisés le matin y était un tunnel bruissant et odorant. De loin en loin, une bourrasque agitait les frondaisons, que les yeux entrouverts suivaient dans leur mouvement. D’abord, il y avait la perspective des troncs grimpant vers le ciel, puis les feuillages animés de mouvements contradictoires, d’un vert presque noir sous l’effet du contre-jour, puis le lent défilé des nuages dans le ciel chargé, laissant par moments passer un rayon qui finissait toujours par transpercer les ramures avant de venir s’échouer sur le visage, obligeant à fermer davantage les yeux, et plongeant un peu plus dans un demi-sommeil. Le temps passait ainsi, sans véritable moyen de le mesurer, si ce n’est la course du soleil de plus en plus haut dans le ciel, et dont la percée au travers des arbres était de plus en plus sensible.
Cette rêverie n’avait rien à voir avec le monde des rêves nocturnes. Elle n’était pas le fruit de l’inconscient, pas plus que les fantasmes de ceux qui traversent les folies de la nuit. Rêves récurrents ou prémonitoires, désirs refoulés, cauchemars et orgasmes oniriques : c’était une autre histoire. C’était un songe tranquille, où se mêlaient l’instant présent et des mondes inconnus ; une sorte d’égarement diurne où l’esprit s’évade sans pour autant disparaître ; comme un souffle odorant qui sortirait des choses par l’intermédiaire du rêveur. Allongé sur le dos, en partance pour un voyage immobile alimenté par toutes les sensations provoquées par l’environnement immédiat, je rêvais ma rêverie. Seul le bruissement de l’eau manquait à ces instants, qui aurait à coup sûr prolongé le songe, et plongé dans la sensation idéale d’être bien où l’on est, distrait par la mélodie des flots en route pour l’océan. Et cette musique aurait tantôt été faite de mille notes différentes stimulant l’esprit, tantôt ouïe comme une masse uniforme à la fois pleine et vide. Mais cette eau, par son absence, amenait le souvenir de tous les flots près desquels le marcheur s’arrête, pour se reposer d’abord, puis pour se laisser aller à la rêverie, dans un voyage intérieur plus lointain que toutes les destinations du monde : il y a autant de voyages que de façons dont l’eau dévale les pentes, et autant de souvenirs liquides que de moments passés sur ses bords.
Ainsi, par son absence, l’eau se faisait désirer, et le souvenir n’en était que plus fort encore : un rapide de la Garonne au bout d’un bois de peupliers, une chute brutale quelque part dans les Alpes, les premières gouttes de l’averse sur un toit de bardeaux, le murmure d’un ruisseau normand et paresseux, le flux et le reflux de l’océan ; le souvenir de tous ces fluides écoulements emmenait l’esprit vers autant de moments doux passés au bord de l’élément liquide. Et tous, ils emmenaient vers le rêve préféré de Gaston Bachelard : vivre dans une belle demeure au creux d’un vallon, au bord d’une eau vive, dans l’ombre courte des saules et des osières.
Il était donc possible, par le miracle des songes, de rêver le chant des ruisseaux. Et cet onirisme éloignait la pensée. Et cette distance prise avec l’intelligence reposait.
En me relevant du talus où j’avais élu domicile, couché près d’un petit panneau de tôle blanche aux bords arrondis, il me semblait avoir croisé le bonheur un instant, dans l’abandon d’une rêverie diurne et insouciante. Avec dans les mains celui qui m’avait aidé à partir si loin sans aller où que ce soit, je pris le chemin de l’entrepôt, où Renée s’était remise au travail. Sans doute avais-je l’air à ce point heureux qu’elle n’eut d’autre choix que de l’être également. Elle prit sur l’étagère deux verres et une bouteille d’un jus de pommes pétillant de sa fabrication qui répondait au doux nom de Pom’Rêve, et se lança dans le récit de l’histoire des lieux. L’ambition du premier propriétaire du hameau avait été de construire sa maison avec un nouveau procédé de fabrication. La maison fut bâtie selon son idéal, et parce qu’il avait pu réaliser son rêve, il baptisa le lieu-dit. Mais l’histoire disait aussi qu’à peine son rêve réalisé, l’homme ne rencontra plus qu’épreuves et souffrances jusqu’à sa mort.
Parce que nous avions décidé d’être heureux, nous évitâmes, Renée et moi, d’évoquer plus avant cette histoire malheureuse.
Et le Rêve résonna du bruit des verres qui trinquent.//p. 108-111

Le murmure du Bonheur//Une source abondante au pied d’un bosquet. Un passage au pied d’une abbaye en ruine. Puis un cours tranquille de 5 kilomètres perché à 1 200 mètres d’altitude dans une haute vallée cévenole, au milieu des genêts et des sapins : c’est le Bonheur. Au quatrième kilomètre de son cours, le torrent s’oublie dans un modeste plan d’eau : le lac du Bonheur. Et au cinquième, il disparaît dans un gouffre qu’on appelle la “perte du Bonheur”. Il en ressort un kilomètre plus loin, non sans avoir perdu son nom au passage. Ainsi le Bonheur coule paisiblement dans la vallée du même nom, avant de se précipiter dans un abîme dont il ressort changé. Le bonheur, à en croire son cours, est pour le moins fugace…
La rivière coulait enfin à mes pieds, et je la regardais, dubitatif. Le brouillard était toujours là, et l’eau était glacée. J’avais beau tenir à distance les poncifs de la publicité, des images de mon corps nu se jetant dans la rivière dans un grand éclat de gouttes brillant au soleil avaient éclairé mon chemin, dans les moments difficiles surtout. Et voilà qu’en ce jour de mon anniversaire, j’étais soudain frileux à l’idée de nager dans un Bonheur à 7 °C. Je pris l’eau du torrent au creux de mes mains et la portai à mes lèvres. Elle était insipide et très froide. Je pénétrai tant bien que mal au milieu des rochers moussus plongés dans l’obscurité, par le long couloir souterrain où l’eau entrait. La lumière du ciel éclaira à nouveau les lieux, à travers un trou circulaire suffisamment grand pour laisser entrevoir la masse opaque des brumes cévenoles, à la verticale du gouffre. À cet endroit, le Bonheur pénétrait une nouvelle fois sous terre. Ses eaux agitées coulaient de pierre en pierre, puis s’enfonçaient là où nul ne pouvait le suivre, dans la noirceur des roches : j’avais devant moi la perte du Bonheur.
Pendant deux mois, j’avais marché pour accéder à un torrent glacé qui, à peine né, disparaissait sous terre. Ce bonheur perdu tout juste trouvé ne manquant pas d’humour, je décidai de me ranger à ses côtés plutôt que de lui en vouloir. Nous ne nous mélangeâmes pas, car nous n’étions pas faits l’un pour l’autre, mais je passai un long moment sur ses rives, laissant mon esprit s’en aller avec les eaux glacées, et s’enfoncer dans cette perte mystérieuse.
Édouard-Alfred Martel avait fait l’expérience de la perte du Bonheur en 1888. Le spécialiste des gouffres et des grottes s’était lancé à la découverte de l’abîme, au grand dam des habitants de la vallée, persuadés que tout ce qui pénétrait dans la perte du Bonheur disparaissait à jamais. En ressortant un kilomètre plus loin, transi et heureux, il démontra sans le vouloir que la perte du Bonheur n’est pas si définitive que les apparences le laissent penser. Pour ma part, je n’étais pas prêt à tenter l’expérience, puisque j’avais déjà été assez frileux pour ne pas oser celle du bain dans les eaux froides de la rivière. Le Bonheur, en tout cas tel qu’il coulait sous mes yeux en ce jour de juin, n’était pas pour moi, et je voulais croire que j’avais dû le trouver sur mon chemin avant de le voir filer dans son trou.
Je décidai de passer quelques jours dans la vallée du Bonheur, histoire de laisser l’épisode cévenol céder la place à un air plus fréquentable, et peut-être permettre à un rayon de soleil de donner à la vallée un aspect plus conforme à son nom. L’Auberge du Bonheur s’imposait, autant par son charme que par la qualité des personnes qu’on y croisait. Le berger qui gardait les 1 400 moutons qui lui avaient été confiés pour l’été était un habitué. Chaque matin, il passait prendre un café, et l’auberge résonnait du récit des orages du soir, des épizooties de piétin et des vipères cachées sous les pierres. L’historienne de la vallée venait aussi de temps à autre. Enfant, elle gardait parfois les bêtes avec sa grand-mère. Un jour où la bergère s’était trop approchée du gouffre situé à la verticale de la perte du Bonheur, elle la vit glisser sur les pentes jusqu’à tomber dans les eaux de la rivière située 50 mètres plus bas. L’historienne ne me dit rien du corps défunt de la vieille femme qui, si l’on en croit la légende, ne devait jamais ressortir de l’autre côté de l’abîme. Quelques touristes fréquentaient également l’établissement. L’un d’eux l’avait investi avec des livres de philosophie. Nous nous retrouvâmes un matin à parler de la félicité à l’Auberge du Bonheur, un croissant dans une main et un livre d’Aristote dans l’autre.
Tous avaient ici trouvé la paix. Paix des lieux, paix intérieure : tels étaient pour eux les prémices du bonheur, et il semblait bien que l’un servît l’autre, et inversement.
La paix. J’avais parcouru 1 500 kilomètres en passant par nombre de lieux-dits dont le nom devait m’éclairer sur la question du bonheur, et aucun d’eux ne répondait à la définition qu’habitants et visiteurs de la vallée du Bonheur, qui devaient connaître leur affaire, en avaient fait. Le lieu-dit de la Paix existe pourtant bien. On le trouve tout près de l’Inquiétude, croisée dans le Gers un jour maussade. J’avais écarté l’idée d’y passer, tant le toponyme me paraissait modeste, cantonné au rôle de simple antonyme de “guerre”. Parce que l’endroit semblait se définir par défaut, et peut-être aussi parce qu’il n’était pas assez spectaculaire, je n’avais pas fait le détour pour aller en interroger les habitants et immortaliser le site. Et voilà que tous, dans la vallée du Bonheur, me parlaient de cette paix que j’avais négligée comme d’une clé d’accès au bonheur. Décidément, je n’étais pas certain d’être doué pour la félicité. Je n’étais toujours pas libéré de l’exaltation, et répondais encore présent pour assumer les souffrances de la passion. Et le bonheur, de toute évidence, n’entrait pas dans ces histoires-là.
Avant de quitter ma chambre de l’Auberge du Bonheur, je croisai par hasard mon reflet dans le miroir de la salle d’eau. On ne lisait pas, sur ce visage, les signes manifestes du bonheur : une absence d’inquiétude, un équilibre apparent du corps et de l’esprit, une plénitude. En revanche, c’était bien moi, marqué par les morsures du soleil au cours de deux mois de marche dans le grand dehors. Ces stigmates du chemin parcouru ne pouvaient pas ne pas m’avoir changé. Et ils me plaisaient.//p. 276-281

Solène Terisse, www.babelbalades.fr, le 1er juillet 2014 :
« Le Bonheur existe, on peut même nager dedans. Cadre pressé, Olivier Lemire décide en avril 2010 de changer radicalement le cours de sa vie de la plus poétique des façons : désireux de retourner aux sources de sa propre existence, il envisage de rejoindre le Bonheur, une rivière située au pied du mont Aigoual, dans les Cévennes, et se fait la promesse de “nager dans le bonheur”. Un voyage à pied, à travers des lieux-dits qui rappellent les ingrédients d’une vie entière : La Foi, La Sagesse, L’Amitié ou encore La Beauté. Si ce voyage est une réelle métaphore, les lieux, les personnages et les anecdotes sont d’une authenticité rare ; au cours des 1 500 kilomètres parcourus depuis Plaisir, en région parisienne, les personnalités et les portraits s’enchaînent, décrits avec soin et humour par Olivier Lemire, curieux de connaître leurs histoires et leurs aspirations. Au cours des pages, les paysages et les visages défilent et chacun apporte à l’auteur sa vision singulière de l’existence. Spontanés et sincères ces personnages aident alors à répondre à l’énigmatique “qu’est-ce que le bonheur ?”» et offrent à Olivier Lemire, à chaque hameau et chaque lieu-dit, de nouveaux éléments de réflexion. Si ce périple est une introspection sur le cours de l’existence, il est aussi pour l’auteur l’occasion de se questionner sur son propre statut de marcheur. Pour “celui qui marche”, la répétition des gestes, la solitude des chambres d’hôtels froides et peu conviviales ou encore la douleur physique sont autant d’éléments qui peuvent remettre en question la poésie du voyage. Simplement, Olivier Lemire conte ses aventures, ses doutes et les bribes de réponses aux questions qui ont nourri ce choix de “prendre la fuite” pour un moment. S’il est difficile de conclure cette expérience tant pour l’auteur que pour le lecteur par une morale qui éclairerait définitivement les réflexions universelles sur nos existences, elle donne à chacun l’occasion de mieux se connaître et de repenser sa relation avec le monde. »

Jyhes, www.montagne-cool.com, le 15 octobre 2011 :
« Au départ, Olivier Lemire est plutôt du genre représentant en copieurs. À l’arrivée, il se dévoile fournisseur en originalité. Ce “correspondant géographique” [sic] est au récit d’aventure ce que Géo Trouvetou est à l’invention. Une sorte d’illuminé bienveillant, anticonformiste raisonné, et autre funambule de la ligne jaune, jamais convaincu que l’un ou l’autre des côtés de la frontière est le bon…
Cela s’illustre par une narration de ses deux mois de vagabondage improbable, par le fond et la forme. Un Paris-Cévennes inattendu, un ici-ailleurs mâtiné de belles et bonnes rencontres, fourré aux pépites de bonheurs. Mentions spéciales pour le contrat signé entre l’auteur et le ciel, pour les photos et les crobars en tête de chapitre.
Offrez-le (vous), ça n’a rien à voir avec tout le reste ! »


Pierre Pupier, Le Bulletin des lettres, mai-juin 2011 :
« Devenu “correspondant géographique” pour fuir la vanité de ses jours l’auteur s’en est allé marcher 1 500 kilomètres, sur un curieux itinéraire à la toponymie allégorique (Malaise, La Foi, La Sagesse, Souffrance, etc.), de Plaisir en Île-de-France aux sources du Bonheur, qui est une rivière des Cévennes. On voit le symbole et le sens d’une méditation qui pose à tous la question du bonheur, aux vaches même. Et dans la lignée d’un Lacarrière, chemin faisant, l’écrivain-marcheur saisit l’esprit de la marche, le goût des paysages et le visage des gens. Mise en état de marche la vie devient une manière d’être au monde, rythme et répétition, par la lenteur faisant l’expérience des distances et du temps, dans une jubilation de tous les instants, que peut ternir l’humeur morose due à l’usure et à la lassitude inévitables, et parfois à une “laideur française” d’entrées de villes et de paysages dégradés, mais souvent intensément vécue quand “le jour nourrit de tout ce qu’il donne à voir”. Entre introspection et contemplation, il y a place pour une image de la campagne française avec ses petites villes et ses villages ; et la nature redécouverte donne au sentiment géographique une poésie de plein vent, de températures et de lumières, de ciels et de nuages, jusqu’à la magie tranquille du canal du Midi. Si Dieu est absent du chemin malgré croix et oratoires, la solitude du marcheur est peuplée de dizaines de rencontres, le temps d’une conversation, d’une soirée, de l’hospitalité. Il en retient la diversité de toute humanité dans le périmètre de la vie quotidienne (et les vieilles femmes des villages ont depuis toujours la même blouse à fleurs), notant des bribes de vie dans une atmosphère de gentillesse et d’accueil. Il est une paix, un silence du chemin, un pur bonheur d’arriver, mais qui peut-être n’est pas l’aboutissement de la marche. Dans la haute vallée cévenole de sapins et de genêts l’eau glacée ne permet pas de nager dans le Bonheur. »

Sandrine Mercier, A/R n° 6, mai-juin 2011 :
« Il en avait assez d’être pressé, Olivier. À presque 50 ans il se met en marche à travers la campagne française. Et trouve des destinations aux noms symboliques. Ainsi il va de la Vie (Creuse) à la Mort (Doubs), de la Haine à l’Amour, de l’Ombre à la Lumière, de Plaisir au Bonheur, une petite rivière qui prend sa source dans les Cévennes et dans laquelle il ne pourra même pas nager. L’auteur aime la toponymie qui devient prétexte à un cheminement. On se promène avec lui entre géographie, poésie, métaphysique et philosophie. Il y a des correspondants de guerre qui relatent la guerre, Olivier Lemire, lui, s’autoproclame “correspondant géographique”. »

Jean-Luc Bouland, Naturisme Magazine n° 11, avril-mai 2011 :
« Voilà une belle galerie de portraits, un beau chemin initiatique, qui nous fait voir la France sous un angle bien différent de nos médias quotidiens, beaucoup plus proche de la vraie nature et d’une qualité de vie à redécouvrir. Cartes et photographies, en illustrant cet ouvrage, ne peuvent que nous aider à le suivre dans son périple, à s’imaginer à sa place. Et, qui sait, peut-être à partir sur ses traces ou à entreprendre une démarche similaire. À chaque fois, à chaque rencontre, l’auteur avait une question simple : “Et vous, qu’est-ce qui vous rend heureux ?” Voilà une question qu’on pourrait peut-être lui retourner. Ou se la poser à soi-même. Avant de lire, puis après, par exemple. Rien ne garantit que la réponse serait la même. »

Charlotte Langrand, Le Journal du dimanche, le 17 avril 2011 :
« Si l’état du Bonheur s’est révélé décevant – un cours d’eau fugace et glacé perdu dans le brouillard ! –, c’est cette quête spirituelle qui a nourri son voyage et surtout les rencontres avec les autochtones. “À chaque habitant, je demandais sa vision du bonheur car celui-ci est devenu une vraie religion dans notre époque, explique ce marcheur initiatique. Chacun en avait une vision très personnelle.” Dans sa galerie de portraits, on croise Harry et Maggy, heureux habitants du Malaise, ou cet inconnu qui le prend en stop sur le chemin de l’Espoir. Mais c’est Thérèse, dans son hameau de la Vie, aux confins de l’Orne, qui lui fera la réponse la plus simple : “Le Bonheur, c’est quand il fait beau !” Thérèse avait failli mourir un jour de pluie. »

Anissa Hammadi, www.routard.com, le 13 avril 2011 :
« Parcourir la France à pied, de Plaisir en banlieue parisienne à Bonheur, une rivière au cœur des Cévennes, en passant par des lieux-dits aux noms évocateurs, tel est l’objectif que s’est fixé Olivier Lemire à l’aube de ses 50 ans.
Bien plus qu’une randonnée, la marche est pour lui une véritable philosophie qui lui réapprend à voir les paysages de campagne. Mais le livre apporte surtout une réflexion sur le bonheur, fil conducteur de son périple. Son rapport au monde est poétique et la symbolique des noms est prise au sérieux : ainsi, lors de sa première étape, il se demande si le bonheur est possible sans plaisir…
À moins qu’être heureux consiste à profiter de l’instant présent, se dit-il à Maintenant. Et le bonheur est-il indissociable de la santé ? demande-t-il à Marie-Madeleine, habitante de La Santé qui, ironie du sort, a connu trois cancers successifs. Son itinéraire est ponctué de rencontres avec des personnes attachantes et spontanées. Olivier Lemire a immortalisé ces visages (avec le panneau du hameau en arrière-plan !) ainsi que les paysages de campagne verdoyants grâce à une quarantaine de photos au centre du livre.
Au fil des quelque 1 200 km parcourus, il raconte ses bonheurs et ses doutes. Il témoigne aussi de l’évolution des campagnes françaises, mitées par une urbanisation de plus en plus envahissante et de la difficulté financière des agriculteurs français, dont il se sent proche. »


Sylvain Tesson, La Géographie n° 8, avril 2011 :
« Par mots et par vaux. Nos administrations ont peur de la réalité. Elles la craignent au point de ne pas oser la nommer. Elles inventent pour contourner le réel un jargon hideux et ridicule dans lequel un clochard paralytique devient un “sans domicile fixe à mobilité réduite”, un Arabe un “citoyen issu de la diversité” et une tempête “un épisode neigeux résultant de la vague de froid”. Et les coureurs des bois chers à Grey Owl ? Faut-il désormais les nommer des “usagers d’espaces arborés” ? Pouah ! Les philosophes nous expliquent que l’homme a projeté son intelligence sur le monde en donnant des noms aux choses. Le sujet se représente les objets et décide de les baptiser. De cette entreprise d’appropriation du monde par le langage naît une civilisation. Si les hommes préhistoriques s’étaient embarrassés des délicatesses mal placées de l’administration, on ne parlerait pas d’hippopotame nain mais de “mammifère à potentiel de croissance différé en surcharge pondérale” et les dictionnaires ressembleraient à des fiches techniques d’une tristesse sans bornes. Le langage géographique est aux antipodes de ces timidités. Les géographes, les marcheurs, les voyageurs empoignent le réel. Ils le reconnaissent, l’arpentent, le décrivent, s’y frottent et s’y piquent. Ils l’aiment. Pourquoi donc renâcleraient-ils à le nommer frontalement ? Olivier Lemire vient de publier aux éditions Transboréal L’Esprit du chemin, Voyage aux sources du bonheur, récit qui rend hommage aux mots et aux noms de lieux. Lassé de cette société d’euphémismes où il entend qu’on appelle un autobus un “vecteur de mobilité douce” et où la serveuse l’invite à se “ressourcer au buffet fraîcheur”, Lemire à l’idée de tout quitter pour devenir “Celui qui marche”. Il oppose à la novlangue orwellienne qui trahit une pensée déracinée la vitalité simple et directe de la marche à pied. Mieux ! Il entreprend d’appuyer son itinéraire sur la seule consonance des toponymes : un ruisseau des Cévennes s’appelle le Bonheur ? ce sera son objectif ! Il ira nager dans le Bonheur en passant par une série de hameaux qu’il repère sur les cartes et qui s’appellent : Plaisir, le Corps, le Rêve, l’Esprit, la Jouissance, le Malheur, la Beauté, etc. Les mots le guideront. Lemire est un voyageur mental. Il compte sur le pouvoir des noms pour susciter des événements, des rencontres, provoquer des situations. Et il ne se trompe pas : les toponymes agissent sur les gens qui peuplent les lieux-dits et sur les voyageurs qui les traversent. On n’est pas le même quand on a la Vie devant soi ou la Vie dans le dos. Ce que les Précieuses ridicules de nos administrations ne savent pas c’est que les mots ont un sens et un pouvoir. Ils rayonnent d’une étrange intensité. Lemire leur rend hommage, il les salue, les célèbre et, pas à pas, trace son itinéraire dans une France qui ne s’appelle pas “l’Hexagone” et où un rond-point ne constitue pas le summum de l’aménagement. »

Sylvain Tesson, Grands reportages n° 353, avril 2011 :
« Un marcheur avoue enfin que la beauté ou l’incongruité des toponymes justifient un voyage. Pourquoi Lemire prend-il la route ? Parce qu’un ruisseau cévenol porte le nom de Bonheur et qu’il n’est pas plus stupide de marcher 1 500 kilomètres pour plonger dans le Bonheur que de mettre les voiles vers le Kamchatka. En chemin, par mots et par vaux, l’écrivain traversera des hameaux nommés La Foi, L’Espoir ou Souffrance. Les noms sont des dieux, ils guident Lemire qui marche pour les saluer. On connaît la vieille idée de Michel-Ange : la pietà existait déjà dans le bloc de marbre, il suffisait d’enlever les morceaux pour la faire apparaître. En reliant les lieux-dits, Lemire élabore un poème avec des mots qui existent déjà mais qu’il fallait moissonner un à un, pas à pas. Lemire croit au pouvoir hiérophanique des toponymes. Ceux-ci contribuent au surgissement du sens, ils provoquent le destin. La toponymie ne se réduit pas à une convention de langage. Le génie d’un lieu c’est le nom auquel il répond. Quand il marche vers Malaise, quand il a la Vie devant lui ou qu’il pénètre le Corps, Lemire subit l’influence des significations auxquelles il voue son voyage. Les aventures qu’il vit dans ces lieux et les personnages qu’il y croise confirment cette intuition : les mots, par la grâce d’une mystérieuse alchimie, déteignent sur le cours des êtres. Ainsi, à la Vie, la vieille Thérèse en sait long sur l’existence. Voyageurs de tous les pays ! il faut désormais viser dans la ligne Lemire. »

Frédéric Patard, La Presse de la Manche, le 27 mars 2011 :
« Il y a aussi les rencontres qu’Olivier Lemire fait tout au long de la route, et qu’il nous décrit avec un joli brin de plume qui ne se prend pas au sérieux, mais qui déroule un vrai plaisir dans la tête des lecteurs : c’est simple, chaleureux, observateur, drôle et respectueux des choses et des gens.
Un livre à mettre dare-dare dans la poche du sac à dos, et à déguster à la pause, entre deux barres de céréales vitaminées. »


Jacques Devaux, L’Écho n° 20425, le 25 mars 2011 :
« À 50 ans, Olivier Lemire décide de plaquer une vie bien construite dans ce béton qui nous étouffe pour devenir “correspondant géographique” et traverser pedibus cette France des lieux-dits, des hameaux et des villages, ces endroits microscopiques qui sont l’âme et le cœur de notre beau pays.
Et bien au-delà de nos campagnes, de ces bourgs chargés de mille histoires qui n’ont pas la prétention d’avoir une majuscule, l’auteur en a pris tous les clins d’œil, toutes les facéties. Il a relevé les noms des hameaux traversés avec pour but ultime le mont Aigoual, au cœur des Cévennes, la source du Bonheur, une petite rivière aux eaux claires qui à peine née disparaît dans un gouffre. Mais le bonheur n’est-il pas, lui aussi, fugace ?
On croise au gré de ce pèlerinage à travers l’Hexagone des patelins qui se nomment “Plaisir”, “Corps”, “Esprit”, “Sagesse”, “Santé”, “Foi”, “Espoir”, “Rêve” ou “Conscience”. Mais on y trouve aussi des “Malheur”, “Haine” et “Mort”. Si les pierres pouvaient parler, et les aïeuls nous conter l’étymologie de leurs racines, nous serions surpris, ravis et effarés par les drames et tragédies, amours et bonheurs oubliés, qui ont traversé tous ces lieux anonymes. La démarche d’Olivier Lemire est quasiment initiatique et, au travers des personnages croisés, des paysages traversés et de l’intimité avec la nature retrouvée, ce sont autant d’étapes d’une nouvelle vie, un voyage aux sources du Bonheur qui nous permet de mieux appréhender
L’Esprit du chemin. »

Marie-Josèphe Bonnet, La Marne, le 16 mars 2011 :
« La mode est à la marche à pied, à la découverte du voyage. Mais dans ce livre aérien, champêtre au possible, on découvre des trésors infinis sous le pied et sous la plume d’Olivier Lemire, “correspondant géographique”. Un bijou que cet ouvrage où l’auteur va à la découverte de lieux-dits aux noms évocateurs comme Plaisir, Corps, Sagesse, Paradis… qui deviennent des sujets de questionnements existentiels. Une démarche hautement initiatique qui constitue autant d’étapes d’une nouvelle vie avec le bruissement de l’intimité avec la nature. Un regard unique sur la campagne française redevenue terre de rencontres et d’aventure. Sublime. »

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