ChercherRecherche avancée Panier (0)

LA LIBRAIRIE EN LIGNE DU VOYAGE D'AVENTURE


Découvrez plus de 5 000 livres et DVD d'aventure
Revenir au résultats
Une œuvre de Christophe Houdaille Editions Transboréal

Sans escale

Un tour du monde en solitaire à la voile
9782361570248
Prix 20,90 € Disponible EAN : 9782361570248
ISBN : 978-2-36157-024-8
ISSN : 1633-9916

Affronter la mer, et l’affronter seul : tel est le défi que Christophe Houdaille a relevé lors d’une circumnavigation de 28 000 milles par les furieuses latitudes australes. Après avoir appareillé des Malouines sur Saturnin, son fidèle cotre de 11 mètres, le navigateur connaît les houles du Grand Sud, les bords tirés pour doubler les trois grands caps – Bonne-Espérance, Leeuwin, Horn –, le renoncement aux îles laissées dans son sillage. Pendant huit mois, il fait l’expérience des veilles et du point aux étoiles, de la beauté du ciel et des aubes océaniques, du pont balayé par les embruns et de la cabine chahutée par les vagues. Il éprouve la solitude, mais goûte aussi la compagnie des oiseaux et des dauphins, la joie de se sentir libre et de mener à bien la plus formidable des aventures : sans escale, pour mieux communier avec le monde.

Avant-propos
Prologue

I. Le bleu de l’océan Atlantique
1. La rupture
2. Prémices
3. Vers les tropiques
4. Sérénité

II. Les brises de l’océan Indien
5. Le cap de Bonne-Espérance
6. Dans les houles
7. Un Noël austral
8. Symphonie pour hautes latitudes

III. L’immensité de l’océan Pacifique
9. À travers la brume
10. Une longue approche
11. Deux fois cap-hornier

IV. Le retour
12. Échapper aux mers du Sud
13. Petites bordées
14. Par l’Atlantique Nord
15. Ultime sillage

Épilogue
Postface

Positions

Le long voyage//Larguer les amarres pour un voyage maritime. Le plus long de tous. Passer de la vie d’escale au recueillement qu’est l’aventure en mer. Ce n’est pas la première fois que je réponds à l’appel du large, et sans doute pas la dernière. Mais pourquoi donc faut-il toujours partir ? Partir pour le Nord, pour le Sud, pour les îles Subantarctiques… Combien de fois encore devrais-je appareiller pour ailleurs ? Ou pour nulle part. Car d’une manière absurde, le départ d’aujourd’hui est dépourvu de destination : il n’a pour but ni une île rêvée, ni un pays à découvrir. Encore moins la réalisation d’un exploit ou d’une première. Son seul objectif est de vivre de long mois en mer, dans la contemplation du grand large. Le voyage de l’absurde ? J’en ai pourtant tellement rêvé de ce périple autour du monde, de cette quête sublime que seuls les mois de solitude en mer peuvent offrir ! Elle s’est tant fait attendre, cette démarche ascétique ! Que vais-je trouver au tréfonds des houles, dans les replis d’une vie menée au tempo de la respiration océane ?
Ma plus longue traversée en solitaire a duré sept semaines, et ma plus longue période d’isolement total six mois. Le cap Horn, je l’ai déjà franchi. Que chercher d’autre ? Ce nouveau voyage s’inscrit dans la durée et la solitude absolue. Ce seront là le ciment de l’aventure. Qu’attendre d’un tel défi ? Accomplir ce vieux rêve, c’est aller au-devant d’une immense déception si le voyage n’est pas vécu pleinement. C’est aussi risquer des bouleversements aux retentissements imprévisibles. Qui serai-je une fois arrivé de l’autre côté des océans ? Saurai-je vivre l’aventure pour elle-même, sans me laisser distraire par les contraintes quotidiennes ? Je veux revenir différent, changé.//p. 23

Robinson de Trindade ?//Passer au large de cette île est comme un hymne à la vie dans les mers australes : cap au sud !
Le soleil a le goût des mises en scène grandioses. L’île, masse noire de roches tourmentées, émerge des flots sur fond d’aube, tandis que le ciel vire du bleu profond à l’orange en un dégradé imperceptible. Toute la nuit, Saturnin, immobilisé par le calme, a roulé sur les vagues. L’île, à peine discernable sur l’horizon de la nuit, fantôme jouant à cache-cache avec le reste de houle, a meublé mes pensées nocturnes. Une borne sur la route de mon tour du monde, comme un grand cap à franchir ! Adieu tourmente et embruns glacés ; exit les mains endolories à force de manipuler le rêche tissu des voiles ; parties les nuits d’angoisse à veiller dans la tempête : cette première étape, je la boucle dans la douceur et, plutôt que de me rebeller contre le calme, me laisse envoûter par le spectacle marin. Quel privilège de regarder se lever cette aube d’un bout à l’autre, depuis le moment toujours froid au cours duquel la nuit cède lentement place à la lumière, jusqu’à l’émergence d’un soleil flamboyant ! Sur la toile de fond de l’incendie, l’île se dessine en mystère de ténèbres. La pointe nord-ouest de Trindade évoque une scène d’apocalypse. Toute la roche transpire de sa lutte contre les flots agressifs. De profondes fissures entaillent les falaises en d’immenses cicatrices. Sentinelles isolées à la merci de leurs ennemis, les massives tours de roches défient l’érosion de la mer avant de finir en aiguille de basalte bafouant les lois de l’équilibre. Quelle fin sublime cela doit être que de s’écrouler dans l’océan en faisant jaillir l’écume argentée ! Par-delà les pentes, derrière les pics acérés, un plateau sommital reçoit des arbres dans la fraîcheur de l’altitude.
Je longe la côte nord-est dont les pentes accueillantes abritent un village, lieu de villégiature de l’armée brésilienne. Y a-t-il en ce moment une présence humaine sur l’île ? Je n’en sais rien et cela n’a pas d’importance car, de toute manière, je ne m’arrêterai pas. Alors pourquoi approcher si près de la côte, pourquoi scruter aux jumelles les bâtiments à la recherche d’un signe de vie ? J’ai besoin de savoir si le village est habité, je l’espère même. Peut-être pour que d’autres humains soient les témoins involontaires du premier tournant de mon aventure, peut-être pour m’assurer que les hommes existent encore hors de mon monde maritime, ou bien pour participer au ballet du monde et offrir à d’autres la vision poétique de voiles blanches se jouant des risées à portée du rivage. Aucune présence n’anime le village tandis que je longe la plage en fin de matinée. Des yeux, je dévore les pentes aux couleurs changeantes, alternance de verts tendres ou profonds, d’ocres et de jaunes sur le fond noir des roches volcaniques. Cette fête des couleurs sous le soleil tropical me revigore après trois semaines et demie de mer. Vaguement, inconsciemment, je m’imagine Robinson de Trindade, parcourant mon domaine en maître absolu. J’imagine, je rêve, à la fois déçu d’avoir trouvé le lieu déserté et soulagé de n’avoir pas écorché ma solitude… jusqu’à ce que l’île disparaisse derrière l’horizon.//p. 58-59

Avec les pétrels//La vie n’a pas disparu pour autant. Nageant à coups énergiques de leurs petites pattes, les pétrels approchent. Je les compte : une quarantaine en tout. Tout doucement, timidement, ils s’approchent. À une vingtaine de mètres du voilier, ils s’arrêtent. J’essaie de les ignorer. C’est que j’ai des choses plus importantes à faire, comme lire ou construire une maquette. Mais il est difficile d’ignorer des visiteurs si désirés ! Trois oiseaux se séparent du groupe et s’approchent encore. Je ne peux pas ne pas les voir. Les minutes passent, les heures peut-être. Qu’importe ? Les trois pétrels sont là, à portée d’aile. Ils n’ont pas pu connaître Moitessier, et pourtant ils me font le même coup : charmer un humain un jour de calme plat. Me voilà en train de leur émietter du pain, de leur lancer des raisins secs et des morceaux de sardine. Ils plongent la tête sous l’eau mais ne mangent rien. Ils n’ont pas faim, ou bien ce que je leur propose ne leur convient pas. Bernard les avait bien nourris, lui. Peut-être sont-ils tout simplement curieux aujourd’hui. Poussant leur tête en avant ils crient, ce couinement de machine à coudre mal huilée qui les a fait surnommer shoemakers – “cordonniers” – par les Anglais.
Allongé sur le pont, je les regarde. J’ai laissé tomber mes projets de lecture et de bricolage, et tous les autres à venir. Je me laisse apprivoiser. Peut-être ces oiseaux croient-ils que je suis moi-même un genre de gros volatile. Nous nous regardons, et seules les pulsations de la houle rythment le défilement du temps. Quelque chose d’important se prépare. Cette mise en scène, la mer qui retrouve son bleu, la vraie nuit de sommeil, le vent qui faiblit jusqu’à s’évanouir, tout cela, s’il est le fruit du hasard, laisse présager un événement de premier ordre. Non pas du mauvais temps, ou un accident. Non pas quelque chose de matériel. Je pense plutôt à une anecdote que le filtre du temps replacera à sa juste valeur dans mon existence.
Comment vis-tu oiseau ? Sur le même océan, nous menons la même vie d’errance ; aujourd’hui, le calme t’empêche de voler, et moi de naviguer, nous réunissant malgré l’immensité de l’océan. Quelle est la différence entre toi et moi ? Nous sommes deux êtres vivants, mus par la même curiosité. Car il y a de la curiosité chez mon pétrel ; d’ailleurs, il approche encore. Nos regards se croisent. Mieux, ils sont plongés l’un dans l’autre, au plus profond de nos êtres, fouillant nos vies, peut-être en quête d’une âme sœur. Lui aussi a sa vie, ses joies, ses peines, ses pensées, ses désirs, ses regrets. Il doit être content de m’observer depuis si longtemps, sinon pourquoi resterait-il ? On n’imagine pas ce qu’on peut échanger par le regard avec un oiseau. Le pétrel et moi demeurons silencieux. À quoi bon de vaines paroles, alors que nous nous disons tant de choses avec les yeux ? Des choses vraies, des choses sur l’égalité des espèces. Je ne veux pas refaire l’erreur commise avec la dorade. Je n’ai pas envie de lui prendre sa vie pour le manger, ni le perturber ou le provoquer, encore moins lui faire peur pour me prouver que je suis le plus fort. En vérité, le plus fort de nous deux, c’est lui. Le pétrel vit dans ce milieu mouvant sans aucun artifice, conforme à sa nature, tandis que je ne me maintiens sur la mer depuis si longtemps que grâce à mon bateau.//p. 88-90

Coup de vent nocturne//Alors que le jour pâlit, le vent, lui, ne cède pas. À la barre intérieure, j’aide Saturnin à franchir les vagues les plus difficiles. Il me semblerait logique que la tempête s’essouffle avec la tombée du jour. J’ai tellement sommeil ! Mais la mer n’a que faire de mes désirs et de mes souffrances. La luminosité des déferlantes s’élève haut dans le ciel, lançant un défi aux étoiles pâlottes. Participant au ballet des fantômes, les nuages roulent dans un ciel d’encre.
Mes yeux se ferment, mes muscles se crispent. Qu’est-ce que j’ai sommeil ! Depuis combien de temps n’ai-je pas vraiment dormi ? Dormi sans avoir à sortir sur le pont pour une manœuvre, sans rester inconsciemment attentif aux signes du changement de temps ? Je regarde sans cesse en arrière pour évaluer la taille des vagues qui nous rattrapent afin de les négocier au mieux. Souvent, incapable de discerner les courbes ennemies, je laisse mon fidèle voilier parer lui-même les assauts. Barrant l’horizon, un nuage approche, s’élève à une vitesse impressionnante, et soudain masque les étoiles. La poupe se soulève et n’en finit pas de monter. Car il ne s’agit pas d’un nuage, mais d’une houle monstrueuse, aux lignes si pure qu’aucun détail, écume ou crête secondaire, n’a pu me révéler son attaque.
Vertige. Fatigue. Yeux qui brûlent. Pourtant il faut barrer, négocier, redresser. Je pique du nez ; je réalise un laçage entre deux mains courantes afin de ne pas tomber en avant. S’attacher au siège de veille : je n’en étais jamais arrivé à cette extrémité. Lorsque le combat ne suffit plus à me tenir éveillé, je chante, me donne des claques. Des claques qui font mal, me brûlent les joues. Ou bien je compte en hurlant.
La peur, la peur à l’état pur.
L’espoir du sommeil et d’une couchette accueillante s’est envolé. Il n’y aura pas de futur. La peur me vide les veines. Là, juste derrière moi, un mur sombre se dresse, frangé par la phosphorescence du déferlement. Le monstre liquide aux dents brillantes se rapproche, domine Saturnin ; il va m’engloutir. Je suis si horrifié que l’angoisse qui m’étreint semble durer une éternité. Des flashes fulgurants transpercent mon cerveau, des images de désastre, d’épave rouge flottant sur la mer. La probabilité d’une telle vague, mur vertical qui déferle sur plusieurs mètres, une dizaine peut-être, est faible mais elle existe. Je vois Saturnin balayé, détruit, broyé. À quoi bon une coque d’acier devant autant de violence ?
Comment ai-je le temps de penser à tout cela ? Mes dernières secondes s’écoulent au ralenti, interminables, incompréhensibles. J’ai les yeux rivés sur la mort qui me poursuit, et mon cœur se soulève d’horreur. Alors je ris, un rire nerveux devant tant d’absurdité. Ce n’est pas une vague qui me domine, mais un nuage. Un nuage ! Je ris nerveusement, tremblant encore, car mon effroi imaginaire me rappelle que de telles lames existent dans ces parages.
Minute après minute, vague après vague, heure après heure, la nuit s’écoule. L’aube dévoile un spectacle hallucinant. Ce ne sont plus des collines mais des montagnes liquides qui se lèvent autour de moi. Du fond des creux, la fluidité mouvante domine alentour. L’écume renaissant sans cesse zèbre la profondeur de la mer de longues traînées d’argent. Lorsque le vent cède un peu, je renvoie la trinquette arisée. La vitesse augmente et le roulis est moins violent. Les déferlantes s’espacent et je grappille quelques heures de sommeil. Au soir, le baromètre descend à nouveau. Une jeune houle de nord-ouest croise la mer existante et la pluie martèle le pont. Saturnin trottine sous voilure réduite, tourmentin et trinquette au ris. Même le troisième ris de la grand-voile serait de trop. Les vagues fabriquent de formidables paquets d’écume qui courent le long de la carène mais ne présentent pas un gros danger. Allongé sur le matelas, j’écoute les bruits de la tempête, bondissant de temps à autre sur la roue pour corriger le cap.//p. 135-137

Benoît Albert, www.babelio.com, le 2 décembre 2016 :
« Ici, on est loin de ces hommes surmédiatisés qui arpentent les mers du monde sur le Vendée Globe ou sur la Route du Rhum. Ici, avec Christophe Houdaille, on est dans un océan d’humilité, de solitude absolue et d’osmose totale avec les éléments de la nature. Cet homme est bien quand il est éloigné des turpitudes de ce monde, dans ces îles Australes que personne ne connaît (Crozet, Géorgie du Sud…) ou au milieu de vagues assassines du côté des Quarantièmes rugissants.
Dans ce périple
Sans escale, Christophe part, seul, huit mois pour une circumnavigation. Pas de fête en grande pompe au départ de Saint-Malo ou des Sables-d’Olonne, pas de sponsor, pas de radio pour discuter avec le reste de la planète, et pas de bateau high-tech pour battre un quelconque record.
Son idée, c’est partir, sans forcément une idée de retour. Son bateau,
Saturnin, minutieusement préparé pour cette aventure, est paré pour affronter les affres du climat. Et dans ce livre, on est avec lui pour sentir la brise, puis le vent, la tempête, les vagues qui ressemblent à des murs insurmontables. Et Christophe vit toutes les phases émotionnelles depuis la résignation (parfois), jusqu’à l’extase en passant par l’angoisse et la peur, des sensations qui lui semblent incontournables dans ce périple où l’on ne peut pas s’accrocher à un ponton ou à une côte toute proche. Qu’on soit marin ou pas, on se laisse facilement embarquer dans cette aventure (car il faut se laisser embarquer) dans un monde hors du temps, une planète qui ressemble en rien au monde des hommes. »

Stéphanie Morelli, www.lille.sortir.eu, août 2011 :
« Christophe Houdaille a croisé des dauphins, des baleines, des albatros… Huit mois, seul en mer, Sans escale. Un tour du monde par le Sud, au début des années 1990, entre le cap Horn, le cap de Bonne-Espérance et le cap Leeuwin, des Malouines à Pornichet, sans jamais toucher terre. Un rappel de la beauté de la nature, de notre monde à préserver. Formidable ! »

Autres livres & DVD

Voyages de Tamera

Tadjikistan Nous contacter

En piste pour le Pamir

1451_0001_eric-bonnem A partir de 12 jours A partir de 2 750 €

Une approche du Pamir sans randonnée.

Découvrez ce voyage
France Du 05/06/2022 au 25/06/2022

Grand tour du Vercors accompagné par Barbara Delière

tam02030_test-1 A partir de 21 jours A partir de 2 950 €

Un Vercors secret que peu connaissent

Découvrez ce voyage
Maroc Nous contacter

Randonnée chamelière dans la vallée du Drâa

677_0001_eric-bonnem A partir de 8 jours A partir de 830 €

Une immersion nomade entre dunes, oasis et villages

Découvrez ce voyage
Égypte Du 30/10/2021 au 09/11/2021

Randonnées et felouque sur le Nil, visites du Caire et d'Abou Simbel

108_0001_Eric-Bonnem A partir de 11 jours A partir de 2 550 €

Sur le Nil, un voyage mythique dans l'Histoire

Découvrez ce voyage