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Une œuvre de Duplessis Editions Transboréal

Périple de Beauchesne à la Terre de Feu (1698-1701)

Une expédition mandatée par Louis XIV
9782913955189
Prix 22,50 € Disponible EAN : 9782913955189
ISBN : 2-913955-18-5
ISSN : 1764-4011

En 1698, trois vaisseaux quittent la France pour gagner le sud de l’Amérique latine et tenter l’aventure du commerce interlope sur les côtes du Pérou et du Chili. Deux d’entre eux atteignent le détroit de Magellan et négocient en contrebande leurs cargaisons sur la côte ouest du continent, avant d’emprunter la route du cap Horn pour repasser dans l’Atlantique et revenir à La Rochelle en août 1701. Cette expédition française, mandatée par Louis XIV sous l’égide de la nouvelle Compagnie de la mer du Sud et menée par le capitaine de vaisseau Beauchesne, permet de reconnaître la région et de rencontrer les fameux Patagons. Des navires français réussissent à doubler « le bout de la terre » : c’est une première maritime.
Un jeune ingénieur qui n’avait jamais navigué, Duplessis, est embarqué avec la mission de rapporter toutes les informations qui seront nécessaires aux expéditions à venir. Pendant trois ans, il tiendra scrupuleusement le journal de cet extraordinaire voyage. Pour la première fois, un récit de navigation s’intéresse à la vie des travailleurs de la mer, depuis l’enrôlement des équipages jusqu’au troc avec les Indiens, en passant par les désertions, les châtiments, les disettes et la malédiction du scorbut. Quant aux mœurs des Patagons, leur description ne doit rien à l’imagination : Duplessis fait justice des fables qui avaient cours sur ce peuple mystérieux. Son talent d’observateur s’exprime également dans ses aquarelles qui représentent avec précision la faune, les endroits remarquables et les habitants de ces contrées.
Le manuscrit de Duplessis ne fut pas publié, car du secret dépendait la réussite de la colonisation du détroit de Magellan. Ce n’est qu’en 1766 que la navigation française se développa par cette route, avec les expéditions du siècle des Lumières. Bougainville et Lapérouse empruntèrent en effet la voie maritime que le commandant Beauchesne avait ouverte sous Louis XIV. Celle que nous pouvons enfin suivre grâce au Périple inédit de l’ingénieur Duplessis.

Avant-propos – [33]
Introduction – [37]

Avertissement au lecteur

Décembre 1698

Année 1699

Année 1700

De janvier à août 1701

Mémoire pour le voyage de la mer du Sud – De Gennes
Projet d’une colonie au détroit de Magellan – Louis XIV

Juillet 1699//Ce jour mourut un matelot du commandant, lequel, n’ayant pas voulu s’approcher des sacrements quelque remontrance qu’on lui pût faire, fut jeté à la voirie sans aucune prière. Cela est assez ordinaire dans les vaisseaux, surtout les marchands, où les matelots grossiers et sans dicernement sont de toutes sortes de nations et de différentes religions ; même la plupart n’en ont point, vivant comme des bêtes. Leur plus grand plaisir est de dormir, boire et manger sans discrétion et à quelque prix que ce soit quand ils ont de quoi, et l’on est obligé dans les pays étrangers d’avoir un soin tout particulier d’eux, tant pour la désersion que parce qu’ils vendent toutes leurs hardes pour jouer ou boire et sont vêtus le reste d’une campagne d’une manière à faire pitié. Et prennent la plupart sans scrupule tout ce qu’ils peuvent attraper même entre eux. Dans les dangers les plus pressants, si un matelot est couché il faut le faire lever à coups de bâton, aussi bien que pour travailler et aller aux prières. Cependant cette vie lui plaît, il s’y acoquine et la passe sans s’apercevoir des misères et dangers où il se trouve journellement ; mais je puis assurer que c’est bien la plus malheureuse et désagréable où se puisse trouver un honnête homme lorsqu’il n’est point de l’état-major, car il est obligé de vivre parmi cette canaille magré lui.//p. 96

Avertissement au lecteur//La naïveté avec laquelle ce journal est écrit doit faire plaisir ; les expressions en sont simples et je n’ai eu pour guide que la vérité. Mon dessein n’était d’abord de le faire que pour plaire à plusieurs personnes de considération, et je ne me serais pas hasardé à entreprendre un ouvrage aussi long, aussi sujet et aussi difficile pour un jeune homme qui avait très peu d’expérience et moins dans la marine qu’en toutes autres choses, sans l’obligation dans laquelle je me sentais de ne pas manquer cette première occasion à leur marquer par mon obéissance que j’étais entièrement dévoué à leur volonté, que j’avais profité de leurs leçons et que je n’avais pas passé le temps comme font bien d’autres dans les voyages de long cours, quoique j’eusse peu de connaissance de la mer et de la manière qu’on vit dans un vaisseau en semblables voyages. Je n’avais pas laissé que de m’en faire une idée qui approchait assez de la vérité, et cela, joint avec beaucoup d’injustice qu’on m’a faite avant de m’embarquer, m’avait donné bien de la répugnance pour cette campagne. L’envie que j’avais de faire un si beau voyage et de commencer à mettre en exécution ce que je n’avais encore fait que sur le papier, et enfin plusieurs autres raisons, m’obligèrent à passer par-dessus toutes les considérations que j’aurais pu faire là-dessus. Ce voyage a été long et pénible et si j’en suis passablement content, je peux dire avoir été moins mal que beaucoup d’autres et M. de Beauchesnes, le commandant, m’a donné plusieurs fois des marques de l’estime qu’il avait pour moi.
Je commençai à écrire fort succinctement et comme qui traite de ce qu’il ne sait pas, mais peu à peu, y prenant goût et entrant en connaissance de la navigation tant par les occasions que me procurait ma profession que par quelques connaissances que j’ai de la sphère et de la géométrie, et les fréquents entretiens que j’ai eus avec les officiers, les pilotes, les maîtres et tous ceux que j’ai connu avoir le plus d’expérience, plusieurs journaux et relations qui m’ont fait voir l’ordre que je devais avoir dans le mien et combien il est nécessaire de tout remarquer dans les pays peu fréquentés pour frayer le chemin aux autres ou à soi-même si on était obligé d’y revenir, et que c’est un grand soulagement pour un vaisseau qui fait voyage dans les pays lointains et quelquefois son salut, d’avoir de fidèles mémoires ; j’ai donc fait mes efforts pour rendre ce journal bon à quelque chose, sans pour cela en retrancher ce qui peut divertir le lecteur. J’ai joint l’utile au curieux autant que j’ai pu, et cru que je pouvais faire plaisir à mes amis en m’instruisant moi-même.
On ne fait pas tous les jours de pareils voyages. Écrire pendant trois ans pour ne parler que de choses superficielles ou faire des descriptions dont toute la France est remplie, et de bien mieux écrites que je ne le pourrais jamais faire, serait temps et de quoi faire passer un jour ennuyeux à ceux qui auraient la complaisance de le lire, ensuite de quoi il ne serait plus bon à rien. Cependant j’ai tout écrit et fait des descriptions à ma fantaisie. Je ne les donne ni pour belles ni pour nouvelles, mais au moins pour véritables. Je ne dis rien que je ne l’aie vu ou su par des gens de bonne foi, et s’il y a des choses difficiles à croire, l’on ne doit pas s’en étonner ; je me suis dispensé d’en écrire beaucoup d’autres de peur de passer pour critique ou pour menteur, ce n’est point du tout mon caractère. Il sera facile de connaître et l’un et l’autre par ma manière d’écrire simple et sans affectation. L’on verra avec quelle retenue je parle de certaines choses où la matière était assez ample pour exercer un esprit malin à divertir le public aux dépens d’autrui. Mais n’ayant en vue qu’à faire les remarques nécessaires pour donner des connaissances du pays et à faciliter les autres voyages qu’on pourrait y faire. Je ne veux pas dire par là que j’ai été insensible à toutes ces choses, au contraire ; car quoiqu’elles ne me regardassent pas le plus souvent ; j’en étais quelquefois plus touché que ceux mêmes à qui elles s’adressaient, et si la campagne a duré trois ans pour les autres, elle a duré un siècle pour moi ; je ne crois pas que l’envie me reprenne jamais de retourner à la mer. J’en ai fait une si belle expérience pour la première fois que j’en suis rassasié pour le reste de mes jours, néanmoins je ne voudrais pas pour beaucoup n’avoir fait ce voyage : c’est un des plus longs et des plus curieux qui se fassent.//p. 35-37

Janvier 1700//Description des sauvages patagons qui habitent le détroit de Magellan
Les habitants de ce détroit ont le visage et le nez larges, la bouche grande, les lèvres grosses, les yeux petits, les cheveux noirs, rudes, coupés sur la tête et devant les yeux en manière de couronne ; ils sont d’une couleur olivâtre, d’une taille médiocre et bien robustes. Ils se peignent la face et les autres parties du corps de blanc et de rouge, se mettent des ailes d’oiseaux autour de la tête, des colliers de petites coquilles au cou pour ornement. Quelque froid qu’il fasse ils n’ont point d’autres vêtements que des peaux de loups marins qui leur couvrent les épaules et le reste du corps jusqu’aux genoux comme un petit manteau, tant hommes que femmes et enfants. Ils n’ont aucune demeure assurée, vont et viennent de côté et d’autre suivant leur fantaisie dans des petits canots d’écorce où il y a toujours un petit feu au milieu ; chaque famille a son canot, savoir père, mère et enfants qui n’ont point encore de femmes, dans lesquels ils portent tout ce qui leur est nécessaire. Là où la nuit les prend, ils couchent ; s’il n’y a point de case de faite, ils en font de cette manière : l’homme plante huit ou dix petites gaules en cercle, dont il rabat les bouts les uns par-dessus les autres en manière de tonnelle, l’entoure par en bas de peaux s’il en a assez, autrement met le peu qu’il en a du côté que vient le vent ; au milieu ils font un petit feu autour duquel ils couchent tous pêle-mêle sur des herbes, et à mesure que la faim les prend ils font rôtir des moules que le plus vieux d’entre eux partage à tous également.
La principale occupation des hommes et leur devoir est de faire la case, la chasse et la pêche, celui des femmes d’avoir soin du canot et de plonger les moules, oursins et autres coquillages, ce qu’elles font avec une adresse admirable deux ou trois fois le jour, en quelque temps et état qu’elles puissent être, de cette manière : elles se jettent d’abord toutes nues à la nage, se couvrant les yeux d’une main pour voir au fond les endroits où il y en a le plus ; ensuite elles plongent la tête la première à 4 et 5 brasses de fond, en croisant les jambes par-dessus les fesses si adroitement qu’il est impossible de rien voir d’impudique, au contraire des hommes qui n’en font aucune façon, ni même de faire leur nécessité partout où ils se trouvent et où le besoin les prend comme des bêtes ; ces femmes reviennent un moment après et apportent des brassées de moules et quelquefois des roches à quoi elles tiennent, qui pèsent plus de cent livres ; lorsqu’elles sont dans des endroits où il y a peu de coquillage, elles prennent à leur bouche un petit panier de jonc et ne reviennent point du font qu’il ne soit plein, et aussitôt reprennent leurs peaux et courent au canot ou à la case pour se chauffer.
Ils font la chasse à la baleine de cette manière : ils vont cinq ou six canots ensemble et lorsqu’ils en ont trouvé une ils la poursuivent, la harponnent avec de grandes flèches qui ont le bout qui entre, d’os ou de pierre à fusil taillées fort industrieusement, ensuite la laissent perdre son sang et quand elle est morte, la marée l’échoue sur la côte où ils la vont chercher quelques jours après, l’un du côté et l’autre de l’autre. Le premier canot qui la trouve fait de grosses fumées pour avertir les autres, qui s’y rendent et en emportent chacun leurs provisions qu’ils mangent toute crue, chair et lard, ce qui les rend si puants qu’à peine on les peut souffrir. Ils prennent les loups marins et les loutres avec leurs chiens après les avoir percés de quelque flèche, de même les oiseaux ; ils se servent encore pour les prendre de filets faits de corde à boyaux, de quoi ils en font aussi pour prendre du poisson. Ils ont soin dans les belles saisons, lorsque le bois est en sève, d’en lever les écorces qui sont propres à faire leurs canots avec des coins d’os, lesquels canots peuvent avoir 15 à 16 pieds de long sur 3 de large, fort élevés en pointe des deux bouts pour parer les vagues. Ce sont les femmes qui les font, cousant ensemble ces écorces avec de la mousse entre deux, et tant d’adresse qu’ils sont étanches comme s’ils étaient tout d’une seule pièce. Ils mettent de petits morceaux de bois courbés en dedans pour les renforcer, comme des membres, avec une pierre plate au fond dans le milieu, sur laquelle ils font du feu nuit et jour.
Ils font du feu quand ils veulent avec de certaine pierre métallique, qu’ils frottent l’une contre l’autre sur une étoupe faite de raclure de bois sec qui prend facilement le feu qui tombe dessus sans qu’on puisse l’apercevoir. Ils se servent de mâchoires de poisson pour peignes, d’os appointis pour aiguilles, de boyau pour fil, de pierres taillées pour haches et couteaux, de joncs nattés pour attacher leurs canots au bord de la mer et des rivières, de morceaux de coquilles de moules pour polir leurs arcs, flèches, varres, manches de harpons et avirons, de tisons allumés pour couper leurs cheveux, de peaux de pingouins pour envelopper leurs petits enfants que les femmes portent sur leur dos dans un coqueluchon qui tient à leurs grandes peaux, de pots faits d’écorce pour porter l’eau, de peaux pour voiles à leurs canots.
Cependant ces peuples trouvent cette vie agréable et leur pays charmant. L’innocence et la tranquillité sont parmi eux ; ils ne sont pas plus grand maître l’un que l’autre, si ce n’est un certain devoir que les jeunes se font d’obéir aux vieux ; l’amitié qu’ils ont les uns pour les autres fait qu’ils ne peuvent être séparés l’espace de deux jours, qu’au retour ils ne se la témoignent par des embrassades et baisers pleins de tendresse. L’orgueil et l’avarice ne les travaillent point, ils ne se mettent en peine d’autre chose que de chercher à boire et à manger lorsqu’ils en ont besoin, et trois de ces pauvres gens nous firent assez connaître par les pleurs qu’ils versèrent pendant plusieurs jours à la baie Famine dans notre bord où on feignait de les vouloir garder, qu’ils ne changeraient pas cette vie ni leur pays pour toute chose au monde, car lorsqu’on les embarqua pour les ramener, la joie était peinte sur leurs visages.//p. 152-154

Mars 1700//Le premier, nous nous espalmâmes ; M. de Terville fut à bord du commandant qui l’avait mandé pour consulter sur ce que les Espagnols, qui étaient au bord de la mer comme à leur ordinaire, à qui l’on avait envoyé parler par un officier qui savait la langue, demandaient de la part du gouverneur notre commission, qu’il voulait voir. M. de Beauchesne leur en envoya une copie en latin que M. de Terville avait fait faire de la sienne à Valdivia et qui était conforme à celle de M. de Beauchesne, avec une lettre. Après midi, les Espagnols rapportèrent réponse du gouverneur, qui marquait avoir reçu la lettre à une lieue de là, avec mille témoignages de joie de nous voir dans ces mers pour en chasser les forbans ; et quoiqu’il eût des ordres très sévères du roi d’Espagne pour ne reconnaître aucun vaisseau étranger dans la mer du Sud, il ne laisserait pas de nous donner tous les rafraîchissements que nous lui demandions, qu’il avait donné ordre pour cela, que nous les aurions incessamment, qu’il viendrait lui parler le lendemain et qu’il aurait toutes sortes de satisfactions.
2 – Nous fîmes du lest avec la chaloupe du commandant et la nôtre. À 8 heures, les Espagnols vinrent. M. de Beauchesne leur envoya notre canot avec de ses officiers, M. de Terville fut à son bord avec le directeur des marchandises et douze soldats qu’on devait mettre en haie avec ceux de son bord pour recevoir le gouverneur ou ceux de sa part. Peu après le canot revint, apporta plusieurs Espagnols, tant moines qu’autres, ayant laissé un officier à terre pour otage. M. de Beauchesne les reçut du mieux qu’il fut possible et on les traita du peu de chose qu’on avait, buvant à la santé du roi d’Espagne qui fut saluée de cinq coups de canon, et on les salua de sept autres quand ils s’en furent après avoir fait promesse de toutes choses pour le lendemain.
Quelques Espagnols créoles de la mer du Sud ont assez peu de discernement pour croire que nous ne sommes pas faits comme les autres hommes, et plusieurs moines assez ignorants ou malicieux, bien loin de les tirer de ces superstitions, les y engagent davantage, jusqu’à leur prêcher en chaire pour leur donner une idée terrible des forbans ou flibustiers français qui sont ceux qu’ils abhorrent le plus, qu’ils sont tous difformes, qu’ils tiennent de la bête et que Dieu pour les punir et les distinguer d’eux, leur a donné une queue comme aux chiens, ce que les pauvres imbéciles croient si bien qu’un naturel eut assez peu de honte ou pour mieux dire d’esprit pour demander en grâce à un de nos officiers de lui faire voire la sienne, ce qui le surprit et nous confirma ce que les flibustiers nous en avaient dit plusieurs fois. Cependant il désabusa du mieux qu’il put ce pauvre homme, quoique ne pouvant s’empêcher de rire et en effet il y avait de quoi.
Ce jour, nous apprîmes que l’Espagnol qui était venu le premier à bord s’était fait bien des affaires et qu’il serait en prison jusqu’à ce que nous fussions partis, pour nous avoir parlé de plusieurs choses qu’ils voulaient taire.
3 – Entre 5 et 6 heures du matin, alors que tout le monde était encore couché à bord et qu’il faisait très peu de vent, nous ressentîmes plusieurs secousses que fit le vaisseau. Chacun s’éveilla et fut surpris, ne sachant à quoi attribuer cela. Les uns disaient que c’était quelque baleine qui avait frappé contre le bord et les autres que c’était un tremblement de terre. En effet, ceux-là avaient bien plus de raison que les autres, car quelque grosse qu’eût été la baleine, il est impossible qu’elle eût fait remuer une masse comme notre navire avec tant de rapidité.
Sur les 9 heures du matin, il parut quelques Espagnols qui n’approchèrent point du bord de la mer et disparurent sur l’heure même. Sur le soir il en vint cinq ou six à l’endroit ordinaire. M. de Beauchesne leur envoya son canot. Il s’en embarqua un dedans, qui apportait pour présent de la part d’un moine à qui on avait donné une bible, un mouton, une chèvre, vingt-cinq poules et deux paniers de pêches et raisins. Cet homme nous dit qu’il avait fait un grand tremblement de terre qui avait jeté à bas une des principales églises de leur ville avec plusieurs maisons, que cela était assez ordinaire dans ce pays à cause des volcans, et que communément ils en ressentaient deux tous les ans mais qu’il y en avait plusieurs qu’il n’avait été si terrible ; que si les bœufs qu’ils nous avaient promis n’étaient pas venus, c’était à cause que comme les terres sont fort sablonneuses ils ne pouvaient marcher, qu’on avait été obligé de les tuer et les charger sur des chevaux, ce qui en retardait la venue, et que sans faute nous les aurions le lendemain de bonne heure.
4 – À 8 heures du matin, il y avait au bord de la mer des Espagnols qui apportaient de l’ambre gris pour traiter deux moutons et beaucoup de fruits. M. de Beauchesne envoya chercher M. de Terville et le directeur des marchandises pour les consulter sur une lettre qu’il écrivit et envoya au gouverneur, qui nous permettait la traite par un de ces Espagnols qui était à son bord. Nous avions plus lieu d’espérer de vendre nos marchandises en ce lieu qu’en pas un autre, parce qu’il est éloigné des grandes villes et qu’ils le peuvent faire en secret, étant presque les maîtres de leur conduite.
5 – À 2 heures du matin, nous vîmes une éclipse de lune qui dura une heure et demie. À 5 heures, nous levâmes notre ancre afin qu’elle n’entrât point trop avant dans la vase et en mouillâmes une autre. Devers les 1 ou 2 heures après midi, quelques cavaliers espagnols apportèrent un bœuf mort et deux jarres de vin, mais comme on vit que tout cela ne provenait que de la crainte qu’ils avaient que nous ne fissions descente, à quoi ils s’attendaient de jour en jour, et qu’ils tâchaient à nous amuser le plus qu’ils pouvaient pour porter des nouvelles par toute la côte et peut-être à Lima où étaient leurs vaisseaux de guerre, le commandant mit flamme d’ordre et assembla le conseil, savoir de retourner au détroit de Magellan ou bien de descendre plus nord pour attendre une saison favorable. Cette question fut longtemps débattue, vu le peu d’apparence d’avoir des vivres dont nous n’avions plus que pour dix mois à bien ménager et qu’on n’avait pas ordre d’en prendre de force. Cependant, malgré toutes ces difficultés, on prit la résolution de poursuivre le voyage. Cela ne fut pas plutôt conclu qu’on mit à la voile sur les 3 heures après midi d’un petit vent de S.-S.-E., faisant route au N.-N.-E. pour Touville-mal-abri.//p. 220-222

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