ChercherRecherche avancée Panier (0)

LA LIBRAIRIE EN LIGNE DU VOYAGE D'AVENTURE


Découvrez plus de 5 000 livres et DVD d'aventure
Revenir au résultats
Une œuvre de Philippe Valéry Editions Transboréal

Par les sentiers de la soie

À pied jusqu’en Chine
9782361571153
Prix 13,90 € Disponible EAN : 9782361571153
ISBN : 978-2-36157-115-3
ISSN : 2275-1890

Venise, le Bosphore, Ispahan, Samarcande, le Wakhan afghan. C’est la route de la soie, des épices et des pierres précieuses qu’a suivie Philippe Valéry, celle-là même qu’empruntèrent Alexandre le Grand, Marco Polo ou Gengis Khan. Parti en quête de rencontres sincères et chaleureuses, il a marché durant deux ans et couvert plus de 10 000 kilomètres de Marseille à Kachgar, en Chine, à travers quinze pays pittoresques. De la Méditerranée aux contreforts de l’Himalaya, maisons, huttes et yourtes se sont ouvertes, comme s’est dévoilée l’âme de leurs habitants.

Prologue

I. L’Europe
1. France, Monaco, Italie
2. Slovénie, Croatie, Serbie, Bulgarie

II. De l’Asie Mineure au Caucase
3. Turquie
4. Géorgie
5. Arménie

III. Le Moyen-Orient
6. Iran

IV. L’Asie centrale
7. Turkménistan
8. Ouzbékistan
9. Tadjikistan
10. Afghanistan
11. Pakistan
12. Chine

Postface

Chine//Je retourne dans le centre-ville où, en ce jour de chance – encore un, mais on a parfois la chance que l’on veut bien se donner ! –, je remercie Mao Ze Dong, le Grand Timonier, l’homme de la Longue Marche, d’avoir choisi, il y a cinquante et un ans, le 1er octobre pour mener à bien sa révolution. Le soir de mon arrivée à Kachgar, un peu comme un Chinois qui parviendrait en France un 14 juillet au terme d’un vaste voyage, j’ai droit, les jambes lourdes d’une dizaine de milliers de kilomètres, à un monumental feu d’artifice. Après tout, je suis dans le pays qui les a inventés.
Sort-on vraiment un jour d’un songe éveillé aussi beau, d’un tel rêve sans sommeil ? N’est-on pas marqué à jamais par le bleu de la liberté dans l’azur, le blanc étincelant des neiges, le vert des forêts et cet arc-en-ciel fascinant que sait être l’homme ? Oublieux de la dictature iranienne et des horreurs de la guerre croisées sur mon chemin en ex-Yougoslavie et en Afghanistan, mais riche des souvenirs de rencontres merveilleuses, de la bonté de mes congénères, de ces extraordinaires gens ordinaires, je souris tout seul. Je veux croire en la sagesse de l’homme, espérer encore et toujours en une fraternité à venir qui ne soit pas un mirage. Malgré toute la douleur du monde, malgré les différences de nations et d’idéologies politiques, de peuples et d’ethnies, de religions, de langues et de cultures, finalement, au fond de nous-mêmes, là, sous notre chair, nous ne sommes pas aussi éloignés les uns des autres que certains ont intérêt à nous le laisser entendre.
Je pense qu’avant de rentrer dans l’Occident frénétique où le rythme des choses s’accélère, je dois essayer de saisir une dernière fois un peu de l’illusion fluide et diaphane du temps alangui.
Je désire rester ici une bonne semaine et revoir le marché du dimanche, avant de m’en retourner tranquillement en autocar à travers l’Asie centrale.//p. 558-559

Slovénie, Croatie, Serbie, Bulgarie//Le 1er novembre, je quitte la capitale slovène en direction de la Croatie. Après trois jours d’asphalte et de gaz d’échappement, je repère sur la carte la piste puis la route qui mène par les montagnes du bourg de Kostanjevitsa à la frontière croate. En m’y engageant, j’évite en plus de la pollution les crues de la rivière qui borde la route principale.
Une forte côte offre une vue superbe sur des vallons verdoyants, noyés d’arbres feuillus s’effilant déjà avec l’automne et, au loin, sur d’autres montagnes enneigées. Après l’ascension, je marque une pause pour photographier la pancarte indiquant le nom d’un village : Vrbje. Quatre consonnes sur cinq lettres : j’ai déjà observé sur les cartes des toponymes aussi biscornus. Les peuples slaves n’en ont pas l’apanage – les Gallois sont assez doués pour cela – quoiqu’ils aient un talent certain de créativité pour écorcher les oreilles sensibles avec ce genre de formule alambiquée. Trieste, par exemple, ne se pare plus, de ce côté de la frontière, de son nom gracieusement mélancolique mais s’appelle Trst : sec, cinglant et quasiment imprononçable.
Alors que je cadre ma photo sur la pancarte de Vrbje, un agriculteur, qui passe par là sur un tracteur, arrête son moteur et me regarde, intrigué. Il doit se dire : “Il va pas bien ce type. Il photographie un panneau.” Néanmoins, je ne dois pas avoir l’air dangereux, car, après que je lui ai annoncé que je viens de France à pied, il sort un jerrycan pour m’offrir un coup de rouge de fabrication maison. Toutes ces attentions finissent par me retarder. De plus, je m’égare en consultant mes cartes, imprécises dans ces sentiers de montagne où, pour la première fois, je laisse la trace de mes pas dans la neige. La nuit est tombée depuis une heure lorsque, seul sur une piste de terre, j’entrevois le blason slovène. Ouf ! Je suis à la frontière. Quelques mètres plus loin, il y a un panneau métallique Hrvstska, portant les armes croates. J’en reconnais le damier rouge et blanc. J’enlève mon sac à dos et le pose à sa base pour m’asseoir dessus. Par temps froid, et il doit faire 0 °C, c’est toujours un instant difficile. La sueur qui a coulé entre mon dos et le sac se change aussitôt en traînée glaciale. Malgré ce coup en traître du froid, j’entame une tablette de chocolat et savoure l’arrivée dans mon troisième pays après la France.
La maison la plus proche doit être à plusieurs kilomètres. Pas une lumière n’est visible mais j’entends au loin un bruit de moteur qui se rapproche. Le bruit enfle et, brusquement, au détour de la piste boisée, les deux phares d’un 4x4 fendent la nuit. Je me lève. Le véhicule s’arrête, ses phares pointés vers moi. Deux hommes en descendent. Aveuglé, je ne vois pas qui ils sont. Je pense qu’il s’agit de policiers ou de douaniers. Je n’ai pas peur mais reste sur mes gardes. Je tente un bonsoir cordial :
Dobre vetcher.
— Dobre vetcher !” me répond-on d’un ton sec.
Pendant d’infinies secondes, je suis scruté, sans pouvoir observer en retour. La Slovénie et la Croatie sont des pays tranquilles. Pourtant, le silence dans cette froide nuit d’automne est pesant. Ils me lancent une phrase, incompréhensible. Je réponds en serbo-croate que je ne parle pas leur langue. Autre silence. Et enfin, lapidaire : Policija !
Ils s’avancent dans les phares : deux jeunes policiers – des colosses – en uniforme, l’un brun et l’autre blond :
“Passport, dit l’un d’eux en allemand, langue populaire en Europe centrale.
— Sprechen Sie Deutsch ?
— Ja.
— Que faites-vous de nuit dans la montagne, sur la frontière ?”
J’évite de leur dire immédiatement quelque chose du genre : “Justement, vous voyez, là, j’allais en Chine.” Cela leur paraîtrait sans doute bizarre. Je ne crois pas non plus malin de leur faire remarquer que je suis déjà de l’autre côté de la frontière, probablement hors de leur zone de juridiction. Je me contente donc d’un : “Je vais en Croatie. Je n’ai pas besoin de visa. Je voulais passer la frontière plus tôt mais j’ai été retardé par les invitations des habitants des villages alentour.”
Ils semblent tout savoir de mes derniers arrêts et décident de me fouiller. Malheureusement, la première chose qu’ils découvrent dans ma poche est un couteau. Ils devraient se douter qu’il me sert surtout à préparer des sandwichs. Le policier brun, à 2 mètres de moi, sort son revolver et le fait tournoyer autour de son index, certainement pour montrer qu’il a la gâchette facile, puis il me met en joue. Intimidation efficace, car si j’ai toujours du respect pour les forces de l’ordre, là, mon attention n’en est que plus soutenue. Son collègue blond poursuit la fouille. Il ne trouve que vêtements, équipement de bivouac, vivres et matériel photo. En conservant mon passeport et mon couteau, ils me prient de monter dans leur véhicule.
Je suis emmené au commissariat de Krsko. Krsko, quel nom peu accueillant ! Le chef de poste, une femme polie et germanophone, m’interroge à nouveau. Je lui raconte ce que je fais, preuves à l’appui : une première page du journal La Provence et d’autres articles à mon sujet, utiles dans ces circonstances. S’ensuit dans la salle voisine, séparée de moi par une baie vitrée, un conciliabule en slovène à mon propos entre sept policiers et leur chef. Quelques minutes plus tard, j’entends cette dernière épeler mon nom, vraisemblablement pour s’assurer par téléphone que je ne suis pas fiché. Vérification terminée, elle vient me rendre mes biens et me recommande : “Vous devez passer par le poste frontière international de Bregana. Je vous souhaite un excellent voyage. Je vais vous faire raccompagner à Kostanjevitsa, à votre hôtel d’hier soir.”//p. 43-48

Turkménistan//Après une sieste et un brin de toilette dans le canal, je quitte la route principale pour m’engager sur la piste du village de Mala Hauz Han. À 18 heures 30, une heure avant le coucher du soleil, il fait toujours plus de 40 °C. Je profite de la fuite d’une énorme canalisation pour prendre une douche tout habillé. J’approche peu à peu du réservoir car apparaissent çà et là des épineux et, bientôt, des buissons isolés. Souvent ici, après des journées trop chaudes, à la tombée de la nuit, la brusque baisse de la température déstabilise la pression atmosphérique et provoque des tempêtes de sable. C’est le cas ce soir. Le fort vent qui souffle, tantôt du nord, tantôt de l’ouest, me cingle le visage : je reste aveuglé par tout le sable qu’il charrie. Dans la nuit noire à présent, une masse sombre se précipite sur moi. J’imagine un loup. Trop petit, ce doit être un de ces chacals prétendument inoffensifs. Quelle rapidité ! Il va se jeter dans mes pieds. J’ai une brusque décharge d’adrénaline, avant de lui asséner un magistral coup de bâton. Surprise… mon agresseur s’envole avec la légèreté d’une balle de golf. Ce n’était qu’une boule d’épineux déracinés. D’autres chimères nocturnes tâtent encore de mon bâton, puis je m’habitue à ces facéties du vent.
Des éleveurs de dromadaires kazakhs vivent, m’a-t-on dit, un peu à l’écart de la piste. Je suis fasciné à l’idée de les rencontrer. J’avance donc toujours dans la nuit en guettant aussi loin que je peux leur lumière éventuelle, mais le vent redouble d’intensité et aucun fanal n’est là pour me guider. Une rafale plus cruelle que les autres arrache même mes lunettes, seule protection de mes yeux. À tâtons dans le sable, je ne réussis pas à les retrouver. Au moment où je décide de bivouaquer sur place pour les rechercher à l’aube, je marche dessus, heureusement sans les casser. Je reprends donc ma quête des “dromadairiers” dans cette ondulation sablonneuse qui n’excède guère 20 mètres de haut. C’est toutefois juste assez pour m’empêcher de voir à quelque distance. Après une heure supplémentaire d’un tel supplice, il est bien tard pour déranger le Kazakh qui aurait planté sa maison au milieu des dunes. Qu’à cela ne tienne, la végétation est devenue assez dense pour qu’un buisson volumineux m’offre un abri convenable contre le vent et le sable. Je m’empresse de me calfeutrer dans mon sursac de bivouac. J’espère que la tempête force aussi la faune, et notamment les moustiques sanguinaires, à se blottir dans ses repaires. Je dors profondément jusqu’à 4 heures 30. La condensation qui s’est formée dans mon sursac me réveille. J’ai froid. Je ne connais pas de meilleur moyen de me réchauffer que d’attaquer ma journée de marche.
Le jour levé, quelques étonnantes guirlandes dessinées sur le sable me font penser à des sautillements d’oiseaux. Elles s’avèrent être les traces de gros scarabées noirs, décorateurs de désert dotés d’un sens inné de l’esthétique. Lorsque, plus loin, je tombe sur des preuves du passage de dromadaires, ces mêmes scarabées, marchant à reculons, arc-boutés sur leurs pattes avant, sont affairés à pousser des boules de crottin deux à trois fois plus massives qu’eux avec leurs pattes arrière. Qu’en font-ils donc ? Constituent-ils un nid où ils pondent leur progéniture ou un garde-manger pour les temps difficiles ?
J’en suis là de mes considérations très terre à terre sur la nature quand je remarque à environ 200 mètres de moi une espèce d’antilope occupée à déguster un buisson. J’arrive contre le vent. Elle n’a pas senti ma présence. Je m’immobilise pour l’admirer mais la belle me repère et s’enfuit. Un tableau si simple et harmonieux m’emplit de tant de joie et de sérénité que je suis prêt à beaucoup d’efforts pour retrouver cette beauté gracile dans son environnement naturel. J’en oublie ma route pour suivre ses empreintes et scruter l’horizon à sa recherche, mais ma quête reste vaine et mon regard se perd dans les dunes parsemées d’épineux.
Vers midi, je n’ai toujours pas vu le lac artificiel. À l’ombre d’un arbuste, fatigué, je fais un point à la boussole et avec ma carte à grande échelle. La piste que j’ai empruntée s’éloigne du lac. Elle mène certainement à un autre village, mais pas avant 50 kilomètres sans le moindre habitant ni eau. Cela tombe mal : il fait très chaud et ma provision de liquide est épuisée. J’aurais dû bifurquer plus tôt sur ma gauche pour rejoindre le village de Mala Hauz Han. Je me suis trop obstiné à gravir encore et encore le sommet de la prochaine dune en espérant découvrir une habitation derrière. J’appuie ma course vers l’ouest. Heureusement, le toit d’une maison ne tarde pas à se dessiner. Il est 13 heures quand, enfin, je lance en russe un Zdrasvoite, salut et cri d’espoir de voir quelqu’un dix-neuf heures après ma dernière rencontre et mon dernier point d’eau.//p. 333-336

Afghanistan//Je marche parfois dans la pente au-dessus du fleuve, sautant de rocher en rocher quand la piste disparaît totalement avant de reprendre plus loin. Le 16 août, je progresse ainsi sur un sol rocailleux à proximité du village de Nichkhaur. Sous les cimes neigeuses des montagnes, des chameaux à poil épais reconstituent leurs bosses paresseuses qui s’affalent sur le côté. Je suis bientôt tiré de ce charme idyllique par un affluent de la rivière Pandj, d’une dizaine de mètres de large. Il n’est guère profond. Je m’attends à ce que l’eau me monte à mi-cuisse mais le fond est encombré de galets et de rochers qui rendent certainement l’équilibre difficile avec un courant très fort. Je le remonte pour trouver un passage plus favorable. C’est très en amont que je me décide à le traverser. J’enlève mes chaussures et les attache à mon sac à dos déjà lourd. J’avance dans l’eau. C’est facile au début. Le courant tourbillonne autour de mes jambes. Ma progression est plus lente. Au milieu du cours d’eau, je suis bloqué par la force du courant et le poids de mon sac. Je ne peux pratiquement plus bouger un pied, ni l’avancer ni le reculer. Ma stabilité est très précaire. Arrive ce qui devait arriver : comme je pose le pied sur une pierre, elle se dérobe. Je tombe sous mon poids. Comme la pierre, je suis emporté. Mes mains en accrochent d’autres, que j’entraîne. Mon sac se gorge d’eau et coule. Je redoute de me cogner la tête contre un rocher. J’ai conscience de dévaler rapidement vers le fleuve furieux à côté duquel mon torrent n’est qu’une plaisanterie. Dans son bouillon, je n’aurai aucune chance d’en réchapper. On pense beaucoup et vite dans ces cas-là. Je refuse de mourir ainsi. Ni mes parents, ni personne ne saura où je suis passé. Je n’ai pas le droit de finir comme cela. Je ne veux pas.
Dans ces circonstances, ce n’est pas toujours la vie qui vous lâche. C’est quelquefois l’homme qui la laisse partir. Confronté avec une certaine ironie à la mort dans un paysage magnifique, sous un soleil radieux, j’offre à la nature le spectacle de mon désastre. Elle me paraît horrible et narquoise en retour mais, moi, je sais bien à quel point je tiens à la vie. Ballotté par le courant, je m’accroche et lutte. Je ne sais guère comment mais je reviens vers le bord. Je respire tout en remarquant que je suis toujours du mauvais côté. J’ai eu très peur quoique je ne m’en sorte qu’avec le mollet qui saigne et quelques ecchymoses. Mes appareils photo sont intacts. Mes chaussures sont toujours bien attachées au sac mais celui-ci pèse maintenant des tonnes. Et il faut recommencer ! Comment vais-je faire ? Et voilà que survient la Providence, sous les traits de Khayam Big. Moustachu, il a un puissant torse de taureau et des jambes musclées de lutteur. Un vrai tank, âgé de 25 ans. Lui aussi veut traverser la rivière mais il en a l’habitude et a plus les qualités pour le faire que moi. J’essore mon maillot et vide un peu d’eau de mon sac. Il le prend sur son dos et nous décidons de traverser. Pour être plus stables, nous nous tenons par la main et, tant bien que mal, nous prenons pied sur l’autre rive. Je me demande comment se débrouillent les enfants et les personnes âgées qui doivent passer ainsi à la fonte des neiges. Bien sûr, c’est leur pays, ils apprennent cela tout jeunes et, bien sûr, ils ont un meilleur équilibre que moi mais, nom de Dieu, comment font-ils ? Khayam Big m’invite à me reposer dans son village, le temps d’un thé. J’étale mes habits, sac de couchage, allumettes et autres affaires mouillées au soleil pour les sécher.
Ma journée de marche – 25 kilomètres – n’est pas épuisante. J’arrive bien avant le coucher du soleil à Sarhad e Wakhan, le dernier village du Wakhan proprement dit. Il est à 200 kilomètres d’Echkachem et à 3 200 mètres d’altitude. Son chef militaire, Hafez Khan, barbe et cheveux châtains, couleur rare chez les adultes, pantalon afghan et veste de combat, est un homme de Massoud. Il est mandaté un peu à la manière d’un préfet chez nous. Son principal travail est de veiller à la sécurité de la frontière avec le Pakistan, mais il règne aussi sur les villageois ismaéliens. Sunnite, il s’est fait aménager un lieu de prière ouvert sur l’extérieur. Les ismaéliens, eux, n’ont pas de “maison de prière” et prient chez eux. Hafez Khan m’héberge et est heureux de m’emmener faire le tour du propriétaire. Il me demande mon avis sur la construction d’un bassin, où afflue une eau chaude à l’odeur soufrée et autour duquel il fait ériger des murs. Ma qualité d’Occidental me confère comme par essence divine le statut d’expert omniscient : médecin, vétérinaire, architecte, ingénieur des ponts et chaussées… Je suis parfois désolé de ne pouvoir honorer la confiance placée en moi. En l’espèce, le regard que je jette sur son ouvrage doit lui paraître approbateur car Hafez Khan me trouve un logement.//p. 470-473

Paula Sulpice, lectrice, le 16 décembre 2014 : « Je viens de terminer le récit de Philippe Valéry. Passionnant, on ressort enrichi d’une telle expérience et surtout très très admiratif de ce qu’a entrepris et mené à bien l’auteur. Les photos illustrent parfaitement le récit ; la sobriété devant de tels lieux et rencontres est formidable. J’ai rarement eu autant de plaisir à dévorer un livre de voyage (je connais un tout petit peu certains des pays traversés, et peux donc juger les descriptions). En deux mots comme en mille : ÉMOUVANT et PASSIONNANT. J’espère qu’il est bien retombé sur ses pieds après une telle aventure, si loin de notre vie… Chaleureuses félicitations pour l’avoir édité. Sincèrement. » Un lecteur, www.amazon.fr, le 16 décembre 2014 : « J’ai un peu voyagé, notamment dans les pays décrits par Philippe Valéry. Son récit est passionnant, bien écrit, ses expériences émouvantes, sans parler de son courage et de sa résistance physique, son enthousiasme et son intérêt pour les personnes, pour tous les individus qui le méritent et appellent l’admiration. Après la lecture de ce récit, on ressort enrichi. J’aimerais que tous les amoureux des voyages lisent ce livre. » Un lecteur, www.amazon.fr, le 20 octobre 2011 : « Ça fait dix ans maintenant que ce livre a été écrit, mais je doute que la vie dans les pays traversés ait beaucoup changé. Par moments, on se croirait au Moyen Âge ! J’ai trouvé ce livre par hasard dans une brocante et me suis régalé. C’est effectivement de la même veine que Tesson ou Poussin. On marche, on escalade, on souffre, on a peur des loups et des factions militaires ; on vit avec les plus pauvres et on entrevoit des populations que j’étais loin d’imaginer. Merveilleux road book, quel bol d’air ! Mais qu’est donc devenu Philippe Valéry ? Comment peut-on se replonger dans la vie occidentale après deux années pareilles ? En tout cas je le remercie de m’avoir fait rêver. » Jacques Girard, lecteur, le 6 décembre 2010 : « Je viens de terminer à l’instant la lecture de votre livre Par les sentiers de la soie, que j’ai lu quasiment d’une traite. La lecture rapide permet de s’imprégner d’un livre et là, côté envoûtement, j’ai été fort imprégné. La première impression qui marque d’entrée, c’est l’extraordinaire performance physique. Faire tous ces kilomètres dans des conditions de confort et d’hygiène succinctes est pour moi un véritable exploit. Marcher dans le froid, en altitude, souvent en ayant faim, est aussi vraiment le signe d’une forme physique exceptionnelle. La deuxième impression a trait à votre force de caractère. Les passages difficiles sont nombreux, dangereux, parfois mal fréquentés, que ce soit par les hommes ou les animaux, et vous avancez toujours, peut-être en regardant derrière, mais vous avancez sur ces petits chemins et souvent au milieu de nulle part. Vraiment : bravo pour votre aventure ! » Lionel Bedin, Un livre dans le sac à dos, Livres du Monde, juin 2010 : « “J’ai fermé la porte de chez moi en France, j’ai descendu les escaliers et j’ai marché jusqu’en Asie.” C’est par l’une des plus belles phrases de la littérature de voyage, à mon avis, que débute le récit de Philippe Valéry : Par les sentiers de la soie, À pied jusqu’en Chine. Le départ est pittoresque : Philippe commence son périple dans le rond central du stade vélodrome de Marseille, un soir de match, le 8 août 1998, devant soixante mille “amis et spectateurs”. Les raisons du voyage : découvrir autrui, aller voir si vraiment les Serbes et les Croates sont des bouchers sanguinaires et les Iraniens les dangereux fondamentalistes qu’on nous montre à la télé. Le moyen : la marche à pied, “la meilleure façon de calquer ma vitesse sur celle des autres et d’observer le monde lentement”. Le tracé : Marseille-Kachgar. Un ordre de grandeur : 500 kilomètres, c’est trois semaines de marche, quatre jours à vélo ou quatre heures d’autoroute en voiture… Sur une longue litanie de villes et de pays : Marseille, Monaco, l’Italie. Slovénie, Croatie, Serbie, Bulgarie. Les loups, les Tziganes, Belgrade. La Turquie, “l’Asie, enfin !”, la Géorgie, le Caucase, l’Arménie, Erevan, 5 000 kilomètres, la moitié du chemin. L’Iran. “Mon décor a beau ne pas avoir changé, je sens bien que je suis entré dans un autre monde.” Le réveillon de l’an 2000 en l’an 1378. La Caspienne, la police. Le Turkménistan, le désert, 40 °C, les dromadaires, la tempête de sable. “Tout me paraît irréel.” Merv, un serpent dans les toilettes, une femme pour 1 000 dollars. Ouzbékistan. Boukhara, “l’un des noms qui me faisaient rêver” et Samarcande. Émerveillements. Et une ligne ininterrompue de 8 000 kilomètres. Tadjikistan. Les montagnes du yeti. Afghanistan. Le Moyen Âge. Des vallées immenses et désertes. Le corridor du Wakhan, le Pamir. À dos de yack. Pakistan. Karakoram. Vers la dernière frontière : la Chine. Au bout du rêve, le 1er octobre 2000 : “Arriver à Kachgar un dimanche est une chance. Je vais aller au marché et n’ai pas à réfléchir à ce qui se passera après mon dernier pas.” Ce récit, agrémenté de photos (l’auteur est également photographe), dresse un état des lieux du monde au passage au troisième millénaire. À Vukovar, si proche, “c’est une chose de voir à la télévision des images de guerre, c’en est une autre que d’avoir les deux pieds dans les décombres et d’enjamber les poutres des maisons démolies.” Un ministre est assassiné en Arménie, les talibans sont à Kaboul ou se battent contre l’Alliance du Nord. On a lu ça dans les journaux, le voyageur le vivra en passant. Mais à côté des personnages médiatisés, beaucoup de gens humbles, courtois, simples, accueillants. Ce sont ces gens que Philippe voulait rencontrer, et leurs histoires qu’il voulait partager, leurs vies quotidiennes. C’est bien ce qu’il a fait. C’est ce qu’il nous relate dans ce lent mais très vivant récit de voyage. “Je ne vais pas gâcher tous ces efforts ni mon plaisir du rêve et de la découverte en regardant passivement défiler le paysage à travers une vitre à 100 à l’heure. Oh que non !” » Un lecteur, www.priceminister.com, le 15 septembre 2009 : « Qui n’a pas rêvé un jour de tout quitter et de vivre une belle aventure face à soi-même ? Ce récit est magnifique de vérité et de sagesse. Riche en photos (la passion de l’auteur). Ce voyage mérite le détour. » Un lecteur, www.alapage.com, le 25 mars 2007 : « L’auteur écrit comme il voyage : sans superflu, avec humanité. Son récit glisse comme de la soie et nous entraîne sur ses pas… » Un lecteur, www.fnac.com, le 23 décembre 2004 : « 10 000 km à pied, ça use ça use… ça use les souliers mais pas le lecteur, qui appréciera le récit fluide de ce voyage escarpé. Car l’auteur sait écrire, et son histoire est à la fois concrète et pleine d’esprit. » Un lecteur, www.fnac.com, le 18 décembre 2002 : « Que du plaisir, une aventure extraordinaire… » Un lecteur, www.fnac.com, le 1er août 2002 : « Ce petit Marseillais a des idées. Ce livre est intéressant et je vous conseille de l’acheter rapidement. » Un lecteur, www.fnac.com, le 18 juin 2002 : « Un récit fabuleux et des photos plus belles les unes que les autres ! À lire au plus vite ou à offrir, un vrai régal. » Un lecteur, www.fnac.com, le 7 juin 2002 : « Un photographe de grand talent doté d’un phrasé de fort bon aloi. À voir absolument ! »

Autres livres & DVD

9782880863548 23,00€ Dernier article disponible
Une œuvre de Bruno Paulet

Mémoires des sables

En Haute-Asie sur la piste d’Ella Maillart et de Peter Fleming
9782361570088 8,00€ Disponible
Une œuvre de David Gille

Âme de la chanson (L’)

Petite esthétique des refrains populaires
9782070711697 7,65€ Dernier article disponible
Une œuvre de Anonyme

Antre aux fantômes des collines de l’Ouest (L’)

Sept contes chinois anciens (XIIe-XIVe siècle)

Suggestion de voyages de Tamera

France Nous contacter

Stage d'alpinisme et ascension encadré par Bernard Muller

_0018_eric-bonnem A partir de 5 jours A partir de 980 €

Réaliser une belle ascension avec un guide hors norme, pour les alpinistes débutants ou confirmés.

Découvrez ce voyage
France Du 16/09/2019 au 21/09/2019

Ascension du mont Blanc par la voie royale avec Bernard Muller

sommet_mont_blanc A partir de 6 jours A partir de 1 890 €

Atteignez le toît de l'Europe occidentale avec Bernard Muller

Découvrez ce voyage
Pakistan Nous contacter

Du Baltoro aux CB de trois 8 000 m par le col du Gondogoro

pakistan-baltoro-k2-gondogoro-laurent-boiveau.4_800x600 A partir de 23 jours A partir de 5 250 €

Un trek mythique avec Laurent Boiveau, expert de l'Himalaya

Découvrez ce voyage
Pakistan Du 03/08/2019 au 18/08/2019

Vallée de Shimshal et Trekking vers le Shimhal Pass (4 735 m)

338_0001_eric-bonnem A partir de 16 jours A partir de 3 940 €

Rencontre d’une population isolée et attachante.

Découvrez ce voyage