ChercherRecherche avancée Panier (0)

LA LIBRAIRIE EN LIGNE DU VOYAGE D'AVENTURE


Découvrez plus de 5 000 livres et DVD d'aventure
Revenir au résultats
Une œuvre de Emmanuel Hussenet Editions Transboréal

Spitzberg

Visions d’un baladin des glaces
9782913955233
Prix 32,00 € Disponible EAN : 9782913955233
ISBN : 2-913955-23-1
ISSN : 1631-9486

Emmanuel Hussenet a exploré le Spitzberg en kayak, non pour réaliser une première ou un record, mais pour nouer avec chaque lieu une complicité profonde. Baladin par sa façon libre d’observer et de relater, il réussit à lier l’engagement physique, la recherche esthétique et la réflexion.
Voici l’épopée du soleil de minuit. L’auteur navigue parmi les glaces. Il rencontre les morses et les phoques, suit les oiseaux, accède à des côtes oubliées et redoute chaque jour l’inéluctable face-à-face avec le seigneur des lieux : l’ours blanc. Sans négliger la description géographique du Spitzberg, cet ouvrage est une confession prenante, servie par des images dont la beauté, page après page, dévoile la magie des hautes latitudes.

1. Présentation générale
Géologie

2. Isfjord
Économie
Renne
Climat
Colonies d’oiseaux

3. Bellsund et Hornsund
Végétation
Kayak
Récession des glaciers
Phoques

4. Kongsfjord et Smeerenburg
Explorateurs
Navigation
Transports et réglementation

5. La côte Est
Ours blanc
Morse
Chasse à la baleine

Bellsund et Hornsund//Pourquoi l’Arctique ? Aujourd’hui, je veux encore comprendre ce que je recherchais vraiment dans ces périples, en particulier celui qui m’a conduit à partir seul un été durant, en quête de rivages toujours plus boréaux. Parfois, je vois là une entreprise brillante, tentative non pas de rupture, mais de rapprochement : le lien qui noue le voyageur à son milieu est souvent plus étroit et solide que celui qui relie bien des hommes entre eux. Alors, le souvenir de ma détermination me trouble et m’émerveille.
À d’autres moments, quand le doute s’immisce dans mes projets, j’associe à ces entreprises un malaise inavouable, expression d’une impuissance à déjouer les pièges de la vie courante, ou effort désespéré pour sublimer une inconsolable solitude. Non, ma motivation initiale est encore ailleurs. Je me souviens qu’enfant, je rêvais d’équateur, de fleuves puissants et de forêts vierges. Je n’avais aucune prédisposition pour aller vers le froid, au contraire. En quête d’exotisme, de diversité et de luxuriance, je réalisai mon premier voyage au-delà du cercle polaire en marge de mes objectifs. L’Arctique m’a saisi. C’est lui qui m’a convaincu. Bien sûr, j’ai dû faire le deuil de l’abondance, des bruits sauvages, des arbres géants et des poissons d’or, pour apprendre à aimer le dépouillement. Mais mon regard, là-haut, portait plus loin que jamais. Et je compris que par-delà les pays de soleil que j’entrevoyais dans mes rêves, c’était la lumière que je convoitais.//p. 54-55

Le Spitzberg (archipel du Svalbard)//Le voyageur qui descend de l’avion emporte quelques bagages, mais fort peu. Il prend l’indispensable pour une semaine, ayant mis de côté ce qui lui est nécessaire le reste du temps : famille, appartement, travail, soucis, préjugés. Parce qu’il débarque dans un univers dont il ignore presque tout, et qu’il souhaite profiter au mieux de ses vacances, il consent à s’adapter. À condition, bien sûr, qu’on ne lui fasse pas courir le moindre risque ; il tient pour cela à rappeler qu’il n’est pas un aventurier. Depuis sa découverte, le Spitzberg a toujours été une terre d’asile pour les rêves. Isolé, dépeuplé, hostile, il fascine d’abord les chasseurs de baleines qui imaginent qu’ils y feront fortune, puis les trappeurs, ces hommes souvent blessés par la vie qui souhaitaient s’écarter du monde. Plus tard, la même île servira de tremplin aux plus hautes ambitions : ce sera la course pour la conquête du Pôle. Les chercheurs prendront le relais, avec l’arrière-pensée de réaliser une grande découverte, ou de mener des expéditions scientifiques qui, vues d’Europe, passeraient pour des exploits. À présent, ce sont les touristes qui attendent du Spitzberg qu’il réalise leur rêve. Quel rêve ? Souvent, marcher sur les traces de ceux qui jadis étaient parmi les plus courageux des hommes suffit à obtenir une notoriété de quartier. Mais surtout, la plupart des voyageurs semblent stimulés par un appétit d’émerveillement, une recherche secrète qui, à défaut de trouver ses mots, trouve ici son temple.//p. 8-9

Kongsfjord et Smeerenburg//Un claquement sec perce le silence. Rien de visible, la rupture n’est large que de quelques millimètres. La glace en amont poursuit sa poussée, contraint la faille à s’écarter au passage d’une barre rocheuse et à ouvrir une crevasse de trente mètres de profondeur. Je reste captivé par le conflit interne qui déchire ces géants. Des bataillons entiers de séracs, immobiles tels des soldats, attendent l’heure où ils seront à leur tour appelés sur le front. Nul n’en reviendra. Tous seront brisés, abattus, sacrifiés, et retourneront à la mer comme un corps retourne à la terre. Aucune souffrance pourtant n’émane de ce chaos. Ce qui pour les vivants est violence n’est que respiration pour les éléments. Une respiration si puissante que son souffle impose un respect ébahi, comme celui qu’inspirerait un pouvoir suprême et intouchable. Soudain, un pan de glace s’effondre. De la plage, je vois jaillir une gerbe d’écume, immédiatement suivie par une déflagration qui fait vibrer les montagnes. Une vague frangée d’écume se soulève, soulève des morceaux de glace qu’elle éclabousse à son passage, puis s’enfonce lentement dans les profondeurs. Mais je ne l’oublie pas. Je l’attends. Je sais que la vague reviendra. À l’approche de la côte elle lèvera la surface de la mer et, libérant son écharpe d’écume, elle gonflera, chuintera, se cambrera pour se donner au rivage dans le choc d’une effusion passionnelle. Une longue pellicule d’eau, douce et poétique, caressera alors mes pieds.
On croit que l’Arctique est silencieux. C’est sans compter les débris de glace qui flottent par milliers et pétillent en fondant au contact de l’eau ; c’est sans compter les bourguignons qui, sous l’effet de la houle, clapotent chaque fois que leur masse heurte la surface ; c’est sans compter aussi les icebergs ruisselant au soleil en filets d’eau translucides. Craquements, effervescences, bulles qui éclatent, glaces qui frottent, se renversent ou dégouttent animent la mer de bruits et de mille scintillements. Or, passés les crépitements et les coruscations du pack, me voici, à terre, condamné à l’immobilité. Comment frayer ma voie à travers une glace si dense ? Je ne crains pas les icebergs, bien loin, au Spitzberg, d’être aussi hauts et menaçants que leurs homologues du Groenland. Ce qui n’empêche pas les visiteurs qui ont pu naviguer en baie du Roi d’affabuler sur l’un de ces colosses errants qui aurait attenté à leur vie. L’iceberg n’est pas plus à redouter que la tempête, qui se voit venir en observant le ciel et frappe les rives avec franchise. Le pack, en revanche, est imprévisible. C’est un rets sournois qui circule, enveloppe et enferme. Demain ou après-demain il encombrera d’autres rivages, mais c’est aujourd’hui que je veux avancer. Alors, quand j’aurai perdu patience, lorsqu’une intuition me fera comprendre qu’il est temps d’aller plus loin, j’embarquerai pour forcer le passage. Je me laisserai prendre dans les mailles de glace et m’obstinerai à les déchirer.//p. 82-85

La côte Est//Me préparant à accoster, je remarque un étrange rocher non loin de la proue. Un rocher isolé et particulièrement poli par la mer… Lentement, la roche se dresse. Elle a deux crocs énormes et deux petits yeux noirs qui me fixent. Je fonce sur la plage, m’extrais du kayak, puis saisis la pagaie et frappe la surface pour faire reculer la bête ! Elle ne recule pas, au contraire, sûre de sa masse elle fait front. Abandonnant mon arme, je m’avance dans l’eau presque à portée de crocs, attrape un débris de glace flottante et le lance devant sa gueule ! Le morse grogne, essaie encore d’impressionner, puis se retourne et sombre dans la mer. J’utilise ce répit pour vider le kayak et le hisser de plusieurs mètres sur l’estran. Précaution d’autant plus inutile qu’elle me place en plus mauvaise posture : dans une cuvette sablonneuse juste derrière la plage, surpris, endormis, inquiets ou vindicatifs, ils sont une quarantaine à se vautrer, serrés en un seul bloc ! Quelque chose dans cet amas de corps obèses, leur rusticité et leurs attitudes étonnamment humaines, provoque la sympathie. Assis à côté d’eux, je constate qu’à chacun de mes gestes une sentinelle me remarque et réveille ses voisins ; tous alors me regardent, intrigués, se bousculent pour refaire leur place puis se rendorment. Une fois habitué à l’odeur, aux ronflements, aux flatulences, aux coups de dents entre mauvais coucheurs, je me suis réellement attaché à leur compagnie, envieux, je crois, de la chaleur de leurs corps et de leur convivialité.
À l’opposé de la côte ouest où les nuages s’amassent contre les montagnes déchiquetées, se compriment, se révulsent, poussés ou écartelés par le vent, la côte est apporte un certain repos. D’un relief modéré, cette région est moins froide qu’on pourrait le craindre, moins spectaculaire qu’on a pu la décrire ; elle est le territoire du morse et de l’ours blanc. Cette grande faune est la hantise du randonneur qui est arrivé jusque-là. Ce dernier, dans son kayak, veillera à ne pas s’approcher des morses, mais ne les empêchera pas de plonger à sa rencontre et de tenter de renverser son embarcation d’un coup de tête. Quant à l’ours, il peut se trouver absolument partout, au milieu d’un chenal, derrière un rocher ou au sommet d’une colline. Il aime dormir dans les endroits les plus insolites, et arpente chaque recoin du littoral. Pour qui bivouaque en groupe, les tours de garde sont nécessaires. Seul, il faut un dispositif d’alarme, pas toujours efficace. Il ne se passe pas cinq minutes que l’on ne pense à lui, que l’on n’inspecte l’horizon et les éboulis pour y déceler une tache claire. L’ours est d’autant plus inquiétant qu’on n’en trouve que l’empreinte. Le fusil qu’il faut porter en toutes circonstances rappelle qu’aucune paix n’est totalement acquise, et que le silence peut être trompeur. De prédateur on se sent proie. L’ours semble là pour obliger l’homme à la vigilance et lui faire retrouver les instincts de précaution de la bête. Aussi donne-t-il à ses entreprises la dimension du mythe.//p. 110-113

Marie Chastel, lectrice, le 31 octobre 2008 :
« Ce livre est un joyau, où la beauté côtoie la pureté, où la puissance n’a d’égale que la délicatesse. Aussi y suis-je entrée comme dans un lieu sacré, sans pousser la porte, car il n’y en a pas. En un éclair, le regard est happé par la force des images, et le cœur pétri par l’acuité de l’écriture. Car la saveur particulière de ce petit trésor réside juste dans un bel équilibre : celui d’une photographie où la lumière est reine et d’un language subtil qui révèle la noblesse et la fragilité d’un monde qui m’a attrapée et dont je ne ressors, à chaque fois, qu’à reculons, avec respect. »

Un lecteur, www.amazon.fr, le 31 août 2004 :
« Poète aventurier, Emmanuel Hussenet vit tous les étés au milieu des glaces, abandonnant confort et sécurité citadine. Il nous fait partager ce pour quoi il vit sans militantisme mais avec douceur. »

Autres livres & DVD

9782290055861 4,20€ Dernier article disponible
Une œuvre de Jean-Louis Étienne

Complainte de l’ours (La)

Chroniques d’un monde fragile
9782361570989 8,00€ Disponible
Une œuvre de Rémi Caritey

Vertiges de la forêt (Les)

Petite déclaration d’amour aux mousses, aux fougères et aux arbres
9782960025552 20,00€ Disponible
Une œuvre de Alexia Zuberer

Double ascension à l’Everest

Suggestion de voyages de Tamera

Norvège Nous contacter

Traversée du Finnmarksvida en ski-pulka

1409_0001_bengt A partir de 7 jours A partir de 1 450 €

Itinéraire court mais intense permettant de se jauger et de prendre confiance en soi.

Découvrez ce voyage