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Une œuvre de Yves Gauthier Editions Transboréal

Vladimir Vyssotski

Un cri dans le ciel russe
9782361570835
Prix 14,90 € Disponible EAN : 9782361570835
ISBN : 978-2-36157-083-5
ISSN : 0753-3454

Un artiste révolté et survolté qui chanta son époque d’une voix torride et tonnante : tel fut Vyssotski devenu depuis sa mort en 1980 l’idole du peuple russe, et que les études d’opinion, chiffres à l’appui, placent loin devant… Tolstoï ou Tchekhov.
Chanteur, compositeur, acteur, sur scène ou à l’écran, Vladimir Vyssotski embrassa tous les genres où pouvaient s’exprimer son baryton écorché, son corps d’athlète, son sens dramatique et son inséparable guitare. Non pas en touche-à-tout éclectique et dispersé, mais en artisan d’un surgenre dont l’horizon était la poésie.
Or, « en Russie, un poète est plus qu’un poète ». Aussi, pour être reconnu en tant que tel, il dut se battre contre la machine sociale de son temps comme un fauve. Ou plutôt comme un loup, ainsi qu’il le chantera dans sa Chasse aux loups, une allégorie du destin russe désormais gravée dans la mémoire de son peuple. Que le jeune Vyssotski eût labouré au saphir, jusqu’à l’usure, un vieux vinyle chantant Les loups sont entrés dans Paris, d’un certain Serge Reggiani, nous livre l’une des clés de ses tourments…
À son tour, le loup Vyssotski entra bientôt dans Paris grâce à sa femme française, Marina Vlady : comme dans un conte de fées, le poète maudit de Moscou avait en effet épousé l’une des actrices de France les plus admirées à une époque où l’Union soviétique cadenassait ses frontières. Dès lors commença un étourdissant voyage autour du monde qui le mena de l’Europe aux Amériques – États-Unis compris – et qui fit même vibrer sa voix rocailleuse sous le ciel de l’Océanie.
Pour vertigineux qu’il soit, ce voyage extérieur, qui se fit en plusieurs fois, ne rompit rien des attaches profondes, viscérales, qui le liaient avec son pays sans lequel il n’était rien. De fait, le tracé de ses errances, spectacles et tournées noircit la carte de l’immense URSS. De la géographie artistique de Vladimir Vyssotski, l’on retient qu’il était partout, tressant avec son peuple une corde serrée, jusque chez les orpailleurs de Sibérie, ces anciens du Goulag « aux visages d’écaille et aux âmes de soie », comme il aimait à le dire.
Brûlé par la vie, les passions, les excès, la quête de vérité, il mourut à 42 ans en héros tragique peu de jours après avoir joué une dernière fois Hamlet sur les planches de la Taganka, théâtre de Moscou entré avec lui dans la légende culturelle de la Russie.

Introduction – « Plus qu’un poète… »

1. Dans les rues de Moscou : le poète au pistolet noir
La Ballade de l’enfance ~ Bouzoulouk ou les premiers loups ~ Eberswalde ~ Le renouveau de la romance urbaine ~ À l’école du théâtre ~ Les magnétos à bobines

2. L’Elbrouz et autres sommets : l’ascension filmographique
La mauvaise conscience du héros positif ~ La chanson d’auteur au cinéma ~ L’énergie des espaces russes ~ Le Nègre blanc de Pierre le Grand

3. De Moscou à Elseneur : le théâtre épique, l’épopée théâtrale
Un « dictateur de génie » dans le rôle du père ~ L’esprit et le corps ~ Galilée debout sur la tête ou la subversion ~ Un animal shakespearien

4. Voyage à travers la vie russe : le pouvoir de la chanson
Le chanteur à la voix d’airain ~ Les loups sont entrés dans Moscou ~ Un poète traqué ~ Une encyclopédie de la vie russe ~ La « hache assassine » du censeur

5. La géographie intérieure : un poète ambulant
Un forçat du concert ou la tournée permanente ~ À chaque clocher son Vyssotski ~ L’âme ou l’argent ~ La justice à ses trousses

6. Au pays des orpailleurs : un poète en Sibérie
Un western à l’Est ~ Au bain de vapeur ou la complainte du tatoué ~ Vadim Toumanov ~ Les fantômes du Goulag

7. À la marge de l’œuvre : le chapitre de l’amour
La réponse « exhaustive » du poète aux curieux ~ Marina Vlady ~ Sauvez nos âmes ! ou libations et perdition ~ Mémoires d’épouses ~ Rancunes

8. Une fenêtre sur l’Occident : un poète volant
Pologne ~ Allemagne ~ France ~ Royaume-Uni ~ Espagne ~ Italie ~ Maroc ~ États-Unis ~ Canada ~ Mexique ~ Polynésie

9. La poésie d’abord : le droit de « marcher autrement »
« Plus que de la dissidence » ~ Limonov contre Vyssotski ~ Debout, pays immense ! ou l’enfant de Stalingrad ~ Ces censeurs qui ont du goût ~ Brodsky au secours du poète

10. Ainsi périssent les poètes : Vyssotski légalisé par la mort
« Le bûcher de lui-même » ou mort de quoi ? ~ Ma première vodka ~ Hamlet annulé ~ Comme Spartacus ~ Un peuple enterre son poète ~ La perestroïka en germe ~ Danger : mythe

Conclusion – « Mais elle connut Vyssotski… »

Miscellanées
Chronologie ~ Références ~ Amis ~ Célébrités ~ Guitares ~ Voitures ~ Chansons ~ Émissions ~ Prose ~ Mémoire ~ Tombe

Introduction – « Plus qu’un poète… »//Ce petit livre-portrait commencera par un aveu : je dois la vie sauve à Vladimir Vyssotski.
C’était en 1989. Vivant à Moscou, je roulais alors dans une Lada-Jigouli “à la face de fauve” – dixit Vyssotski lui-même dans une chanson-pamphlet intitulée Jaloux des quatre roues, où “cataclysme” rimait avec “capitalisme” pour railler l’embourgeoisement des Soviétiques par les voitures de cette marque. Un jour, j’eus une panne de régulateur de charge causant un survoltage. Le voltmètre s’envolait, la batterie fumait. Voyant cela, j’optai pour l’un de ces petits garages privés qui fleurissaient un peu partout depuis que Mikhaïl Gorbatchev, l’année d’avant, avait fait voter la loi sur les coopératives, par suite de quoi beaucoup d’aventuriers s’étaient dépêchés de monter des affaires au nom d’un principe aussitôt érigé en calembour : “Il faut battre le fer tant qu’il est gorbachaud.” Malheureusement pour moi, je manquai de flair et tombai dans un endroit louche et glauque du côté de Kountsevo, un faubourg du sud. Quand la réparation fut faite et que j’en demandai le prix aux deux figures patibulaires qui tenaient l’atelier (que ne m’étais-je méfié !), leur réponse me jeta dans une scène de roman noir : “Ton blouson.”
Je n’étais pas d’accord. C’était un blouson de cuir marron clair à double rabat que mes parents m’avaient rapporté d’Istanbul pour mon anniversaire. Les deux autres pourtant s’entêtaient, disant préférer mon cuir à mon argent qu’ils appelaient des “roubles en bois”. Ils me lancèrent : “C’est ça ou…”
La phrase resta en suspens, mais le geste illustra la suite : d’un mouvement synchronisé, les deux hommes descendirent le pont élévateur, où ma voiture attendait en l’air, grâce à une paire de leviers à crémaillère. Une fois ôtés, ces leviers étaient dans leurs mains comme deux grosses barres à mine. Pareils à un couple d’écuyers barrant la porte d’un château avec leurs lances, les mécaniciens croisèrent les deux barres pour me couper la sortie du garage, baraque de tôle plantée au milieu d’un terrain vague. Le vent du soir s’en mêla, qui fit claquer un battant de porte sur lequel je découvris de l’intérieur le poster d’une pin-up à la nudité crue en train d’accomplir accroupie un acte d’onanisme, une image à faire rougir un camionneur. Le deuxième battant béait encore, qui offrait comme un cadre sordide au paysage de Kountsevo avec ses cages d’habitation, son tronçon de MKAD (le grand périphérique) et, à deux pas de là, un étang de pêche servant de réceptacle aux huiles de vidange de l’atelier. Il me souvient que, la peur aidant, j’y voyais d’avance flotter mon cadavre roué de coups. Qu’on relise la chronique judiciaire de ce temps-là pour comprendre ma vision.
La nuit tombait.
Bêtement, je promenai le regard dans l’atelier comme pour y chercher une issue dérobée. Mes yeux s’arrêtèrent sur un coin sombre aménagé à la façon du “coin sacré” des maisons russes d’autrefois, le rayon des icônes. De là me regardait le chanteur-compositeur Vyssotski dont le portrait pendait en couleurs, telle une image sainte. La vue du poète m’inspira : “J’ai mieux qu’un blouson, leur dis-je. Et mieux que des roubles en bois. J’ai un livre.”
Les deux brutes eurent une expression de méchanceté intriguée. Je repris : “Vyssotski. Par Marina Vlady.”
Le livre, Vladimir ou le vol arrêté (Paris, 1987) venait de sortir à Moscou, en traduction russe, aux Éditions du Progrès, à seulement 250 000 exemplaires. Introuvable en librairie, sauf au marché noir où il se vendait à peine moins cher qu’un blouson de cuir turc. Privilège de ma profession, j’en avais quelques exemplaires dont un dans ma sacoche.
Je le dégainai.
Ils échangèrent un regard ahuri où pointait déjà une lueur d’émerveillement, puis coururent se laver les mains à l’étang. Je revois leurs gros doigts tourner les pages du livre et leurs gueules de bandits s’adoucir. Grâce à Vyssotski, je repartis vivant et libre.
D’un autre côté, comment savoir ? Sans lui, je ne me serais peut-être jamais aventuré dans son pays et n’aurais donc pas atterri dans ce garage ténébreux. Car c’est à travers ses chansons que, fasciné, je m’étais initié à la vraie langue russe, celle des entrailles de son peuple mystérieux. Je me dis parfois que Vyssotski, ce jour-là, d’une manière symbolique, m’a sauvé d’une vilaine histoire où j’étais tombé par sa faute. Ou plutôt par sa grâce. Mais trêve de mysticisme.
Si je conte ici cette anecdote, c’est que, pour authentique qu’elle soit, je la regarde comme une fable vyssotskienne par excellence : même dramaturgie que dans ses textes, même charge conflictuelle, même décor social de romance noire, même glissement subtil du réel à l’allégorique, même message filigrané. Du reste, une affaire de survoltage pouvait-elle me conduire ailleurs que dans l’univers de Vyssotski ?
Et surtout : la force rédemptrice du chanteur ! Forcer deux brutes à baisser les armes rien qu’à l’évocation de son nom, presque dix ans après sa mort ! La sublimation du mal par le chant… Que disait monseigneur Bienvenu à Jean Valjean, déjà, à propos des chandeliers ? Que cet argent lui servît à devenir honnête homme. Eh bien, Vyssotski ne fit pas moins que l’évêque de Victor Hugo. Rallier deux fripouilles à la meilleure cause, éclairer leurs visages, élever leurs âmes… Que dis-je, “deux fripouilles”, un peuple entier !
On le vénère dans les prisons où les taulards, chamarrés de tatouages, croient dur comme fer qu’il fut des leurs. On le vénère dans les campagnes et les villes : petites, moyennes, grandes. Dans les fermes, les usines, les stades, les casernes, les cours d’immeuble et d’école, les administrations, les universités, les théâtres, les rédactions. Chez les branchés comme chez les paumés. Idole transsociale, transgénérationnelle, totale, fédérale. Et fédératrice.
En 2010, année du trentième anniversaire de la mort de Vyssotski, l’institut de sondage TSIOM (Centre russe d’étude de l’opinion publique) demanda aux Russes quelles étaient à leurs yeux “les plus grandes idoles du XXe siècle”. L’enquête embrassait un échantillon de 1 600 personnes vivant dans 142 régions de la vaste Fédération de Russie. Youri Gagarine, cosmonaute, arrivait en tête (35 %) des personnes interrogées, talonné par Vladimir Vyssotski (31 %), acteur, chanteur, compositeur, poète. Loin derrière (20 %), le maréchal Joukov, pourtant regardé comme le tombeur de Hitler, traînait la jambe. Dans le sillage de ces trois baleines, les noms qui suivaient avaient la grandeur statistique du plancton – de Tolstoï à Gorbatchev.
On reconnaissait en fin de liste, rapetissé à 2 %, Joseph Brodsky, géant de la poésie, prix Nobel de littérature, celui-là même qui, par une dédicace fameuse, avait sacré notre chanteur-compositeur au rang de “meilleur poète russe”. Poète ! le mot le plus chéri, le plus revendiqué par Vladimir Vyssotski. Au nom de quoi il vécut. Au nom de quoi il mourut. Car, comme le disait Evguéni Evtouchenko, “un poète en Russie est plus qu’un poète”.//p. 5-9

Jean-Louis Gouraud, La Revue n° 53-54, juillet-août 2015 :
« Vladimir Vyssotski ne peut être comparé à aucun de ses collègues occidentaux. S’il fallait à tout prix trouver un équivalent dans la chanson française, il faudrait additionner Jacques Brel, Georges Brassens, Jean Ferrat et Léo Ferré. Avec quelque chose de plus : une fragilité, une mise en danger, une prise de risque permanente.
Lorsqu’il s’est éteint à Moscou, où il était né en 1938, frappé à l’âge de 42 ans par un infarctus, après une vie de tourments amoureux, de créativité effervescente, de succès et de déboires, sa mort stupéfia des millions de Soviétiques, qui le pleurèrent comme un héros national. De nos jours encore, sa tombe est régulièrement fleurie par d’innombrables adorateurs inconsolables.
Dans l’intelligente biographie qu’il lui consacre, Yves Gauthier, familier de la Russie, nous le rend proche. C’est la grande réussite de ce livre écrit avec beaucoup de sensibilité et de poésie. Pour rendre compte de la complexité de son personnage, Gauthier a eu la bonne idée de l’aborder non pas par une simple chronologie, mais par ses voyages, ses films, ses rencontres, ses idoles, ses amours – et même ses voitures. “J’aime beaucoup bouger”, avouait Vyssotski. Yves Gauthier a su fixer un beau portrait de cet éternel agité. »


Dane Cuypers, www.atmotsphere.org, le 11 mars 2015 :
« Connaissez-vous Vladimir Vyssotski ? Avant qu’un hasard professionnel ne me mette entre les mains un livre sur lui, je n’en avais jamais entendu parler. Découvrant la personnalité hors du commun de cet homme né à Moscou en 1938, mort en 1980, chanteur, compositeur, acteur et avant tout – en tout cas, c’est ce qu’il désirait de toute son âme – poète, marié en 1970 à l’adorable Marina Vlady, je ne comprends pas comment j’ai pu passer à côté.
Je viens donc de finir
Vladimir Vyssotski, Un cri dans le ciel russe (éditions Transboréal), magnifique essai d’Yves Gauthier qui connaît (et a vraiment connu) son sujet à fond et qui a écrit un livre à l’image dudit sujet : survolté, lyrique, enflammé. On est embarqué dans une vie qui brûle tous ses vaisseaux avec des moments de grande douleur et d’autres d’une absolue beauté. Le très joli incipit du livre “Il entre en poésie par la porte de la chanson canaille” donne envie de suivre ce “titi moscovite” aux talents multiples : chansons, radio, cinéma (il sera associé à quelque trente-cinq films du cinéma soviétique, films de propagande mais aussi formidable art populaire) et surtout théâtre. Sa rencontre avec la Taganka, le théâtre du génial Lioubimov, est sa grande chance. Il y chantera ses compositions, y interprétera de grands auteurs : Brecht avec La Vie de Galilée, Tchekhov avec La Cerisaie, Shakespeare avec Hamlet… Chanteur ou acteur sa voix transporte, remue : “la râpe de sa voix singulière, ce rugissement, ce grondement de loup”. Le loup est l’animal fétiche du chanteur – il écoutera en boucle Les loups sont entrés dans Paris de Reggiani ! Extrait de La chasse aux loups : “Course éperdue, j’ai les tendons qui craquent/Aujourd’hui encore comme hier déjà,/Ils m’ont pris à la traque, pris à la traque/Et rabattu sur des tireurs en joie”.
Cette biographie nous fait entrer “dans le cratère d’une œuvre-volcan”, mais aussi au cœur d’un pays et d’un peuple dont on sait le sens de la démesure : de la bohème des années 1970 – “des nuits à refaire le monde dans les cuisines de Moscou, chez des amis d’un jour ou de longue date, à la russe, entre le sifflet de la bouilloire et les arpèges de la guitare”, jusqu’au fin fond de la Sibérie – “Tout petits, nos mères nous faisaient peur : Qui désobéit va en Sibérie,/Et malgré la force de leur fureur/Elles redoutaient telle barbarie”. Vyssotski rêvait de faire un film avec Depardieu d’après l’histoire vraie d’un pilote de chasse russe prisonnier, évadé puis récompensé par dix ans de goulag…
Son image est inséparable de sa guitare : “Je possède une guitare, écartez-vous les murs/Adieu ô ma liberté, quel destin affligeant…/Tranchez-moi la carotide, brisez-moi le fémur…/Mais surtout ne coupez pas mes sept cordes d’argent”. Elle ne le quitte jamais quand il parcourt le monde : l’Extrême-Orient, Arkhangelsk, l’Asie centrale, New York, le Canada, Tahiti… et la France bien sûr. Marina Vlady a écrit
Vladimir ou le vol arrêté (Fayard, 1987), dont je pressens que c’est un très beau livre, celui d’une femme qui forma avec cet écorché vif un couple qu’on aurait aimé croiser dans les rues de Paris. Il y enregistra aux éditions Le Chant du Monde des 33 tours dont un en voix croisées avec la comédienne. Celle-ci fera tout pour l’aider à lutter contre l’alcool. En vain. Son ultime poème fut pour elle. À ses obsèques, au théâtre de la Taganka, dans le décor d’Hamlet “afflue la foule océanique et grave”. Le mythe est né. »

Joël Bastenaire, auteur de Back in the USSR : une brève histoire du rock et de la contre-culture en Russie, le 10 février 2015 :
« Lu votre livre avec grand plaisir, presque d’une traite. C’est bien sûr un univers familier dans la mesure où nous sommes de la même génération mais, nos chemins ayant été très éloignés à un moment donné, je ne peux me prévaloir d’avoir rencontré ou fréquenté les personnalités que vous présentez si bien (si ce n’est Lioubimov).
Par conséquent j’ai beaucoup appris au travers de ce que révèlent les fascinants personnages secondaires qui mettent si bien Volodia en valeur. Votre manière de donner à sentir le petit monde des cuisines soviétiques, vos traductions des vers du poète, certaines ellipses sont autant de gourmandises. Je n’ai lu aucun des autres témoignages qui vous inspirent, aussi je ne peux pas me prononcer sur le fonds comme le ferait un spécialiste de votre personnage. Mais j’ai l’impression que votre livre fera date car il est bref, net, bien tourné et donnant au lecteur l’impression d’avoir fait le tour de la question. Un grand bravo donc. »


Christine Mestre, Russia beyond the headlines, le 9 février 2015 :
« La langue russe, c’est par lui, c’est chez eux que je l’ai apprise. Koursk, 1972, j’ai 21 ans. Penchée au-dessus d’un imposant magnétophone à bandes, j’essaie, avec l’aide de trois de mes étudiants qui, bravant les interdits, se sont liés d’amitié avec la seule étrangère à 500 kilomètres à la ronde, de décrypter un enregistrement quasiment inaudible. Sur la bande, une voix éraillée fait naître dans leurs yeux une ferveur qui transforme l’épreuve en rite d’initiation. La voix c’est celle de Vladimir Vyssotski, acteur, chanteur, compositeur, poète, l’idole de tout un peuple. Pardon de cette incursion personnelle, mais ceux qui l’ont connu ont tous en eux quelque chose de Vyssotski. Ainsi Yves Gauthier qui raconte en prologue comment ce dernier lui a indirectement sauvé la vie. Il poursuit dans son ouvrage le dialogue amorcé par le lycéen qu’il fut pour tenter d’appréhender une culture à travers l’une de ses figures emblématiques. Car quel enseignement théorique, aussi brillant fût-il, pourrait remplacer le partage avec un peuple de ce qui fait la trame de sa culture et structure ses individus ?
Ce livre consacré à Vyssotsky est aussi le fruit d’une rencontre naturelle entre l’artiste, qui ne cessa de chanter la conquête de sommets et le dépassement de soi, l’éditeur des voyageurs au long cours et l’amoureux de la langue russe et des grands espaces qu’est Yves Gauthier : “…ces espaces infinis de la Russie… Leur énergie… Ces espaces infinis le nourrissaient…” et plus loin “il y a une forme d’adéquation entre la démesure de l’espace russe et la démesure de l’homme russe incarné par Vyssotski”.
Yves Gauthier se tient loin des anecdotes racoleuses – il ne consacre aux addictions que peu d’attention et aux amours de Vyssotski, notamment avec Marina Vlady, qu’un seul chapitre joliment intitulé : “À la marge de l’œuvre, le chapitre de l’amour” –, loin aussi des poncifs parfois faciles liés à la dissidence dont Vyssotski l’insoumis ne fit pourtant jamais partie. La censure ne laissa pourtant imprimer le moindre des vers ni presser le moindre vinyle du vivant du poète. L’auteur préfère, à travers les témoignages, les routes et l’œuvre brosser le parcours fulgurant d’un mauvais garçon qui aurait bien tourné pour devenir un poète dont la disparition fit dire au prix Nobel Joseph Brodsky qu’elle était “une perte irréparable pour la langue russe”.
Comme tout talent incandescent, Vyssotski est mort jeune, bien sûr – il avait 42 ans – après avoir été l’acteur fétiche du théâtre de la Taganka, tourné dans plus de 35 films et donné des centaines de concerts dans des lieux les plus insolites. Mais il était avant tout ce que les Russes ont de plus cher : un poète. »


Michèle Kahn, amie et traductrice de Vyssotski, le 18 novembre 2014 :
« Cher Yves,
J’ai lu d’une seule traite votre ouvrage et je dois avouer que j’ai eu à plusieurs reprises les larmes aux yeux. Vous avez vraiment su saisir l’essence de l’œuvre de Volodia, vos traductions sont remarquables et vous avez su éviter l’écueil du sensationnalisme. J’attends avec impatience de voir le livre sur papier.
J’espère que nous aurons rapidement l’occasion de nous revoir.
Amicalement »

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