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Une œuvre de Arnaud Chicurel Editions Transboréal

Sinaï

Visions de plongeurs en mer Rouge
9782913955219
Prix 32,00 € Disponible EAN : 9782913955219
ISBN : 2-913955-21-5
ISSN : 1631-9486

De plongée en plongée, d’excursion à dromadaire en randonnée pédestre, Arnaud Chicurel et Laurence Lagny nous font partager leur fascination pour le monde coloré des fonds coralliens de la mer Rouge, la vie simple des Bédouins isolés de la chaîne sinaïtique et ses hauts lieux comme le monastère de Sainte-Catherine. Toiser le regard de la murène, observer le poisson-perroquet et les rascasses volantes, débusquer des nudibranches dans les gorgones, danser avec les carangues ou camper sous les étoiles du désert, autant d’expériences qu’ils ont rapportées de leur mer et de leur terre promises.

1. Le littoral
L’histoire contemporaine du Sinaï
Développement touristique et préservation de la nature
Une halte pour les cigognes en migration
Les mangroves

2. Les récifs coralliens
Spécificités de la mer Rouge
Les récifs coralliens
Les bancs de poissons
Le language des couleurs
Des couples illégitimes
Écholocalisation : le sixième sens des odontocètes.
Origine et évolution de la mer Rouge

3. Le désert
A-t-on retrouvé le mont Sinaï
Les Bédouins.
Les inscriptions protosinaïtiques et la naissance de l’alphabet.
Géologie

Les récifs coralliens//Rares dans la région, petits et indolents, les requins ne nous avaient ni fascinés ni effrayés. C’est donc sans état d’âme que nous plongeons sur le site au nom galvaudé de “récifs des requins”. L’itinéraire est jalonné de bancs compacts de barracudas, fendant l’eau d’un trait, qui ressemblent à des faisceaux de sabres brillant au soleil. Un groupe se tient à l’écart du récif ; des reflets argentés miroitent par intermittence, les corps effilés fusent de toutes parts. Une masse noire, celle d’un requin long de trois mètres, tournoie. L’ombre de la mort était dissimulée dans le banc, d’où son agitation. Il voyage ainsi, avec son garde-manger, et l’heure semble être au repas. L’animal ressemble à un requin soyeux, l’une des vingt-neuf espèces recensées en mer Rouge ; seule une photo prise au plus près aiderait à s’en assurer, mais l’affaire est risquée. Je m’avance donc, la respiration courte, et braque l’appareil vers le squale. Immédiatement il charge, la gueule béante, non pas le fautif mais Laurence. La course-poursuite sera brève, le requin se contentant de libérer son terrain de chasse. Le fauve exécute des rotations serrées, des accélérations subites, des basculements, sans mouvements parasites. Ses nageoires pectorales sont fixes et déployées en permanence ; elles font office de stabilisateurs. Quelle puissance, quelle grâce ! Le requin est bien le lion des mers, mais comment aurait réagi le roi de la savane si nous nous étions interposés entre lui et l’antilope convoitée ? Les requins commencent à nous fasciner.//p. 86

Le littoral//Au Sinaï, presque tous les chemins mènent à la mer ! C’est donc en confiance que nous pénétrons dans une gorge inconnue de notre guide et qui ne figure guère sur nos cartes. Nous devrions atteindre en quelques heures de marche Abou-Galoum, sur la côte du golfe d’Aqaba. C’était sans compter avec le terrain très accidenté pour le dromadaire, la distance rallongée par les nombreux méandres, l’absence de vent et la chaleur réfléchie par les parois rapprochées qui transforment ce défilé en un étau thermique. Ses mâchoires se resserrent un peu plus sur nous à mesure que nos réserves d’eau s’épuisent. Une chaîne de montagnes aux contours flous se profile au fond de l’échancrure. Nous espérons vivement être face aux contreforts de l’Arabie, de l’autre côté du golfe. Peu après, le sol s’infléchit soudainement vers le bas, un triangle bleu apparaît. La mer ! L’écho répercute nos cris de victoire dans toute la vallée. La théâtralité du décor final fait oublier l’angoisse des instants précédents : le rideau de brume de la rive opposée se lève dans le ciel crépusculaire, et le feston turquoise du littoral s’évase au niveau de la lagune d’Abou-Galoum. Comme le nom de mer Rouge paraît incongru ! La prolifération cyclique d’une minuscule algue vermillon en serait l’origine. Ce phénomène est cependant très rare. La probabilité que nous soyons présents le jour où il se reproduira est tout aussi faible que celle de voir, l’hiver, des cimes enneigées depuis la côte.//p. 20-21

Les récifs coralliens//Nous avançons pas à pas, inspectant à la lampe chaque roche avant d’y poser le pied, car la créature est tapie là, invisible. De jour, elle s’absente et revient sitôt le soleil couché. Toutes nos plongées de nuit débutent par ce rituel. L’eau atteint la taille à présent, nous pouvons flotter, enfiler nos palmes et exprimer un soulagement. Bien plus redoutables que les crocs du requin, la bave de la murène ou l’aiguillon de la raie, sont les épines venimeuses des nageoires du poisson-pierre. Celui qui les presse peut passer rapidement de vie à trépas. Il n’est aucun prédateur, hormis de gros squales à l’estomac d’airain, pour oser l’importuner. Ses victimes sont bernées : il ne se remarque guère, même dans le sable, car il s’y enfouit. Qui veut apprendre à le distinguer doit s’en remettre à l’œil exercé d’un plongeur et connaître ses sosies, tel le poisson-scorpion diable, aux pectorales plus saillantes et à l’abdomen moins trapu. Nous rencontrons bientôt le poisson-pierre, trahi par ses petits yeux noirs et ses lèvres en croissant. Son faciès est monstrueux, son corps informe, sa peau scrofuleuse. Les déplacements gauches et l’expression triste de ces poissons nous attendrissent pourtant. Une petite rascasse volante, attirée par la lumière, s’en approche. Nous éteignons nos lampes pour épargner l’étourdie. Le bloc inanimé pourrait se détendre à la vitesse de l’éclair et happer la proie facile. Il n’en ferait qu’une bouchée, sa gueule large et protractile lui permettant d’avaler des animaux presque aussi gros que lui.
Face à la faune sauvage, la prudence est de mise. Nous l’avons bien compris le jour où nous voulûmes saisir l’image en gros plan d’une murène géante. L’espèce abonde en mer Rouge, où les plus gros spécimens dépassent deux mètres de long et pèsent plus de cinquante kilos. La dentition est certes impressionnante, mais l’agressivité n’est pas le signe particulier des murènes. Elles cristallisent néanmoins répulsions et mythes défavorables, en raison vraisemblablement de leur ligne serpentine et d’une tendance à ne laisser émerger que leur tête des coraux, telles les sentinelles d’un réseau de galeries secrètes. Le sujet que nous convoitions pour notre collection de portraits était nerveux, sans doute à cause du comportement indélicat d’une palanquée dont nous distinguions les bulles dans le lointain. Des plongeurs inconscients caressent les murènes géantes, dont le sens de la vue est peu développé, pour braver le danger ou exorciser la crainte, sans se douter qu’ils portent atteinte au mucus dermique protecteur ou qu’une maladresse peut provoquer une morsure. La plaie sera alors profonde et s’infectera dans bien des cas. L’animal nous sauta à la gorge, la gueule béante. Nous ne dûmes peut-être la vie sauve qu’à l’appareil photo mis en barrage, suivi d’un réflexe de fuite. Un gant de velours, en l’occurrence un récif corallien chatoyant, peut cacher une main de fer. Gardons-nous de bouleverser l’ordre écologique et restons sagement à notre place, celle d’intrus dans le monde sous-marin !//p. 74-77

Le désert//Le Sinaï n’est pas “le désert des déserts”. Il nous arrive fréquemment de provoquer l’envolée de pigeons au-devant de nos pas, d’entendre roucouler les tourterelles, de suivre les traces d’un scarabée sur les dunes, de dénombrer des sauterelles sur une branche. Beaucoup d’animaux vivent néanmoins cachés. Sous une plante desséchée s’enfouit une redoutable vipère de la couleur du sable ; au fond de leurs terriers, renards et rongeurs se protègent des ardeurs du soleil ; dans certaines plaines, la gazelle, longtemps chassée par l’homme, a trouvé refuge et, sur les plus hautes cimes, le mythique léopard poursuivrait encore des bouquetins aux longues cornes recourbées. La végétation, qu’elle soit arbustive ou broussailleuse, est souvent omniprésente. Aux quelques pluies hivernales modérées succèdent de courtes périodes de floraison. Roches et fleurs conjuguent alors leurs couleurs vives. Souvent nous cheminons dans des vallées d’abondance au sol pavoisé de coloquintes. Elles ne sont guère comestibles, même les dromadaires voraces les dédaignent ; les Bédouins en font cependant usage dans la médecine traditionnelle, contre les rhumatismes notamment. Parfois aussi nos yeux discernent des baies cuivrées dans les buissons. Elles ploient sous la brise, sont charnues à en rompre leur peau et dodues comme des figues. Insipides au premier abord, elles déposent une pellicule abrasive sur les muqueuses. Il s’agit en effet de fruits apparentés aux graines de moutarde !//p. 112-113

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