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Une œuvre de Brian Mathé Editions Transboréal

Révélation dans la taïga

9782361570774
Prix 10,90 € Disponible EAN : 9782361570774
ISBN : 978-2-36157-077-4
ISSN : 2275-1890

En pleine guerre froide, au cœur de l’été arctique, un jeune homme recruté par l’Intelligence Service quitte la Norvège en traversant la Pasvik à la nage, avant de s’enfoncer dans la taïga russe. Sa mission : récupérer, auprès d’une tribu lapone rebelle, des documents ultraconfidentiels dérobés aux autorités soviétiques. Décidées à l’intercepter, les forces russes attaquent le campement nomade et se lancent à ses trousses et à celles de Yoki, sa nouvelle et mystérieuse compagne d’infortune. S’ensuit une chasse à l’homme à travers les forêts du Grand Nord, où la nature, personnage à part entière, devient la terreur des uns ou bien la complice, voire la main invisible, des autres…

Avant-propos

1. Frontière russo-norvégienne
2. Taïga soviétique
3. Sud de l’Angleterre
4. Laponie soviétique
5. En route pour les monts Elgoras
6. Sur les hauts plateaux
7. Moscou, place Lubianka
8. Vers le sud
9. Le dos à Gualadat
10. Londres
11. Dans les myrtilles
12. Kremlin
13. Retour dans la taïga
14. Londres
15. Au milieu des moraines
16. Londres
17. Dans la tanière
18. Moscou
19. Londres
20. Du fond de la tanière
21. Moscou
22. Nouvelle progression sylvestre
23. La grande vallée
24. Du côté russe
25. Londres
26. Divers visages de la forêt
27. Londres
28. Dans la taïga profonde
29. Severomorsk
30. À faible distance du but
31. Severomorsk
32. Cap à l’ouest
33. Sur la ligne Maréchal-Joukov
34. Londres
35. Dans la taïga
36. Tout au nord
37. Londres
38. Vers le fleuve
39. À bout de course
40. Au Q.G. de Severomorsk
41. Du côté norvégien
42. Sur la Pasvik
43. Un peu partout à l’Ouest
44. Au Q.G. de crise
45. Sur la Pasvik norvégienne
46. Au même Q.G.
47. Sur la Pasvik, encore

Épilogue

Remerciements

Avant-propos//Une contrée comme la Laponie ne peut laisser nos schémas mentaux intacts, aussi était-ce le décor agissant parfait pour évoquer le rapport de l’homme à la nature… Que dis-je ? le rapport de l’homme avec la nature. Et celui aussi des forces qui la détruisent avec celles qui y font obstacle…
Car derrière une ode à la nature arctique et à côté du thriller d’espionnage ayant pour cadre la guerre froide se pose la question de cet affrontement, en apparence prométhéen, entre les écologistes au sens le plus large, alliés des tribus ou sociétés qui restent intimement intégrées à la nature, et une civilisation aux moyens techniques effrayants, symbolisée dans ce livre par le système soviétique, et qui ne pense qu’à exploiter la nature sans vergogne et à l’asservir.

Quels sont les atouts dont chaque camp dispose ? Le sort des armes est-il déjà scellé ? Les idéaux peuvent-ils triompher sans le recours à la force (autre que morale) ? De quelle philosophie peuvent s’entourer ceux qui agissent pour la nature ?

Qui guide la main ? Qui crée le souffle dont l’écriture est la brise ? Qui du vent ou de la flamme, de la bûche ou de la braise fait parler l’âtre, et puis l’être ?

L’écriture, ce guet solitaire et cette veillée d’âme, est mystique avant de devenir cantique. Elle est la quête de la Quête. Pour servir cette dernière, s’il fallait réinventer la chanson de geste, je le tenterais ; s’il fallait créer un genre littéraire inédit – sorte d’écoépopée vassale des forces enchanteresses –, je le ferais.//p. 13-14

Le dos à Gualadat//À la halte, Yoki sourit et dit avec une gentillesse appuyée :
“Avant de se réveiller, mon oncle a vu ce qui allait arriver. Un jour, tu comprendras qu’il est aussi difficile d’échapper au poids de l’avenir qu’à celui du passé… Il savait pour nous tous l’importance de ta mission. Il m’a dit qu’il t’a vu, en transe, se rapprocher de lui et qu’il envisageait de te léguer une partie de ses pouvoirs ; n’aurais-tu pas par hasard ressenti quelque chose de spécial ?
— Si. Quand ton oncle a été abattu, j’ai reçu un choc.
— Les pouvoirs, c’est une boule d’énergie nerveuse ; l’art du chaman, ce n’est d’ailleurs pas tant de l’éveiller que de la maîtriser sans risque.
— Là, tu m’inquiètes vraiment…
— Oui, c’est logique, poursuivit-elle, il n’a transmis ses pouvoirs qu’in extremis. Tu sais, il m’a dit qu’il te donnerait tous les pouvoirs que tu pourrais porter, mais tu n’étais pas capable de porter tous ses pouvoirs, cela t’aurait démoli. Les pouvoirs s’inoculent, initiation après initiation, et plus on a de pouvoirs, plus on souffre du malheur du monde, plus son poids écrase. Sois bon dans l’exercice de ces pouvoirs. N’agis jamais contre une personne en particulier, ni pour toi-même. Le Vieux m’a dit aussi de t’initier aussi loin que je le pourrais. C’est ce que je fais… mais le temps nous manque et je devrai sauter des étapes. Bravo pour l’aigle-guide, c’était un bon début !
— Pourquoi ne t’a-t-il pas confié ses pouvoirs, cela aurait été plus logique ?
— Il faut croire qu’il savait que tu en aurais davantage besoin que moi.”
Et ils rirent de concert.
“Mais un chaman, c’est quoi ? demanda John.
— Sibérienne par ma mère, j’utilise volontiers le terme de ‘chaman’, alors que, dans notre dialecte, nous usons du mot tiettajalmaj – ‘celui qui sait’ – et que, dans le dialecte occidental, on préfère l’appellation noai’de – ‘celui qui voit’. Mon oncle était l’un et l’autre : connaissant et clairvoyant.”
Cela faisait longtemps que l’itinéraire orienté plein sud choisi par Yoki avait rendu inutile la carte emportée par John. N’y tenant plus, il la questionna :
“Où sommes-nous ?
— Nous tournons le dos à Gualadat.
— Gualadat ?
— Oui, excuse-moi, Gualadat, c’est Kola dans notre dialecte.
— Et tu connais ces contrées-ci ?
— Pas du tout. Je suis du Nord-Est, plus orientale que les Saami qui se nomment orientaux. Ma mère vient d’au-delà de la mer Blanche.”
En esprit, il croyait la voir, cette mer laiteuse, clapotant sous l’éclat du couchant, puis recouverte par les glaces en hiver. Tout ce qui venait de Yoki engendrait de la magie à ses yeux.
“Enfin te voilà !” murmura tendrement Yoki. Appuyé sur sa canne de bouleau, il tentait vainement de deviner à qui s’adressait le monologue.
“Tu vois l’or du renard briller sous ton nez ?”
Il lui fallut encore un peu d’application avant de distinguer la clé de l’énigme dans la rutilance des rochers de gneiss : du mica… c’était donc ça, l’or du renard ! Yoki broya quelques fragments et les fit avaler à John au titre de remède souverain des blessures musculaires.
Dans l’anarchie mégalithique des quartzites rouges, le pied demeurait à la merci des instabilités rocheuses et des fissures recouvertes de mousses. Toute hardiesse contenue, les chevilles et malléoles soutenaient de vicieuses contorsions donnant au hors-piste pédestre ses plus belles lettres de noblesse. L’or du renard était vraiment la médication de saison. Mais il n’avait pas encore pu agir, et John commençait à perdre pied dans ces pierriers glaciaires au chaos sans fin.
“Quand marquons-nous une pause ?
— Baena-Gullan ! s’exclama-t-elle. Aussi loin qu’on entend un chien !”
Décidément, cette langue gagnait en saveur ce qu’elle perdait en précision. Elle lui rappela de vagues souvenirs du vieux droit forestier qui usait jadis de l’expression “à l’ouïe de la cognée”. Eh bien “à l’ouïe d’aboiement canin” valait bien 10 kilomètres putatifs qu’il faudrait accomplir sans se plaindre.//p. 80-83

Au milieu des moraines//C’était l’heure de la pause et Yoki, avec une lenteur délibérée, se dénudait. Elle s’étendit sur John et, toute ondulante, fit croître en lui une vibration irrésistible. Il caressait les hanches flexueuses de Yoki, un brin effrayé par la puissance qui émanait du galbe de ses formes. Traversé par cette ondulation, il eut la sensation de survoler la taïga, immensité illuminée par la voie lactée des lacs sans nombre. Il reconnut les premiers fjords norvégiens turquoise jusqu’à leur embranchement à la mer de Barents, bleu marine. Il vit la Tana sillonnée de saumons et parsemée d’îles sur le gravier desquelles reposaient quelques rennes impavides. Il vit enfin les névés du Varangerfjord…
Tandis qu’il voguait ainsi à travers l’espace, la chevelure de Yoki virevoltait d’une épaule à l’autre dans une interminable dénégation érotique, marée fluant et refluant, à l’unisson du plaisir qui la traversait de part en part. Au comble du bonheur, Yoki lui murmura des paroles ciselées dans la tendresse, une musique de mots accordés à son souffle aimanté : “Je suis la taïga et tu es mien ! Je suis la Terre et ton amour pour moi ne cesse de grandir. Quand tu retourneras au monde, les notables te prendront pour l’un des leurs mais toujours tu seras un hors-la-loi, en marge de leurs dogmes. Ils te rejetteront et essaieront de te détruire mais ta vaillance d’aujourd’hui ne faiblira pas. Parfois tu te sentiras impuissant à infléchir l’ordre destructeur. La colère t’habitera. Unis-toi à d’autres conjurés. Vos coups de bélier fissureront les colonnes du temple des Patriarches et il s’effondrera sur lui-même. Mais il te faudra rester juste, au milieu de la mêlée. L’eucharistie contient toutes nos valeurs : arrache le voile qui en dissimule le vrai message. Comme il te faudra combattre ceux qui prétendent servir notre cause sans l’avoir consacrée au fond d’eux-mêmes. Dévoile toutes les impostures par cette vibration qui t’ouvre davantage encore à la vraie vie…”
Le transport des énergies surpasse en fluidité l’énergétique des fluides… Il découvrit en d’autres mots une forme d’amour où le flux d’énergie dégagé est sans commune mesure avec celui des fluides corporels.
Remué par la portée de ces paroles étranges, il amena la poitrine de Yoki contre la sienne. Il sentit son collier en laiton lui labourer le cœur. Elle lui dit encore que la trientale, cette gracile fleur blanche de là-bas que son médaillon représentait, l’aiderait à transformer les blessures en baumes. Elle était son calice et il buvait les saveurs de sa peau. Une nouvelle alliance les illuminait.
Yoki ouvrait la marche. Du pas souple de ses gabmagok, mocassins-bottes en peau de renne, imperméabilisés à l’huile de poisson et au goudron végétal, elle gravissait un nouveau relief, avec la fringance d’un chef de harde. Il aurait tant voulu lui tenir la main pour lui dire encore et encore sa tendre admiration et surtout s’enchaîner à celle qui lui faisait redécouvrir les affres secrètes de l’attachement.
Le sommet qu’ils allaient atteindre dans une trouée était illuminé d’un rai incertain. Ils la traversaient lorsqu’un impact sec, suivi d’un bref gémissement, ratura le silence de la forêt. Presque aussitôt, l’écho de la détonation se répercuta à l’envi dans la vasque des monts avoisinants. Yoki projetée au sol, le front en avant, il comprit instantanément le caractère irrévocable de l’instant. Entre eux s’abattait une neige de duvet, striée de taches écarlates. La balle – explosive, sans aucun doute – avait pulvérisé d’un seul coup le sac à dos, le sac de couchage de John et traversé la poitrine de sa compagne. Lorsque le sniper ajusta ce qu’il croyait être sa seconde balle, il fut surpris de voir disparaître la cible : comme mue par un ressort magique, elle parut se détendre dans la fraction de seconde qui suivit. John savait qu’il fallait plonger totalement, sans calcul. Le murmure hélicoïdal et rageur de la balle le tutoya d’une invective perfide. Abasourdi par le meurtre, meurtri par le sol, il demeura en outre étourdi par l’haleine impatiente du projectile, qu’il sentait encore. Ce vieux réflexe de gardien de but lui avait sauvé la vie. Mais qu’avait-il appris d’autre depuis sa naissance – quelques instants de grâce mis à part – sinon à survivre ?
Passée l’hébétude, une sorte de folie ardente s’empara de lui. Enlaçant le rocher granuleux qui le dissimulait, il lança des insultes désespérées dont les sanglots décousus se perdaient dans l’immensité des lieux. Par une pulsion suicidaire, il faillit se lever pour rejoindre Yoki dans la mort, mais la vue du filet de sang intarissable fécondant la taïga que Yoki incarnait à ses yeux le préserva de tout geste irrémédiable. Il aurait voulu récupérer la trientale de laiton, ce petit bijou que Yoki portait sur la poitrine, mais cette balle mortelle, ajustée sans sommation, portait la marque de consignes implacables. Risquer sa vie pour un bijou le clouerait au sol, parmi les tressaillements oublieux de la forêt. Le meilleur de Yoki, il le portait désormais en lui. La puissance du symbole réside au plus profond du cœur, pas dans l’objet.//p. 102-106

Du fond de la tanière//Le pesant bourdonnement des hélicoptères et des avions de reconnaissance montrait que les Russes ne renonçaient pas. John se sentait affaibli par la tristesse et l’immobilité forcée. Son eau et ses vivres étaient épuisés, et le stress réitéré l’avait marqué : une œsophagite assez douloureuse en était la résultante, que l’absorption d’eau acide n’arrangeait pas.
Assez curieusement, il constata aussi un eczéma aux plis de l’aine qui le handicaperait, surtout s’il devait courir, à cause du frottement sur la peau irritée. La diète menait à l’autolyse des graisses contenues dans l’organisme et au déversement des toxines qu’elles contenaient. Cet afflux soudain ayant débordé le foie, elles s’éliminaient par la peau. Il aurait fallu laver ce suintement odorifère, mais cela lui était impossible.
Les aboiements d’une meute nombreuse indiquaient que la chasse, sinon à cors, tout au moins à cris, avait débuté. Afin d’éviter l’hallali, il s’enduisit encore du jus de plantes sauvages écrasées à même la peau ; les aboiements collectifs montaient de partout, mais n’étaient pas encore d’une pressante actualité. Avec ce charivari canin, qui n’aurait senti croître en lui l’angoisse ?
Il entendait maintenant les cris des hommes, prétendant concurrencer ceux des chiens. Soudain l’on vint : la pierre qui servait de porte avait oscillé. John recula sans bruit dans son diverticule. La pierre avait de nouveau bougé ; il sentait ses illusions, déjà anémiées, se décolorer davantage. La pierre glissa sous le poids d’un intrus qui se rua au fond de la galerie et s’enroula sur lui-même, suivi par un deuxième animal qui chercha la chaleur du premier. À l’extérieur, des grognements épelèrent le message d’un troisième individu qui s’éloigna à l’annonce de la meute. Deux gloutons, mi-ours, mi-blaireaux, et John se jaugeaient avec surprise, mais personne ne bougea, car la même peur les agglutinait. Un adulte avait sans doute caché ses jeunes, tout en essayant d’attirer vers lui la meute. Celle-ci suivait la trace de la famille de gloutons et se dirigea vers la cache. Les chiens étaient follement excités. D’instinct, un des gloutons alla vers le goulot d’entrée, grognant et faisant face aux chiens. La troupe s’amusait en ces contrées où les dérivatifs, les plus insignifiants même, font défaut. L’homme se devait de prouver aux chiens son incomparable supériorité : deux coups de feu tirés à bout portant par l’embrasure pierreuse terrassèrent l’intrépide animal. John prit sans hésiter l’autre glouton contre lui. Le jeune animal, ballotté entre deux inconnues, avait finalement adhéré à ce repli. Il avait trouvé un frère de substitution, assez ours lui aussi pour qu’ils se comprissent. Le raclement sinistre du granit, chuintement d’effraie, offrit une luminosité malvenue. La pierre liminaire fut totalement distraite de sa fonction obturatrice. Le cadavre du glouton fut extrait. La voie vers eux était désormais libre pour les chiens, terriers ou non. Et si un molosse s’encavernait et venait sur lui, que ferait-il ? Tout en répétant mentalement l’estocade qu’il lui porterait de bas en haut dans la gorge, il déclipsa la sangle de son poignard cranté et le fit glisser, millimètre après millimètre, hors de son fourreau. Sa lame, il l’avait aiguisée la veille, plus par désœuvrement que par prescience. Il la savait impardonnablement affilée.
La piétaille dépeçait l’animal et l’on entendait les glapissements baveux des chiens quémandant leur part. Puis la troupe s’égaya, satisfaite, beaucoup de chiens étant déjà aux trousses d’autres gibiers. Il est sans doute surprenant que les chiens n’eussent pas reniflé l’autre glouton, mais tenus à l’écart du dépeçage, obnubilés par leur repas et le flair affaibli par l’odeur du sang évidé sur leurs poils, ils furent bientôt repus et excités par d’autres coulées ou clabaudages. C’est au prix d’une cachette éventée que John dut la vie à un glouton. Il y vit un concours de circonstances hautement favorable, caressant le jeune animal sans imaginer qu’il souffrait de la perte de son alter ego. Lorsque le jeune glouton commença à pleurnicher, il reçut un soufflet paternel sur le museau et se tut non sans un dernier gémissement apeuré.
Une fois de plus, la fragilité s’était révélée un bon bouclier tactique que la brutalité n’avait pu déjouer. Ce n’est pas lui qui allait s’en plaindre, même s’il déplorait l’odeur musquée tenace de son compagnon à poils longs.
Deux heures plus tard, l’ingénieux parent glouton revint chercher sa progéniture ; un grognement inquiet à l’extérieur de la grotte et le miraculé sortit, trop heureux d’échapper à son cerbère barbu. “Puisque la voie est libre pour les gloutons, elle l’est aussi pour moi”, se dit-il. Il se lava à la rivière, se réhydrata et captura quelques myrtilles surnuméraires aux rets de ses mains coloriées, ainsi que les racines comestibles d’un groupe de laiterons. Il fit aussi moisson de sensations. Un brocheton placide, immobile sur les bas-fonds granuleux, lui donna une leçon de mimétisme, laissant apparaître son fuselage effilé au travers des comarets et des parnassies. Juste à côté, un essaim distendu de sizerins flammés se répandit en une turbulente débandade. Tranquilisé, un pouillot boréal poursuivit son inspection silencieuse des ramées.
John, solitaire comme le pouillot, reprit l’immobilité du brochet et sombra répétitivement dans un sommeil de protection qui permettait sans doute d’évacuer tant d’événements perturbants et inquiétants. Traumatisé moralement, il ingéra une dose homéopathique d’Arnica montana, cette espèce de marguerite jaune orangé, du reste fréquente en Arctique.//p. 120-123

Michel Balthasart, Incidences, la lettre de l’environnement, supplément au n° 381 du 29 juin 2015 :
« L’avocat liégeois Alain Lebrun n’est pas seulement ce redoutable spécialiste du droit de l’environnement qui a défendu entre autres, le plus souvent avec succès, les causes difficiles de plusieurs associations environnementales, il est aussi écrivain. Nous vous invitons à découvrir son roman : Révélation dans la taïga, paru en 2014 aux éditions Transboréal. Ce n’est pas du tout un livre ennuyeux, simplement contemplatif. C’est un roman d’action mettant en scène un jeune espion quittant la Norvège à la nage pour s’enfoncer dans la taïga russe. Mission : récupérer auprès d’une tribu lapone des documents ultraconfidentiels dérobés aux autorités russes. Cette trame intéressante d’aventure s’appuie sur une extraordinaire plongée dans les vastes étendues nordiques. Avec le héros, on va “sentir” la taïga, la “palper”, la pénétrer comme si on y était. L’écriture, très travaillée, va donner de la consistance à ce tourbillon de pensées fort attirant que le seul mot de “taïga” provoque. Pas besoin de prendre l’avion des vacances : le voyage est dans les pages. Et il est très agréable. Alain Lebrun sait de quoi il parle. Cinq fois, il a séjourné en Laponie, lui arrivant d’y marcher vingt-quatre heures d’affilée, “tant ses beautés aimantaient ma curiosité, jusqu’au déraisonnable”, les “aménités ornithologiques” de la toundra le ravissant, l’orchidée miel de parfum, la violette à deux fleurs, la dryade à huit pétales aux corolles immaculées et la pyrole norvégienne colorant l’horizon. Qu’on ne s’y trompe pas, encore une fois : Alain Lebrun a su éviter l’écueil des longues descriptions botaniques ennuyeuses. C’est un conte écologique, bien sûr. Mais mâtiné de mouvement et d’action. Une bonne et douce surprise à sucer pendant l’été. »

Patrick Henry, président de l’ordre des barreaux francophones et germanophone de Belgique, La Tribune n° 63, le 3 décembre 2014 :
« Est-ce un roman d’espionnage écrit par un naturaliste ? Ou un récit de voyage écrit par un espion ? Un Bob Morane écolo ou un Pétrarque militant ?
Au-delà de l’histoire (John, un jeune amoureux de la nature, est chargé par les services secrets britanniques d’aller récupérer dans la péninsule de Kola, au nord de l’URSS de Brejnev, tout près de la frontière norvégienne, les plans d’une nouvelle arme fatale. Après les avoir récupérés, il s’enfuit en compagnie de Yoki, une jeune et charmante Saami, avec bientôt toute l’armée russe à ses trousses.), ce qui frappe c’est la fascination d’Alain Lebrun pour la terre-mère. Même avec trois hélicoptères et deux Antonov qui tournent autour de lui, une meute de chiens pisteurs et cinq cents hommes à ses trousses, notre héros reste sous le charme d’une berce-des-prés ou d’un gobe-mouches.
Et puis, il y a ce cri d’amour pour la Terre, cette profession de foi paganiste, cette dénonciation de la violence des religions du Livre, de tous les machismes. “Ressentir la flétrissure de la violence, c’est s’en vacciner ; pressentir la beauté, c’est la refléter”, dit Yoki. Si cela pouvait être vrai…
Il y aura encore beaucoup de Saami massacrés, beaucoup de taïgas défrichées, avant que l’homme comprenne qu’il n’est qu’un usufruitier de la terre et de l’air. Mais, si un jour il y parvient, ce sera grâce à des hommes (et femmes) comme Alain Lebrun. »

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