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Une œuvre de David Lefèvre Editions Transboréal

Solitudes australes

Chronique de la cabane retrouvée
9782361570392
Prix 18,90 € Disponible EAN : 9782361570392
ISBN : 978-2-36157-039-2
ISSN : 1633-9916

Lorsque David Lefèvre se retire seul dans une cabane au cœur de l’île de Chiloé, au Chili, son projet est simple : vivre une existence frugale et authentique, en harmonie avec les éléments. Au fil des saisons, il s’ancre entre lac et forêt, travaille la terre et retrouve le goût des tâches manuelles, de la pêche à la cueillette en passant par la charpenterie. Entre deux corvées de bois, le voyageur devenu sédentaire s’interroge sur son rapport au monde. Et si le bonheur consistait à se contenter de l’essentiel, en marge de la société consumériste ? La beauté et l’intensité de la vie sauvage deviennent une source inépuisable d’émerveillement. Le temps qui s’égrène, plus dense, consacre chaque geste, et de la solitude jaillit une ivresse qui demeure. Le récit de cette expérience, dans la pure tradition du nature-writing, est à la fois un hymne au Grand Dehors et une envoûtante méditation intérieure.

1. Septembre

2. Octobre

3. Novembre

4. Décembre

5. Janvier

6. Février

7. Mars

8. Avril

Septembre//Il est des lieux où l’on arrive comme dans un songe retrouvé. Non pas un rêve illuminé ou un eldorado de verts cocotiers mais un décor, un vrai, même triste à mourir, même sombre et inhospitalier. Un cadre de retraite ou d’errance que l’on avait secrètement attendu, et qui se révèle conforme à l’estampe mentale que l’esprit avait tissée en secret. La cabane était l’un de ces lieux. J’abordai un monde neuf. Conduit par la nécessité d’une renaissance, j’allais délaisser un temps le voisinage des vivants, espérant voler à l’île un reste d’authenticité. Ce n’était plus le simple amour du grand air qui me guidait, mais le désir d’une profonde immersion dans un endroit où retrouver la vie simple goûtée sur le bord des chemins. J’étais pareil à tant d’autres anonymes qui, avant moi, sans laisser de traces, s’étaient mis en éclipse.
Mon avenir m’attendait au pied d’un de ces versants verdoyants, à deux pas du tepual – forêt humide plus infranchissable que herses de barbelés – qui s’étend sur des kilomètres jusqu’aux confins de l’île. Et cet avenir pouvait demeurer aussi vaste qu’un horizon en pleine mer.//p. 13

Octobre//Mes premières promenades jusqu’à l’océan étaient tissées de minuscules rencontres. Je ne sais pas si c’était l’effet de mon isolement, mais à Cucao chacun à sa manière semblait vivre esseulé. Les habitants paraissaient se saluer de loin, se visiter peu. Je me disais que les îles ont leurs propres codes et qu’il faudrait un temps pour que l’expérience m’enseigne les clés particulières à celle-ci. Ainsi sont les insulaires. Toujours dans l’ombre des continents, s’exprimant dans un autre langage, l’âme trempée dans un autre bois, leurs cultures empruntant d’autres postures. Puis, le moment venu, les jours et les heures ont pris toute leur place. Mes sorties au-dehors n’avaient pas à être nombreuses : ma présence était repérée. Dans les esprits, j’étais fiché. Les langues se sont déliées et, à mesure que s’allongeait mon séjour, mon statut de simple passant s’est changé en résidant. J’étais devenu quelqu’un du coin. Les gens s’intéressent toujours à celui qui montre une envie de rester, qui pose des questions. Parce qu’ils aiment satisfaire cette sorte de curiosité, parce qu’ils ont senti qu’il s’attarde pour autre chose. C’est alors que des visages s’ouvrent, qu’on aurait cru à tort froids comme la glace. Puis, un jour, on est adopté.
Souvent, je croisai le même cavalier dressé sur une jument pie. De longues traînes de cochayuyo – une laminaire comestible semblable à une lanière de cuir – étaient amoncelées sur la croupe de sa monture. L’homme semblait occupé à une espèce de soliloque intérieur, et j’hésitai à interrompre sa route. Il avait belle allure en dépit de son air renfrogné qui se repérait de loin et ne variait pas d’un pouce à mon approche. L’heure n’était pas arrivée d’engager la conversation. Ce n’était pas l’envie qui m’en manquait mais il faut savoir laisser à leur royaume les cavaliers taciturnes. Exit donc l’homme à la belle pouliche, c’est ce que je m’étais dit. Puis un jour, il a stoppé à ma hauteur et m’a questionné : “Ça fait pas mal de temps que tu es perdu dans le coin ?” J’ai avoué que le coin était plutôt vaste et qu’il y avait de quoi s’éterniser pour peu qu’on soit riche de son temps. J’ai découvert l’homme. Son visage bruni, son regard attentif, et l’air un brin roublard qu’il dissimulait derrière cette froide apparence. Je venais de passer une épreuve. Il a mis sa jument à l’attache et m’a proposé de l’accompagner. Nous avons marché, j’ai suivi son pas alerte, sa démarche légèrement chaloupée. De temps à autre, il s’écartait, se penchait sur un rocher et ajoutait une algue au millefeuille qu’il superposait sur son épaule.
Mes rencontres avec lui se sont multipliées. Si ce n’était pas dans les environs de Chanquín, c’était près de la pointe baptisée Pirulil, dans le secteur ou les derniers chercheurs d’or ont installé leurs chevalets et leurs trémies, que je le retrouvais. Je reconnaissais l’empreinte des sabots qui tassaient le sable comme à l’emporte-pièce. Au loin, dans le bandeau de vapeur, se dessinait tôt ou tard une silhouette équestre de la taille d’une allumette aux contours étirés. Nous faisions un nouveau bout de chemin ensemble. Nous échangions quelques mots.
Puis un jour, j’ai été invité. C’était une petite maison basse de plafond qui avait pourtant été plusieurs fois agrandie. Des bûches de tepu étaient soigneusement empilées sous l’avant-toit. Le poêle ronflait, sa chaleur rougissait les oreilles. J’ai donc fait la connaissance de doña Carmen, la femme de don Gustavo. Des pommettes écarlates, de beaux yeux bleus dans un visage rond.
J’ai le sentiment que c’était il y a des années. À chaque nouvelle visite, on dirait que la bande a précédé mon arrivée. L’accueil est maternel, dame Carmen est aux petits soins. Sa disponibilité est toujours la même. Qu’il ait plu, et il faut d’urgence suspendre vestes et bonnets au-dessus de la plaque en fonte. Elle me fait alors asseoir sur la banquette poussée contre le mur. Elle pose devant moi un pain chaud emmailloté dans un torchon, belle miche ronde qui emplit la pièce de son odeur. Elle apporte ensuite une petite assiette et une coupelle de beurre dans laquelle est planté un couteau. Elle sort du buffet un pot de confiture de murtas et m’oblige à manger. Après quoi, elle se prépare un maté sucré et se cache derrière son col comme une jeune fille timide. Plus tard, elle racontera. Mais je dois d’abord engloutir une ou deux tartines.//p. 38-40

Décembre//L’occupant de la cabane n’est d’aucune chapelle. Il est malgré lui l’ennemi de tous les systèmes parce qu’il n’en sert aucun. Il a, pour un temps au moins, le vertige de la civilisation et désire s’entourer de nourritures non frelatées. Il va de fait contre la folie de l’époque. Si son inclination spirituelle avait quelque chose de religieux, il serait éventuellement animiste. S’il décidait d’en avoir, les tempêtes, les chants des oiseaux, les rocs seraient ses dieux. Les dieux d’un païen.
La cabane est née de la matière première du lieu où le bâtisseur l’a élevée. Pareille à la forêt elle est abri, refuge. Elle aussi fait partie du Grand Tout. Elle s’est ancrée dans le paysage, comme par le fruit d’un compromis entre une nature profuse et les nécessités de l’homme. Son toit s’est couvert des feuilles tombées. Faits de planches ou de rondins mal écorcés, ses montants ont pris la couleur grise des hauts fûts qui l’entourent. Ils ont été débités dans le corps de l’arbre, prélevés d’abondance sur la ressource. Par le recours à la simplicité de sa construction, par sa manière de se fondre dans l’environnement, la cabane est à la fois de toutes les époques et en avance sur son temps. Elle démontre que chacun peut construire un monde à sa dimension et le borner de façon raisonnable. Que l’on brise toutes les machines, et la vie de cabane n’en souffrira en rien.
Qui n’est pas séduit d’emblée par la cabane ? La cabane engendre son mythe. Elle est à elle seule la survivance du paradis perdu. Elle porte en elle un monde qui semble ne plus exister. Mais cette vie existe elle aussi. Au présent. Non pas aventure au sens d’exploit mais au sens de parti pris anachronique. Aventure parce que, pour le voyageur de passage, tout abri de fortune est transitoire et le bout de la route est marqué du sceau de l’incertitude. Elle fut le recours ultime de gnostiques ayant considéré avec horreur l’instinct grégaire de leurs semblables, de mystiques ivres de radicalité, contraints de se terrer à l’écart du monde connu. Encore que ces derniers fussent plus tournés vers Dieu et les hypothèses célestes que vers la Terre et ses fruits tangibles.
Je ne sais si quelque parenté me lie à cette longue cohorte de marginaux. Je suis certainement un peu semblable à ces novices que leurs maîtres, les guidant sur le chemin de l’accomplissement spirituel, envoyaient pour une brève durée à l’écart du monde agité s’aiguiser l’esprit au contact d’une grotte glaciale ou d’un désert torride. La solitude était une étape cruciale de l’initiation, la réclusion était la meilleure amie des pèlerinages.
La vie frugale situe un homme dans son choix, dans son degré d’appartenance ou de non-appartenance à un certain monde, dans sa déviance, dans sa volonté d’anonymat. Voilà pourquoi j’habite ma cabane avec une détermination tranquille. Tout entière, elle est le reflet fidèle de ma personnalité. Elle est l’alliance de l’esprit agreste et du naturel. Pour l’homme rustique, le retard est une avancée spectaculaire, et la cabane l’idéal de résidence. Tout comme l’appel de la forêt, son corollaire, la rusticité est dessinée en moi, elle a ses racines au plus profond, elle a certaines choses en horreur. Elle s’impose comme une évidence et démontre les bienfaits de l’austérité comme elle fuit les pièges de l’abondance. Faire de la cabane non plus un simple point d’ancrage mais le huis clos d’une existence chaque jour recommencée relève d’un choix plus drastique.//p. 110-111

Janvier//J’ai laissé ma sueur sur des presses à emboutir, des bouts de doigt et de peau sur des sertisseuses ou des décolleteuses dont les bavures de caoutchouc me brûlaient les avant-bras. J’ai débardé à bout de bras des quartiers de viande dans des chambres froides où régnait l’hiver en plein été. J’ai récuré des fosses qui empestaient l’oignon pourri ou la vache crevée, vendangé pour un salaire indécent les vignes les plus prestigieuses, aligné des millions de flacons dans des milliers de petites boîtes, entreposé des centaines de palettes remplies de cochonneries sur des chariots élévateurs au travers de hangars grands comme des halls d’aéroport. J’ai poli des engrenages, limé, serti et boulonné l’acier. J’ai dressé des tables pour des nababs plus avares que des papes. Autant de représentations palpables, d’expériences où le monde se révélait dans sa pure réalité. Séjours au cœur de l’abrutissement progressif où je sentais peu à peu se dissoudre en moi tout ferment intellectuel. Je participais à un ordre où la bêtise écrase le génie.
Quelle occupation désolante que de creuser le tombeau où l’on va vous ensevelir ! La conscience professionnelle mise à profit des plus basses tâches est à l’origine de bien des malheurs. Je me demande d’ailleurs comment j’ai pu abattre tous ces boulots ingrats et les abattre aussi bien, conscient de l’ordre que je servais. J’y ai d’ailleurs abandonné une part suffisante de moi-même. Au nom d’un triste salaire, j’encaissais avec la politesse du condamné, répétant mille fois le geste qui me faisait mourir. Étrangement, c’était comme si je me levais chaque matin pour aller défendre une juste cause. Je faisais partie de cette sorte d’hommes, toujours à simuler, à se renier, disponibles, commis d’office, droits dans les convenances. Je jouais les utilités, les âmes dégradées. Je n’avais pourtant aucun boulet à la patte et c’est ce qui faisait ma grande contradiction. Je désirais par-dessus tout ne rien voler, ne rien accepter d’autre pour mérité que ce qui semblait chèrement acquis. J’avais horreur des situations d’avenir. Je servais la machine tout en obéissant à ce penchant déjà ancré au fond de moi, à cette étrange aspiration à vivre matériellement démuni. Entêté, je poussai jusqu’à refuser de mes parents qu’ils consacrent un seul centime à m’offrir les moyens de ce qu’on appelle une carrière. À dire vrai, je ne faisais rien d’autre que m’égarer dans une pénibilité qui n’était pas la mienne. Comme ceux que je côtoyais, j’étais moi aussi coupable de soumission volontaire. Naïf, j’ignorais que l’exploité se complaît parfois dans les griffes de l’exploitant et que chacun n’a pas envie de terrasser sa servitude et ses ignorances. Écueil de la modération : à force de s’effacer, on finit par disparaître. À cette époque, j’étais incapable de donner une direction à ma radicalité.
Pour retrouver ma propre trajectoire, il me fallait d’urgence déserter cette mauvaise farce, faire le tri et regarder les solutions qui me restaient. Je décidai de ne plus disperser mon énergie dans le néant mais d’aller enfin ma pente naturelle : je voyagerais pour voir le monde et lui voler sa part de chaleur et d’humanité. Oui, c’était dit, j’irais rencontrer la planète, je disparaîtrais sous les cimes, je naviguerais sur le flot sauvage des cours d’eau avant de devenir un homme-machine, marqué et repéré. Je dévorerais l’espace à la poursuite de l’horizon. Comme un navire navigant à l’estime, je fouillerais l’inconnu démesuré. Cela répondait autant à une volonté profonde qu’à la nécessité de me mettre en retrait de mes aversions les plus indicibles.
Au bout d’un tel chemin d’ornières et d’obéissance abrutissante, peu importe au fond s’il s’agit ou non d’entrer en rupture. Parce qu’un beau matin – et ce fut pour moi l’aube d’une vie passée à découvrir le monde – nous n’acceptons plus les conséquences, nous refusons de retourner le couteau contre nous-mêmes, nous décidons que nous ne jetterons plus le charbon dans les machines, et ce mouvement sans appel règle bon nombre de questions. Le clou refuse d’offrir sa tête au marteau, l’esprit décide qu’il n’est plus question de courber l’échine, d’“entrer sous le harnais”, disait Henry Miller.
De cette partie de mon existence, je suis sorti grandi. J’ai écopé ce vieux reste de naïveté et appris que celui qui voudrait s’élever sans détruire fait un bien triste sire. Mais pourquoi se poser des questions. Humiliants et humiliés, repus et courbés, possédants et possédés, rentiers et soutiers… l’antique allégeance de l’esclave au maître fait figure de complainte dépassée. Les visions d’ensemble n’ont jamais apporté aucune paix. Dans un monde où sens et moralité se diluent dans l’étiolement au point de sembler ne plus exister, qui tend cyniquement à bafouer le légitime, à faire croire que tout se vaut, les frontières s’effacent. Le sens de la distinction est comme une notion à réinventer.
Ainsi opère le lent travail du temps nécessaire à saisir l’ampleur de nos métamorphoses. Car l’expérience est parfois longue à se diluer dans les arcanes de la conscience. Peut-être suis-je enfin sur le point de faire la paix avec moi-même ? De ces jeunes années sont nés le discernement et la lucidité. Ces boulots ingrats m’ont façonné, ils ont ensemencé celui que je suis devenu. Ils ont été des avertissements, des leçons de choses que je m’efforce chaque jour de ne pas oublier. Ils m’ont appris à parler d’expérience, et seulement d’expérience. Ils m’ont aidé à me diriger dans la nuit des faux-semblants, et à cerner d’un peu plus près le poids des êtres et des choses. Et voilà où j’en suis aujourd’hui : je vis dans une cabane à 12 000 kilomètres du lieu de ma naissance. De retour sur cette île, je m’efforce de suivre mon sillon et de répandre le sel d’une résistance sans prétentions.//p. 122-124

Henri Lemaire, lecteur, le 10 juillet 2013 :
« C’est avec un grand plaisir que j’avais lu Aux quatre vents de la Patagonie de David Lefèvre peu après sa sortie. J’y ai vu et senti des lieux, des ambiances, une terre avec laquelle j’avais fait connaissance il y a quelques années, dans un mode plus classique certes. L’immersion dans la nature était exprimée avec une sincérité, une simplicité et un réalisme qui avaient emporté mon adhésion, enrichie par les références historiques. L’auteur s’est inscrit à la suite de nombreux autres présents dans ma bibliothèque : Chatwin, Coloane, Sepúlveda, Thoreau, Hudson, Tesson.
À la même époque, le hasard de mes pas m’avait conduit, non pas à traverser les Andes, mais dans votre librairie du 5e arrondissement et j’y avais appris la préparation de son nouvel ouvrage sur la vie en cabane, que j’ai donc attendu avec impatience. Je viens d’en terminer la lecture avec avidité. On y suit l’auteur dans l’exploration de son monde, comme de lui-même, et dans sa recherche d’autonomie. Les descriptions sensuelles de la nature m’ont alimenté du miel que j’espérais, avec l’essentielle rudesse des lieux. Mais j’avoue avoir été un peu gêné par l’abondance de propos très personnels de l’auteur sur lui-même qui, parfois, peuvent relever d’un certain contentement de soi. Je comprends bien que cet ouvrage est d’abord une expérience personnelle dont sa propre appréhension du monde est l’objet premier. La plénitude qu’il en ressent, maintes fois exprimée, confine par moments à une idéalisation de la nature un peu archaïque. De plus, pourquoi avoir publié autant de photos de lui, où il pose expressément ? Bien sûr, n’ayant jamais fait l’expérience de la vie en cabane, je reconnais être mal placé pour décider de ce qui doit être fait, écrit et ressenti en cette situation.
Toutefois, cela ne m’empêche pas de saluer la détermination de l’auteur à accomplir sa quête d’une harmonie hors des hommes et des femmes. Chacun évolue à son rythme et certains mettent des années ou des décennies à accomplir ce que d’autres, comme l’auteur, effectuent plus rapidement. Bravo à lui pour cela. Mon plaisir fut réel de retrouver des atmosphères, des oiseaux, des reliefs rencontrés en Patagonie argentine et chilienne. »


Hélène, lecturissime.over-blog.com, le 26 février 2013 :
« Loin de toute civilisation tonitruante et souvent aliénante, l’auteur a choisi de se retirer dans une cabane au bord d’un lac, avec comme seuls compagnons la faune et la flore environnantes. Il choisit alors une petite île chilienne, l’île de Chiloé, et cette expérience lumineuse qui lui permet de retrouver le monde et de l’embrasser dans toute sa plénitude.
“C’était cela : être présent. Immobile. Comme une stèle au jardin des pierres. Laisser faire. Regarder. Écouter. Avoir intensément désiré cet état. Se sentir décollé du sol, attiré comme une plante vers la clarté.” (p. 22)
“Tant que les impératifs de l’âge ne m’obligent pas à battre en retraite, je me tiens là, debout, et prends l’air du soir sous les variations du crépuscule. Dehors, un grillon grince, des mandibules mettent en pièces leurs victimes, des moucherons d’eau volettent au hasard, un bourdonnement s’enfuit vers le néant.” (p. 115)
Comme il est occupé à retaper sa cabane, ses seules autres occupations consistent à chercher sa subsistance quotidienne, puis à observer ce qui l’entoure d’un œil neuf et émerveillé. À la fois soumis à ses sensations et à sa raison, cette expérience le pousse à une méditation intérieure florissante.
“Faisons en nous la place au touchant, au léger, au sublime, au cosmique, à tout ce qui palpite et fait monter notre âme au ciel avant l’heure d’enterrer nos convictions, et de nous vautrer dans les habituels reniements de l’âge mûr une fois venue l’heure où le courage s’use, avant d’éprouver un jour cette fatigue de vieux soldats qui n’aspirent qu’au repos.” (p. 126)
“Et pendant que l’homme exige un décorum à sa disposition, qu’il prend le monde comme une invention façonnée par lui, quel qu’en ait été l’architecte, des animaux franchissent les méridiens, engendrent leur descendance, s’éteignent sans qu’on s’inquiète de savoir s’ils ont assez vécu et si leur existence nous a été profitable.” (p. 51)
Quelques écrivains l’accompagnent dans son monde : Giono et ses
Vraies Richesses, Henry Thoreau, Harry Martinson, Barry Lopez, John Haines, Annie Dillard… Autant de personnalités qui entretiennent un rapport fort à la nature et à la solitude. Néanmoins, il n’est pas sans rencontrer quelques Chiliotes en chair et en os, et c’est avec encore davantage d’ouverture et de plaisir qu’il partage alors quelques instants à leurs côtés.
Quand il évoque sa vie d’avant, ses réflexions ont un arrière-goût désagréable : “Comme ceux que je côtoyais, j’étais moi aussi coupable de soumission volontaire. Naïf, j’ignorais que l’exploité se complaît parfois dans les griffes de l’exploitant et que chacun n’a pas envie de terrasser sa servitude et ses ignorances. Écueil de la modération : à force de s’effacer, on finit par disparaître. À cette époque, j’étais incapable de donner une direction à ma radicalité. Pour retrouver ma propre trajectoire, il me fallait d’urgence déserter cette mauvaise farce, faire le tri et regarder les solutions qui me restaient. Je décidai de ne plus disperser mon énergie dans le néant mais d’aller enfin ma pente naturelle : je voyagerais pour voir le monde et lui voler sa part de chaleur et d’humanité. Oui, c’était dit, j’irais rencontrer la planète, je disparaîtrais sous les cimes, je naviguerais sur le flot sauvage des cours d’eau avant de devenir un homme-machine, marqué et repéré. Je dévorerais l’espace à la poursuite de l’horizon. Comme un navire naviguant à l’estime, je fouillerais l’inconnu démesuré. Cela répondait autant à une volonté profonde qu’à la nécessité de me mettre en retrait de mes aversions les plus indicibles.” (p. 122-124)
Dans un style digne des plus grands, David Lefèvre partage avec son lecteur une existence frugale lumineuse, lui offrant un monde intact et fascinant. Les photographies au mitan du livre sont aussi là pour attester ce petit miracle de bonheur.
“N’est-il pas condamné à une certaine solitude l’être délicat qui sent le pouvoir du vent entre ses mains, la danse de l’abeille revigorante, le souffle de l’esprit qui habite le sous-bois. Qui croira ce que j’éprouve à écouter le chant d’un oiseau nocturne ou à passer une nuit à marcher sous la pleine lune ?” (p. 143)
Un récit inoubliable, fort, un indispensable du
nature writing. »

Daniel Lebordais, danactu-resistance.over-blog.com, le 15 avril 2013 :
« Il y a des livres qui ouvrent de grands espaces, qui donnent à rêver, à méditer, à ressentir. Solitudes australes, de David Lefèvre, est de cette catégorie. Livre de voyage, mais aussi livre d’un exil intérieur, livre de la solitude choisie, livre pour vivre, vivre une autre existence, une existence plus harmonique, en adéquation avec la nature.
Le récit proposé ici se situe dans la grande tradition que nous aimons et dont nous vous parlons souvent, celle du
nature-writing. Ce sont les éditions Transboréal qui nous offrent ce beau et salutaire voyage lointain, au Chili, dans une île nommée Chiloé. Au fil des pages nous allons partager la belle vie de l’auteur. Il a choisi de se retirer, seul dans une cabane. Entre lac et forêt, il va vivre au rythme des saisons, en un bénéfique retour au travail de la terre, en se ressourçant. Un retour à ce qui fut la vie initiale de l’humain. Construire un abri de ses mains, semer et récolter, cueillir, couper du bois, regarder vivre la nature environnante, vivre avec le temps du jour et le temps de la nuit, vivre une sobriété heureuse comme le préconise Pierre Rabhi dans ses livres. Pas de place ici pour la superficialité, pour le mensonge, pour le gaspillage, pour la compétition et autres déformations humaines de notre société de consommation effrénée. De septembre à avril, David Lefèvre nous offre une belle chronique de la cabane retrouvée, sous-titre de son livre. Une chronique réussie qui ne manquera pas de prendre place aux côtés de celles de Thoreau ou de Jon Krakauer…
Et si la civilisation avait fait fausse route ? Toujours plus, toujours plus vite. S’il nous fallait retrouver nos racines, les vraies, le goût de la pêche, de la cueillette et des actes manuels, l’envie de vivre mieux avec moins ? Un livre, court, tonique, dynamisant, d’une grande franchise, un livre qui respire et nous fait donc respirer. Une bouffée d’oxygène, en ces temps où nos sociétés en manquent. »


Jocelyne Perret, S!lence n° 411, avril 2013 :
« Une aventure digne des plus grands explorateurs, avec un tout petit peu plus de confort, voilà ce que nous propose l’auteur qui se retira seul dans une cabane quelque part sur une île chilienne. Pendant huit mois consécutifs, il va vivre au rythme des éléments avec comme objectifs premiers une existence frugale et dépendante de ses capacités de survie.
Ce témoignage rédigé d’une plume toute naturaliste et écologiste permet de pénétrer dans un monde, un rêve pour beaucoup oublié voire abandonné. Avec la description minutieuse et profondément vécue de son séjour, David nous prouve qu’il existe encore des expériences fortes à vivre loin du consumérisme. Car son aventure est actuelle et non d’un siècle passé. »


Maryline, www.lire-et-merveilles.fr, le 17 décembre 2012 :
« Je reviens d’un beau voyage, d’un grand voyage, qui me fait douter de ce retour, à tel point – de non-retour tant je suis partie loin – qu’il est difficile de mettre mes mots sur ceux de David Lefèvre tant j’ai mis mes heures dans les siennes, mon cœur au rythme du sien.
Ce livre relate un véritable voyage : un périple au bout du monde, au plus profond de soi. Il ne s’agit pas d’un exploit ni une fuite (malgré le rejet d’une certaine société occidentale) mais du désir revendiqué d’un accomplissement intègre.
Cette
Chronique de la cabane retrouvée est une aventure et une expérience vécues aussi humblement que pleinement, autant tournée vers l’environnement que vers l’intime ; une aventure et une expérience au cours desquelles “l’écriture est une escale”. Bien que cette cabane soit une retraite, paradoxalement, le regard y est attentif, sensible, l’esprit patient, ouvert au monde, aux réflexions, aux questions, la pensée féconde. Réaliste, David Lefèvre interroge la frénésie du monde, la société de profit et de consommation sans que ses réflexions soient leçons, violences ou formules péremptoires. Philosophe, il interroge notre relation à notre société d’origine, à notre terre natale ; il s’interroge sur notre rapport aux lieux d’élection, à nos lieux d’adoption, sur nos racines et celles du monde, sur la notion de temps et d’avenir. Philosophe d’une philosophie sans attache, consentante aux mystères, d’une “résistance sans prétentions”.
Et ce qui transparaît dans ce récit, au-delà de l’éveil, de la respiration, c’est la modestie de cet homme ; au-delà de ce choix de vie de “pauvreté volontaire”, une sobriété à travers la beauté qu’il donne à voir, à ressentir, sans fioriture, sans s’imposer, ni imposer quelconques clichés en noir et blanc. Entre exploration et contemplation, ses descriptions de son environnement naturel sont magnifiques. Sa plume aussi riche que généreuse, épanouie, rend la lumière, la force et la densité, en parfaite harmonie avec l’esprit du lieu auquel s’est donné cet auteur.
David Lefèvre ne vit pas isolé du monde dans son monde. Il rappelle aussi le pillage économique et le désastre écologique dont le Chili est victime – la Patagonie en particulier – et s’inquiète, à juste titre, pour l’île de Chiloé où il s’est installé et où il pratique la photographie. Un carnet de splendides photographies se découvre en milieu d’ouvrage. »


Coralie Le Rasle, Carnets d’aventures n° 30, décembre 2012-février 2013 :
« David Lefèvre a voulu son installation sur l’île de Chiloé, en Patagonie chilienne, comme un retour à la nature. Abandonnant un nomadisme qui l’a nourri pendant une dizaine d’années, il a élu domicile dans une cabane au bord d’un lac à l’ouest de l’île, non loin de l’océan Pacifique et de ses caprices météorologiques. Il veut vivre simplement, ne dépendre de personne, tenter l’autosubsistance : de la mise en état de la cabane aux confitures de calafates, ces petites baies patagonnes bleues comme des myrtilles, en passant par la plantation de son potager, la construction de son fumoir à poissons, il assure son travail quotidien et ses projets à venir. Il s’émerveille de cette nature exubérante qui l’entoure et se met petit à petit à respirer avec elle : lorsqu’un chat sauvage vient se tapir sous sa cabane à pas feutrés alors qu’il dort, il l’entend dans son sommeil taper le sol ; lorsqu’un oiseau vient heurter la vitre qu’il vient de poser, il s’en veut d’avoir perturbé le cours naturel des choses… Solitaire mais loin d’être sauvage, David Lefèvre nous ouvre les portes de ses voisins chilotes : on apprend les histoires de voisinage – si l’on peut parler de voisinage à plusieurs kilomètres à la ronde –, la destruction en toute impunité de la forêt primaire, l’entraide si naturelle aux insulaires éloignés de la mondialisation. Au fil des pages, nous comprenons que ce que David Lefèvre est “venu chercher ici, c’est ce qui a quasiment disparu en Europe”. Entre introspection et témoignage de la vie en Patagonie, l’auteur nous propose un récit sensible qui stimule notre réflexion au sujet de l’avenir des régions isolées du monde, du mode de vie que nous avons la chance de choisir et de la solidarité entre les hommes. »

François Garde, Goncourt du premier roman, le 29 novembre 2012 :
« Pour son deuxième livre, David Lefèvre a posé son sac. Il habite désormais, seul, dans une cabane au Chili, sur l’île de Chiloé, au bord d’un lac donnant sur le Pacifique. Il nous raconte, mois après mois, la nature autour de lui, et les travaux que réclame une vie tendant à l’autarcie.
Sa prose ample et nerveuse, son choix du mot juste, son aptitude à traduire l’infinie palette des sentiments qui l’animent font merveille.
Sa démarche n’est pas celle d’un utopiste. Elle évoque Tolstoï : ne pas se contenter de dénoncer la société de consommation, mais faire vraiment un pas de côté, sur la marge des cartes et des sociétés humaines ; se taire, et accepter ce que la nature donne, dans les bons comme dans les mauvais jours. Son attention aux animaux, aux arbres, à la lumière, à la pluie fait de chaque journée une invention renouvelée, une aventure immobile, un surcroît de liberté.
Suivez David Lefèvre ! Il ne se passe rien dans son livre, mais ce rien est plus fort et plus savoureux, plus riche de saveurs et de leçons, plus important et plus empli de joie que bien des tintamarres dont on nous accable. Son écriture sensible se révèle aussi exigeante que son choix de vie solitaire. L’harmonie entre le style et le projet, entre l’écrivain et l’habitant de la cabane signe la vérité d’un homme. »


Benoît Albert, librairie La Géothèque, le 21 novembre 2012 :
« C’est un réel bonheur de lire et de suivre David Lefèvre dans son périple de vie. Après Aux quatre vents de la Patagonie où il voyage à travers le cône sud-américain, le voici, dans ce nouveau livre, installé sur les bords d’un lac de l’île de Chiloé, au Chili. Là-bas, il vit seul, loin de la foule, à restaurer une cabane. Il veut vivre ce qu’il appelle une “pauvreté volontaire” faite de choses simples : l’observation de la faune, la cueillette, la création d’un petit jardin, l’immersion totale dans un monde qui n’a pas été abîmé par l’homme. On pourrait comparer ce récit à celui de Sylvain Tesson, parti seul dans sa cabane sibérienne. Mais, il n’en est rien. Le livre de David Lefèvre est plus fort, plus intime, plus humble que son homologue des rives du Baïkal. »

Matthieu Delaunay, La Semaine du Pays basque, 16-23 novembre 2012 :
« Ainsi donc, nous voilà sur Chiloé, dans une cabane superbe mais usée par le temps où David Lefèvre convie son lecteur à sa table et à ses travaux. Car pour vivre heureux (et donc caché), il faut beaucoup travailler. Le bois évidemment, mais aussi son mental. Partir donc aussi pour voir ce que l’effort physique mis au service d’une tâche précise donne à voir et à penser. Car à force de besogner la terre, de la labourer, de raboter les planches vermoulues par les embruns, viennent à l’esprit des idées superbes, donc funestes, sur le monde, comment il va mal, comment il ne tourne pas rond. Pour l’auteur, plume magnifique, fin liseur et esprit assombri, cette démarche osée est d’abord le moyen ultime de renouer avec les origines et faire un peu grâce à la Nature avec un grand “N” de quelques agressions. “Vivre au niveau de la nature répond à un sentiment profond. C’est pour un fils de l’Occident une manière de se remettre au monde, il y trouve une source d’inspiration. Et si l’écologie a un sens, elle doit être avant tout spirituelle, imperméable à tout système.” Pour un loup solitaire, David Lefèvre est un garçon fichtrement civilisé tant sa culture semble grande et ses réflexions tenues. Assurément, pour vivre en ermite, il est nécessaire d’avoir rangé ses affaires avant de partir et de faire l’ordre en soi. Si un voyage doit se passer de motif, le vagabond qui reste assis sur son fétu à regarder le monde vivre doit forcément avoir une bonne raison, la seule qui vaille : l’amour. C’est l’objet de ce livre : une déclaration d’amour à la nature, des mots si bien choisis, des descriptions si fines que pendant les quelques heures de lecture, on est avec ce Roméo des sylves et des eaux claires. Avec lui, nous parlons aux oiseaux, aux saumons et aux herbes. La discussion est poétique avec l’océan, même quand celui-ci se déchaîne. Mais ce Roméo-là aime une mourante et en souffre, terriblement. Certains ne voient rien quand ils peinent, David Lefèvre a lui un sixième sens. Terrible. “À l’échelle de la planète, la rupture avec la nature est consommée. Que peut-on attendre d’une humanité qui s’est éloignée de son essence et d’une civilisation changée en force aveugle de destruction ? C’est l’univers des origines que l’homme a trahi.” On referme le livre rassuré : le monde court à sa perte, mais il est encore sublime et il subsiste des coins de terre ou l’on peut encore le vivre en le choyant. Pour cela, il faut d’abord une cabane. Et du courage, beaucoup de courage. »

Nathalie Glorion, lespassionsdechinouk.blogspot.fr, le 6 novembre 2012 :
« J’ai vraiment passé un magnifique moment en compagnie de ce livre, car l’écriture de David Lefèvre est toute en finesse, et d’une douceur absolue. Cet ouvrage ne fait que confirmer mon coup de cœur pour l’écriture de cet auteur qui est un aventurier philosophe. Qui n’a pas rêvé de faire comme lui, de prendre le temps, de vivre de choses simples en harmonie avec la nature ? Le résumé de ce livre m’a fait fortement penser à un autre : une cabane isolée, un homme seul avec des livres au fin fond de nulle part… Vous voyez de qui je veux parler, non ? De Dans les forêts de Sibérie de Sylvain Tesson, le livre que je n’ai pas réussi à finir malgré toute ma bonne volonté (non ! un mec qui dit avoir appris le russe, ou je ne sais plus trop quoi, avec une mésange, moi j’ai un peu de mal !). Ce que je trouve vraiment dommage, c’est que cette ode à la vodka ait reçu tout ce tapage médiatique et que Solitudes australes restera confidentiel ! Alors, ô toi lecteur, fan de nature-writing (ou pas), qui a aimé Sylvain Tesson (ou pas), je t’en prie, cours vite te procurer de toute urgence ce magnifique Solitudes australes, Chronique de la cabane retrouvée.
Mon seul regret, c’est que l’auteur nous laisse aux portes de l’hiver, moi l’amoureuse du Grand Nord je me suis sentie frustrée, mais pourquoi que huit mois, M. Lefèvre ! »


Www.francenetinfos.com, le 26 octobre 2012 :
« David Lefèvre, à travers un parcours initiatique, tente de retrouver les vraies valeurs de la vie. Il s’isole dans l’île de Chiloé, au Chili. Il laisse de côté son passé d’Occidental pour vivre dans un dénuement total. Cependant, il emporte dans sa retraite des livres d’aventures humaines. Son but de cette retraite est de redéfinir la vision de sa propre vie. Il désire respecter la nature, lui accorder du crédit. Il découvre une nature à la fois luxuriante et indomptée qui règne en maîtresse absolue sur l’homme et ses éléments.
Ce récit a une portée moralisatrice qui sème dans l’esprit du lecteur des pistes pour sa propre quête intérieure. Les paysages bucoliques sont une invitation au voyage, à l’abandon, quoique l’auteur prévienne son lecteur du danger du retour à la nature pure et sauvage. »


Noann, livrogne.com, le 22 octobre 2012 :
« Par une écriture précise et soignée, l’auteur nous fait entrer tout entiers dans son petit monde à lui, son microcosme. Il est beaucoup question de nature dans ce récit, un monde magnifique au pied de la cordillère des Andes… Mais pas seulement. Les chapitres où l’auteur parle de lui, de sa recherche, sa déception quant au monde dit “civilisé”, tout cela est enrichissant et concourt à nous faire éprouver de l’empathie, voire de la sympathie, pour ce bourlingueur sensible.
Ce qui est intéressant aussi, c’est que l’auteur ne se limite pas à un texte descriptif ou contemplatif. Il ne se contente pas de décrire ce qu’il voit ou ressent. Il réussit à élargir le point de vue pour le rendre global, et porter dans ce livre une véritable philosophie holistique, doublée d’une réflexion sur l’homme en proie à ses doutes, face à la nature… et à l’univers qui l’entoure, tout simplement ! Contrairement à d’autres récits du même genre, qui sont pléthore,
Solitudes australes offre une dynamique de pensée… Et n’est jamais narcissique. L’auteur évite soigneusement les pièges du genre, et bien qu’il soit tout entier concentré sur son expérience, il reste d’un détachement et d’une humilité remarquables. Bien qu’en point de mire de cette aventure, il ne se considère le nombril ni du monde ni même de son lopin de forêt, mais juste un exemple… Qui peut édifier plus d’un lecteur. »

Nicolas Roberti, www.unidivers.fr, le 22 octobre 2012 :
« C’est un ami qui lui avait décrit avec amour sa cabane, le lieu de sa retraite perdue dans une île chilienne. Un lieu de retraite qui ne demande qu’à être habité par un occupant qui la retaperait pour la rendre habitable en lui adjoignant un jardin potager. C’est ce travail de construction technique d’un habitat naturel qui va ponctuer les méditatives heures de David Lefèvre. Dans une ligne proche du nature writing, notamment popularisé par les éditions Gallmeister mais sans traitement romanesque, dans une “pauvreté volontaire”, une humilité et un rapport à l’âme humaine à la coloration sans doute plus chrétienne que Sylvain Tesson et loin de la radicalité de l’expérience menée dans Into the Wild de Jon Krakauer, Solitudes australes est structuré en quatre versants : le récit de la vie quotidienne, la description de la nature environnante, les réflexions philosophiques, la recherche spirituelle d’une “abnégation heureuse”. »

Jacques Lindecker, www.lalsace.fr, le 19 octobre 2012 :
« David Lefèvre connaît bien la Patagonie, il en avait fait le cœur de son précédent récit. Cette fois-ci, il a posé son sac, seul, dans une cabane sur l’île de Chiloé, au sud du Chili. Son projet tient en quelques mots : ancré entre un lac et une forêt, se mettre au diapason de la nature, travailler la terre, retrouver le goût des tâches manuelles, de la pêche à la cueillette en passant par la menuiserie. Il se découvre à la fois libre, sans consignes ni autorité, et prisonnier : s’il n’agit pas, il meurt, c’est aussi simple que cela. Le temps prend une autre saveur quand chaque geste, chaque “corvée”, est, littéralement, un geste qui sauve. Où chaque matin est “ordinaire”, quand “la nature s’étire, magnifique et envoûtante”. Il tient le journal de bord de “la saveur inégalable de la sobriété”, de l’abandon à un monde qui le retient “dans son poing”, et qui tourne autour de sa cabane solitaire. Une impressionnante, parce que modeste, leçon. »

Jérôme Enez-Vriad, www.jeromeenezvriad.com, le 15 octobre 2012 :
« Depuis que je tiens ces chroniques, jamais n’ai-je ainsi été confronté à un tel vide. Impossibilité complète de trouver les mots justes pour dire l’admiration que je porte au dernier livre de David Lefèvre : Solitudes australes. C’est la triple découverte d’un voyageur, d’un baroudeur et d’un auteur, réunissant toutes les qualités nécessaires à un seul talent, celui de conteur. Pour preuve, ouvrons la page 11 et lisons la première phrase : “J’avais une fois encore traversé la Cordillère pour retrouver le sud du Chili, son ciel glacial et ses villages endormis.” On sait d’emblée qu’il y a une plume et elle est mise au service d’un dépaysement qui relate la retraite de l’auteur, seul, dans une cabane sur une île à la pointe du Chili.
“Au seuil de cette fascination, mon échappée belle demeure un état ouvert. Tant que l’aube sait encore blanchir et le crépuscule apaiser, tant que ne se présente pas de raison qui fasse un signe à mon destin de reprendre la route, je suis ici. C’est peut-être aussi cela la voie de l’éveil. Dès que le besoin se fait sentir, je pars marcher. Je longe le lac et essaie de remonter tous les sentiers animaliers ou humains qui se présentent à flanc de montagne. Mes pensées respirent et errent dans toutes les directions. Je suis devenu tour à tour le piéton de ma piste, l’enfant du lac, le contemplateur des forêts.” (page 57)
Nul doute, David Lefèvre est un écrivain. Mais pas seulement. Un homme de culture aussi, qui a lu Giono, Kamo no Chômei et Moritz Thomsen, également un photographe dont le portfolio central illustre une prose taillée dans la langue comme il taille le bois avec lequel il fait sa cabane du bout du monde. L’histoire est divisée en huit respirations mensuelles de septembre à avril. Chaque paragraphe roule sous l’œil à la manière d’une perle de culture au creux de la paume. Le bijou prend ainsi forme, lisse et rond d’une solitude choisie mais également ornementée de l’ivresse qui en découle. Un livre à ne surtout pas prêter, ne surtout pas emprunter, que diable achetez-le !, que l’auteur puisse à nouveau partir et revenir au plus vite avec la suite. »


Marylin Millon, leboudoirlitteraire.fr, le 3 octobre 2012 :
« Qui n’a jamais rêvé de partir loin de l’agitation urbaine et se retirer pour vivre isolé dans la nature ? David Lefèvre a franchi le pas et, pour ce faire, a choisi la belle île de Chiloé, au Chili. C’est grâce à un ami qui lui parle de sa cabane sur une île chilienne que David Lefèvre trouve son Éden. Le lieu de sa retraite. Une cabane somme toute assez grande mais plutôt vétuste : une de ses occupations sera de la retaper pour la rendre tout à fait habitable et saine. Avec en plus l’installation d’une serre pour les légumes. Une vie en autarcie, propice à la contemplation et à la réflexion sur la vie, la condition humaine, les sociétés occidentales contemporaines, etc.
À la lecture de ce livre, impossible de ne pas faire le parallèle avec le livre de Sylvain Tesson sorti en 2011,
Dans les forêts de Sibérie. Un parcours quasi identique avec, peut-être, une approche plus humble chez David Lefèvre. Le récit s’inscrit autour de trois axes principaux : la vie quotidienne de l’auteur-explorateur, la découverte et la description de la nature environnante et les réflexions philosophiques qui découlent de ce type d’expérience. Ce sont d’ailleurs ces dernières que j’ai le plus appréciées et, rien que pour elles, je vous recommande largement cette lecture.
Un carnet de photographies agrémente le récit et permet de mettre de visualiser le lieu et de mieux s’en imprégner. »


MarcoPolo85, www.babelio.com, le 28 septembre 2012 :
« C’est un réel bonheur de lire et de suivre David Lefèvre dans son périple de vie. Après Aux quatre vents de Patagonie où il voyage à travers le cône sud sud-américain, le voici, dans ce nouveau livre, installé sur les bords d’un lac de l’île de Chiloé, au Chili. Là-bas, il vit seul loin de la foule à restaurer une cabane. Il veut vivre ce qu’il appelle une “pauvreté volontaire” faite de choses simples : l’observation de la faune, la cueillette, la création d’un petit jardin, l’immersion totale dans un monde qui n’a pas été abîmé par l’homme. On pourrait comparer ce récit à celui de Sylvain Tesson parti seul dans sa cabane sibérienne. Mais, il n’en est rien. Le livre de David Lefèvre est plus fort, plus intime, plus humble que son homologue des rives du Baïkal. »

Gérard Valembois, Librairie Autour du monde, le 15 septembre 2012 :
« Après dix-huit mois d’itinérance entre Chili et Argentine (Aux quatre vents de la Patagonie, Transboréal), David Lefèvre pose son sac sur l’île de Chiloé et nous raconte sa retraite solitaire, perché sur une cabane lacustre, au sein d’une nature sauvage et puissante.
À quelques encablures de l’océan Pacifique, au milieu des vents et des eaux, des outils et du potager, son récit devient méditation sur la vanité des hommes et le bonheur d’une existence simple et remplie. »

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