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Une œuvre de Jean-Pierre Valentin Editions Transboréal

Ténéré

Avec les caravaniers du Niger
9782913955646
Prix 20,00 € Disponible EAN : 9782913955646
ISBN : 978-2-913955-64-6
ISSN : 1960-3894

Depuis le Moyen Âge, des caravanes arpentent les étendues les plus isolées du Sahara. Le Ténéré, désert des déserts absolument plat, et l’erg de Bilma, au Niger, sont toujours traversés par ces files de dromadaires lourdement chargés de marchandises. Chaque automne, les Touaregs de l’Aïr quittent ainsi leurs montagnes pour rejoindre la falaise du Kaouar, 800 kilomètres plus à l’est. À la même période, les éleveurs toubous du massif du Djado – en famille parfois – s’élancent dans les immensités dunaires qui les séparent des marchés du Sahel, en particulier du territoire des fascinants bouviers wodaabe… Ce rythme séculaire des échanges autorise la circulation des pains de sel de Bilma, des dattes des oasis du Kaouar et du Djado, des céréales soudanaises. Il permet la vie dans ces endroits si reculés du Sahara. L’ouvrage offre une immersion totale dans la vie quotidienne de ces nomades des marges désertiques.

Le nord du Niger
Les salines de Teguidda N’Tesemt
La ville d’Agadez
Le bourg de Timia

Le monde des caravaniers touaregs
La traversée de l’Aïr
Le point d’eau d’Ajioua
L’entrée dans le Ténéré
Le puits d’Achegour
La sortie du Ténéré
La palmeraie d’Achenouma
Le sel de Bilma
Le retour vers l’Aïr

Le monde des chameliers toubous
Les montagnes du Djado
La falaise du Kaouar
L’erg de Bilma

Le monde des éleveurs wodaabe
Le Sahel

Le bourg de Timia – Le fief des Kel Ewey//Atteindre Timia au départ d’Agadez nécessite une bonne journée – huit heures minimum – cahin-caha, en tout-terrain ou perché sur le camion poussif d’une coopérative locale : 200 kilomètres de louvoyages, des oueds sablonneux à franchir et des regs abrasifs pour des pneus déjà fatigués. Aghaly conduit aujourd’hui sa propre Toyota ; elle restera à Timia à attendre sagement le retour de son propriétaire, décidé à accomplir cette année la taghlamt – la grande caravane touarègue – à mes côtés. Aghaly appartient à la tribu des Kel Tédélé, ceux de la limite, des extrêmes, une fraction noble du Nord.
À Dabaga, avant de franchir le kori Téloua – lit de rivière à sec à cette saison –, nous achetons des nattes de fibres végétales. Le hameau est connu pour ses sparteries de qualité. Nous en profitons pour négocier un quartier de viande grillée, un gigot bien rôti et assaisonné. Les Calotropis procera et les acacias égaient le paysage, au loin les hauts massifs granitiques brillent sous le soleil et des champs de pierres volcaniques bordent la piste, qui chauffe dur ! Nous avisons un bel arbre ombreux pour la pause, le thé et le casse-croûte. J’apprécie ce retour en Aïr, me réjouis des retrouvailles avec mes amis villageois et, prochainement, avec les caravaniers prévenus de notre arrivée.//p. 16-17

L’entrée dans le Ténéré – Vertige horizontal//Aghaly est assis auprès du feu, emmitouflé dans sa lourde couverture, les pieds dans les braises. Le couvercle de sa minuscule théière bleue claque à chaque transvasement, des brandons volettent et le feu crépite. Appuyé sur un coude, j’observe mon ami kel tédélé et ses gestes précis, attentif à l’animation alentour. Chaque carré avale à la va-vite les trois verres de thé rituels, les restes froids ou à peine réchauffés du plat de la veille. Le temps presse déjà. Dans la nuit qui se disperse, les hommes sont étonnamment discrets, presque silencieux. Les rares ordres sont brefs ; à cet instant chacun est dans son rôle, ni plus ni moins. Des chameaux blatèrent ; leurs cris déchirent l’obscurité, se répercutent contre les parois toujours proches des dernières montagnes. Quelques-uns se plaignent, gémissent, susurrent leur mécontentement ; beaucoup se taisent et seuls les raclements de leurs soles nous les signalent. Ils sont tellement nombreux… Les éleveurs courent entre les bêtes, enchaînent les chargements. Les files se constituent. Le fantôme de la caravane apparaît dans les faibles lumières de l’aurore, immobile. Un petit vent frais s’est levé. Des animaux grommellent, impatients d’avancer ou déjà gênés par leurs fardeaux. Les trois cents quadrupèdes sont debout, les uns derrière les autres, et Issaka lance le signal du départ. Un cri long, sur deux notes, suivi d’un encouragement, chaque matin ou chaque fois que nécessaire, pour motiver la troupe.
Dans cette ambiance matutinale, la cohorte s’organise : hommes et bêtes, inexorablement, trouvent leur place. Pour sortir des ultimes reliefs, les colonnes ondulent dans les dernières tortillères, buttent contre quelques cailloux. Des brasillements jaunâtres, incandescents au levant, nimbent les petits promontoires qui signalent l’aboutissement de l’Aïr et le commencement du désert des déserts. Nous y sommes enfin ! Le jour nous révèle ce que sera notre domaine. Mes compagnons ont-ils, eux aussi, le cœur serré devant cet océan qui nous tend les bras ? Le sol est légèrement incliné. Les dromadaires sont à la queue leu leu, à la suite de leur meneur, les rangs côte à côte. Je prends suffisamment de champ pour contempler l’ensemble, écarquiller les yeux devant le spectacle offert par six cents paires de jambes en ordre de marche, au pas précis, comme pour un défilé. Légèrement en tête, Tanko et sa mine absorbée ; dans le même alignement les autres chefs de file, puis, éparpillés au gré de la caravane, les équipiers ; enfin deux ou trois retardataires qui bavardent, de bonne humeur. Je marche à droite du madougou, heureux d’être là, dans ce face-à-face avec le Sahara, dans cette proximité avec mes compagnons touaregs et les bêtes qui nous entourent. Le sable est froid, il est encore tôt. Nos chaussures sont hétéroclites, qui vont de la vieille basket achetée déjà élimée sur un marché à la sandale de cuir traditionnelle, en passant par le mocassin en caoutchouc.
Tout-terrain, les soles souples et élastiques de nos bêtes font merveille. Les chameaux sont aptes à arpenter ces immensités, escalader les dunes, courir les steppes. Dans le sable, ces diables d’animaux sont à leur aise. Ils n’enfoncent pas, imprimant à l’infini des marques uniques que le vent effacera. Chaque empreinte est reconnaissable pour l’œil averti du nomade, aux facultés d’observation exacerbées. Selon le Suisse Jean Gabus, spécialiste du monde saharien, l’éleveur “sait lire les traces […] fraîches ou anciennes, de quand elles datent et si elles conduisent à des campements, ce que fut le genre de leur caravane, jusqu’à la nature du trafic, jusqu’au poids approximatif de la charge”.
Si le rythme est convenable, il ne s’agit nullement de baguenauder ! Le pas est régulier, volontaire, décidé. L’air reste vif, le soleil est toujours bas, les ombres sont immenses et nous poursuivent.//p. 40-43

L’erg de Bilma – La sensualité des dunes//En fin de journée, les files chamelières s’engagent dans une passe longue et abrupte. Les dromadaires peinent dans les montées escarpées, aussi faut-il régulièrement crapahuter devant eux pour faire la trace à la main dans le sable croulant. La descente est tout aussi périlleuse pour ces animaux très hauts sur pattes, et ils s’y avancent souvent avec réticence. Les charges tanguent, les soles ripent ou parviennent malgré leur portance à s’enfoncer dans la dune meuble. En fonction du terrain, la bête peut éviter la ligne de plus grande pente et zigzaguer pour atteindre la plaine qui sépare du prochain cordon, orienté d’est en ouest, en travers de notre route. Les teintes chaudes du couchant embellissent la scène, et j’en oublie la pénibilité pour n’en retenir que la biblique beauté : les bêtes s’ébrouent, jaugent l’effort à fournir et repartent à l’assaut de la colline qui se dérobe, les hommes cassent l’arête de la dune, marquent la sente, et les femmes envoilées de tissus multicolores pressent le pas, tirent les longes, rassurent les enfants en équilibre au sommet des immenses selles touboues… Le bivouac est décidé dans un intercordon large et aride : peu de fourrage pour les bêtes, repas frugal pour les hommes. La lune pleine et haute éclaire nos modestes campements éparpillés à l’abri d’une barre de sable. Le sommeil est entrecoupé par les bruits nocturnes, la mastication des ruminants, leurs râles, les pleurs des enfants et les paroles rassurantes des mères attentives. Ces épopées saisonnières sont rudes à vivre et la résistance des petits, filles et garçons, est exemplaire. Une leçon d’endurance qui serait salutaire à nos bambins surprotégés, avachis et blasés…
Le départ ne fut jamais auroral pendant cette expédition. Les tâches ne manquent pas au réveil autour des rejetons, des chameaux et des bagages. L’un des dromadaires d’Azaïn a une articulation postérieure démise, et à maintes reprises il faudra ligaturer le pli du jarret de la pauvre bête afin de l’aider à poursuivre, quasiment délestée de ses fardeaux. Les effets sont de bric et de broc, rien à voir avec les charges bien ficelées ou les ballots des Touaregs. Les emballages sont hétéroclites et plus ou moins solides : il y a des valises aux fermetures brisées, des bidons percés ou mal calfeutrés de chanvre, des chambres à air de camion transformées en outres douteuses pour une eau au goût caoutchouteux. Les faix sont en général disposés de part et d’autre d’une selle touboue terke, bât ordinaire utilisé par les hommes et les enfants : deux fourches, avant et arrière, reliées par quatre traverses, le tout en bois et amorti par des tampons en fibre de palmiers. Cette selle simple diffère de la terikh ouvragée des Touaregs qui se place sur l’avant de la bosse, et ressemble plus à un siège. Le bassour employé par les femmes est incroyablement volumineux et encombrant. Il couvre le dos du dromadaire, et est surmonté d’arceaux ligaturés de cuir qui servent de garde-fous pour les bébés, renfort éventuellement rehaussé d’une structure légère pour arrimer un dais de toile. Les chameaux qui supportent cet équipage sont des costauds ; le bassour gîte dangereusement dans les dénivelés ; il reçoit plusieurs personnes et des provisions. La bête d’Azaïn, qui l’accepte, est énorme, avec une tête immense et un blatèrement rocailleux ! À quelques encablures du départ, notre hôte donne la main à sa femme pour l’aider à grimper en selle : il s’agenouille d’une jambe à la manière d’un chevalier adoubé afin de former avec l’autre un escalier qui permet à la dame de monter par l’encolure. Notre caravane est précédée par celle d’El hadj Shaha, serrée de près par le groupe des femmes et poursuivie par d’autres entités.//p. 104-107

Le Sahel – Tresser la paille//Le paysage est décharné, le soleil de plomb. Les nuages de poussière signalent les troupeaux de zébus, ces vaches aux cornes en lyre originaires d’Inde, symbole de l’élevage extensif des Wodaabe. Le peuple de l’interdit, riche de nombreux tabous, fascine par sa mobilité, toujours en route pour le bonheur de son cheptel. Le pâtre devance ses bêtes, un long bâton en travers des épaules, de la voix il ordonne brièvement et le bétail suit. Accompagnés d’un garçon, les petits ruminants trottinent en bêlant. Derrière les animaux laitiers, retardés par le démontage du campement, viennent les ânes bâtés, chargés des maigres biens des nomades. Les arceaux des huttes temporaires se balancent, improbables mâtures. Montés par des femmes et des enfants, les ânes chenillent entre les acacias et les euphorbes, trébuchent quand la terre croule, rendue fragile par les terriers sournois des mangoustes. Un lévrier court dans l’ombre d’un bourricot. Une femme avance à petits pas rapides, trois niveaux de calebasses en équilibre sur la tête. Ces bergers, qui appartiennent à l’imposante galaxie tribale peule présente dans toute l’Afrique de l’Ouest, parcourent la brousse, “tressent la paille” quotidiennement, comme si chaque matin un nouvel horizon leur était nécessaire !
Au cœur d’une steppe rase et brûlée, une clairière bordée de quelques arbres, comme une barrière garante de l’intimité du lieu, est choisie pour installer le bivouac. À Ana Sefou, le père de mon ami Kabo, revient de désigner les emplacements de chaque famille du lignage : les maisonnées, constituées de la table pour aligner les calebasses et du lit de rondins rehaussés, sont à l’est ; c’est le domaine féminin, la sphère privée. La corde à veau, déjà présente sur les fresques du néolithique, est tendue du sud vers le nord. À l’ouest, l’espace public, où les hommes reçoivent leurs hôtes. Tout est codifié : les veaux sont attachés pour la nuit, du plus âgé au plus jeune. Les récipients à lait sont rangés à l’inverse, du nord vers le sud, par ordre décroissant de taille. L’aire de vie est ainsi délimitée, rigoureuse et nette, toujours propre et balayée, balisée de sentiers qui aident à cartographier l’éphémère pôle de sédentarisation de ces arpenteurs invétérés. J’ai choisi de nomadiser avec ces pasteurs qui semblent sortis des grottes de la préhistoire. Leur vie simple de prime abord est d’une complexité inouïe. De l’imposition du nom à la mort, de l’art vétérinaire empirique aux connaissances en phytothérapie, de la sélection des géniteurs au choix des pacages, tout est régi par des règles strictes appliquées par tous.
Les limbes du jour restent frais. Kabo allume un feu, y réchauffe ses membres engourdis par la nuit. Ses mains courtisent les flammes avant de glaner quelques braises pour le premier thé. Les plaintes des bêtes ne s’estompent jamais réellement, mais elles percent de façon plus aiguë aux aurores, quand corrals et foyers s’éveillent. Doula et Doria, les deux frères aînés de Kabo, entourent notre brasero. La petite bouilloire chante, une douce fumée nous enveloppe, et j’essaie de ne pas rompre ces instants de plénitude par des paroles inutiles. Ouni, belle-sœur de mon hôte, chantonne aux oreilles d’Iliassou, son petit dernier. L’enfant est aux anges, il babille, ceinturé à la taille de sa mère par un pagne noué, puis retourne vers le sein gonflé. Aïssa, enroulée dans un drap coloré, éloigne du pis les veaux qui amorcent la traite avant d’être attachés par le cou à une patte antérieure de leur mère. Le lait gicle dans la calebasse, mousse, épais et crémeux. En terre wodaabe, ce sont les femmes en âge d’enfanter qui traient. Le pis de l’animal une fois tari, la bergère libère le broutard puis passe au suivant. Le produit de la traite repose un moment dans une grande jatte, avant d’être malaxé puis baratté dans une courge à col. Le claquement du petit-lait, de la motte qui se forme, résonne dans la savane arbustive. Chaque épouse vaque à ses occupations son outil à la main. Enfin, le cheptel s’en va pâturer ; les zébus dodelinent de leurs têtes alourdies par l’immense encornure, arrachent une paille cassante, les veaux à la corde sont libérés dès que les vaches sont éloignées, et le petit bétail gambade à proximité.//p. 118-121

Yves Boulvert, Mondes et cultures vol. 2, décembre 2011 :
« Procédant par courts chapitres, Jean-Pierre Valentin, après avoir évoqué la rude vie des salines, Agadez et Timia dans l’Aïr, relate son transect, proche de l’itinéraire du méhariste de Burthe d’Annelet en 1933. Il y accompagne la grande caravane touarègue vers l’escarpement oriental du Kaouar, soit 450 kilomètres en six jours effectifs, soit 75 kilomètres par jour : “deux tiers à pied, un tiers monté”, se désaltérant (les trois thés traditionnels) et grignotant en marchant. Selon l’aphorisme touareg : “Au bout de la patience, il y a le ciel.” À la fin, “Bilma est un hameau étonnant”, avec ses maisons en briques de terre salée, “moins sinistre que Dirkou”.
Au nord de ce pays toubou, Jean-Pierre Valentin relate sa visite dans les montagnes du Djado, où survivent moins de cinq cents habitants toujours sans instituteurs. “Ancré au cœur même du Sahara, le plateau de Djado reste méconnu, loin de tout et en proie à une insécurité fréquente.” Admirant gravures sur roche et peintures néolithiques, l’auteur regrette que “dans d’autres endroits plus accessibles, ce soient les hommes cupides et imbéciles qui détruisent ce patrimoine inestimable, universel”. Pire que le pillage, nous-même avons pu constater dans le massif voisin de l’Akakous en Libye, la destruction irrémédiable de telles reliques par barbouillage à la peinture acrylique. Pour quelle vengeance ?
“Pour rappel, nous sommes sur l’effroyable piste empruntée pour la traite des Noirs entre l’Afrique, le Maghreb et l’Arabie” du lac Tchad vers Tripoli. “Des milliers et des milliers d’hommes, de femmes et d’enfants ont péri sur ce chemin maudit.” De Bilma vers Agadez au sud, Jean-Pierre Valentin accompagne ensuite une caravane touboue – familiale cette fois – notant qu’“un environnement unique forge une âme unique… et plus loin : “J’admire la hardiesse des femmes touboues…” mais aussi “la résistance des petits […] Une leçon d’endurance qui serait salutaire à nos bambins surprotégés, avachis et blasés.”
Jean-Pierre Valentin termine en évoquant le monde des éleveurs peuls wodaabe dont les parades et la danse yaake ont fait l’objet de plusieurs reportages. Face à la mécanisation, ces nomades ont du mal à survivre. Si les caravanes chamelières existent encore au Soudan, elles sont très réduites au Mali et ont pratiquement disparu en Libye. Cet hommage à un univers en sursis est un témoignage vécu bienvenu, intéressant et encore une fois remarquablement illustré. »


François Soleilhavoup, saharien, le 27 juillet 2009 :
« Le récit de Jean-Pierre Valentin, magnifiquement mis en scène et en images par les éditions Transboréal, plonge le lecteur, saharien ou non, dans l’univers mythique des chameliers convoyeurs du sel, depuis la rive orientale du Ténéré, le Kaouar, jusqu’à Agadez dans l’Aïr, une navigation hauturière de quelque 700 kilomètres. On est très loin ici de la description du désert pour touriste, avec ses stéréotypes, ses qualificatifs et ses superlatifs usés jusqu’à la corde, avec ses images convenues, d’une poésie de pacotille. Jean-Pierre Valentin n’est pas un saharien d’occasion, loin s’en faut. Ethnographe de terrain et documentariste d’une rare érudition, il parcourt le désert et le Sahel depuis plus de vingt ans avec les groupes dont il partage la vie : Touaregs, Toubous, Peuls. Comme Claude Lévi-Strauss, il “hait les exploits et les aventuriers, les matamores qui s’enorgueillissent d’histoires extraordinaires au contact des dernières tribus, comme faire-valoir” : tout ce que produit et vend notre temps médiatique qui gonfle d’importance l’expédition mécanisée où priment la valorisation du présentateur TV et le pseudo-engagement humanitaire d’une personnalité du spectacle. Une époque de voyeurs qui considère les peuples isolés et éloignés comme des sources d’Audimat auprès d’un public gavé d’images et englué dans le confort sécuritaire. Le beau livre Ténéré, Avec les caravaniers du Niger relate les plus récentes pérégrinations de l’auteur dans “ce pays sec et enclavé, l’un des plus déshérités de notre planète”. »

Www.deserts.fr, le 7 mai 2009 :
« Jean-Pierre Valentin est un vrai Saharien : il a passé la moitié de sa vie à accompagner des caravanes dans le Sahara. Ténéré est un livre où il a su transcrire à la fois la réalité de cette existence très dure et l’émotion que l’on peut éprouver à partager le quotidien des derniers grands caravaniers. »

Bernard Alleaume, www.amazon.fr, le 28 avril 2009 :
« L’essentiel. Pour tous ceux qui vont au désert pour la première fois, pour qu’ils laissent à la maison leur esprit d’Occidental. »

Claude Vautrin, Massif des Vosges n° 30, mars-mai 2009 :
« C’est vaste, c’est plat. La pleine lune est toute proche. Ici, le visible – la poignée de sable palpée par le madougou ou les arabesques dessinées par le vent – préfigure l’invisible : un puits, le puits intermédiaire, halte nécessaire au lent cheminement où l’on peut, par un de ces hasards déroutants, être confronté à la rude réalité de migrants en route pour un paradis hypothétique.
Pour mieux apprécier sans doute l’essentiel, “cette vraie fierté d’appartenir à une communauté particulière qui a l’air de braver un territoire particulier”. Comme l’illustre le
rago, l’initiation vécue dans la joie par les plus jeunes qui font pour la première fois l’expérience de l’itinérance caravanière. Jean-Pierre Valentin n’échappe pas à ce “bizutage”. Autant d’anecdotes livrées dans un ouvrage à la vraie vertu ethnographique et humaniste qui intègre, pour notre plus grand plaisir, le partage intense d’une caravane chez les Toubous et celui, tout aussi chargé d’informations et d’émotions, du monde des éleveurs wodaabe. Mais de cela, on ne dira pas plus. Lire un tel ouvrage ouvre à coup sûr des horizons de réflexion, nourrie, quoi qu’en dise l’auteur, par le sentiment de partager une sorte d’exploit, tout en prenant conscience de l’importance des détails de la vie : un thé partagé en marchant, un échange, ou encore les aléas du tournage quand, ayant pris quelque retard, il faut rattraper bêtes et hommes en cheminement permanent. Ce qu’est visiblement la quête de Jean-Pierre Valentin. »

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